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Tensions post-Brexit : il fallait s’y attendre

12 octobre 2021

Malheureusement, nous n’échapperons pas à des tensions post-Brexit.

Ces tensions sont à l’évidence dues au comportement revanchard de Boris Johnson qui n’applique pas les accords très importants du 24 décembre 2020 sur les deux Irlande, et qui depuis s’ingénie à trouver des prétextes pour durcir encore la future relation entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.

Le tout dernier exemple concerne la pêche dans les eaux très poissonneuses des côtes britanniques, alors qu’il y avait eu un accord très acceptable en fin d’année 2020, permettant aux chalutiers français, espagnols ou portugais de pêcher dans les eaux britanniques jusqu’en 2026. Voilà que, il y a quelques jours, Boris Johnson remanie de façon unilatérale ce principe en accordant le droit de pêche à seulement 95 bateaux français, mais en en interdisant 75 autres. Là on est vraiment devant un comportement mesquin qui s’apparente « au fait du prince ».

Du côté français, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes Clément Beaune menace de réduire l’électricité à Jersey, mais « pas de la couper ».

Loi du talion ?

Cette tension sur la pêche servirait-elle à Boris Johnson et aux autres brexiters britanniques à cacher une des réalités concrètes et pratiques du post-Brexit : la pénurie de nombreuses denrées dans le pavers les stations servicesys. On a pu voir des rayons vides dans les supermarchés : les Anglais manquent de laitues, de sodas, etc. On a pu voir aussi des scènes d’un autre temps, avec des files d’attente devant les stations-service. En fait, il y a du carburant, mais il manque les chauffeurs (notamment polonais) pour l’acheminer vers les stations. Car nombre de chauffeurs polonais ont été remerciés et ont du rentrer dans leur pays.

Certes le Royaume-Uni bénéficie, comme d’autres pays, de la relance économique et de la forte croissance de la consommation, après les confinements de la Covid-19.

Mais les Britanniques découvrent aussi les conséquences imprévues du Brexit. Souvenez-vous, la campagne en faveur de la sortie de l’UE était basée, entre autres, sur le rejet des citoyens européens (Polonais, Roumains et autres) qui travaillaient sur l’île. Désormais, le nationalisme prend le dessus et on accuse l’étranger de « prendre le boulot des Anglais », selon une rhétorique très – trop – souvent entendue, là et ailleurs.

Le Brexit a imposé aussi des démarches administratives imposantes et lourdes au passage des frontières, et donc une perte de temps pour les chauffeurs de poids-lourds ; il a imposé aussi des lourdeurs administratives pour l’obtention de visas. Là aussi coûteuses en énergie, en temps, et en livre sterling. Alors, la pandémie venue, beaucoup de travailleurs européens ont décidé de rentrer chez eux, se rapprocher de leur famille, et ont retrouvé des emplois, en plus grande proximité, et avec des salaires, somme toute, honorables (car autre effet du Brexit, la forte chute de la livre sterling, entraînant une perte d’achat pour les travailleurs européens, et aussi révélant une plus faible attractivité du Royaume-Uni : un vrai cercle vicieux).

Et lendemains qui déchantent, les Britanniques, y compris les Brexiters, ont découvert qu’ils dépendaient des Européens. Damned ! Et rappelons-nous que 46% des exportations britanniques vont vers l’Union européenne ! Difficile alors de quitter complètement l’UE ! Autre concesssion de taille: le gouvernement de Boris Johnson a décidé de faire une exception et a proposé d’octroyer des visas temporaires, et rapides, aux chauffeurs routiers qui accepteraient de revenir travailler au Royaume-Uni. Et combien ont répondu à cet appel si généreux ? 27 chauffeurs européens, en tout et pour tout ! Un véritable camouflet pour Boris Johnson ! Les gens ne sont pas dupes, face à des visas précaires !

On a bien la confirmation que le Royaume-Uni n’est pas une île isolée qui pourrait se passer de l’Europe.

Alors, quel sera le prochain feuilleton post-Brexit ? Après les laitues, le soda et l’essence, peut-être les ingrédients pour cuisiner le pudding du Tea Time ? Ce serait trop cruel.

Et en arrière-plan, une petite leçon d’économie pratique pour les frexiters, poloxiters et autres radicaux souverainistes…