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Vive l’Europe !

30 mars 2017

Vive l’Europe ! En ces jours de fêtes pour tout Européen convaincu, et je suis fier d’en être un, ce 25 mars 2017 a marqué le soixantième anniversaire du début de la construction européenne.

C’est en effet le 25 mars 1957 que commençait la grande aventure européenne du XXème siècle, celle d’un projet mettant fin aux guerres civiles, aux guerres atroces et barbares entre Européens. Le traité de Rome inaugurait, aussi, la solidarité entre les Etats membres, les premières politiques communautaires, dont la politique agricole commune (la PAC), le fond social européen (FSE) qui permet de financer des politiques de l’emploi, de la formation, de l’insertion et de la lutte contre les discriminations.

Malgré les difficultés dues aux conjonctures et aux crises, malgré l’euroscepticisme, le projet européen tient encore le cap. Car, que serions-nous, sans lui ? 28 Etats, moyens ou petits, face aux géants continentaux que sont la Russie, l’Inde ou la Chine ; 28 Etats trop faibles pour pouvoir discuter et négocier, face aux Etats-Unis et à la Chine.

Tous ensemble, nous formons la 1ère puissance commerciale du monde. Nous détenons le 1er PIB du monde. Nous avons la seconde monnaie du monde qui rassure nos créanciers. Nous exerçons une influence réelle, quoique indirecte sur les autres productions, car nos normes, plus élevées que partout ailleurs, doivent être respectées pour vendre sur notre marché unique. Nos régimes sociaux, malgré les différences nationales, restent le plus haut standard du monde. Regardez les Etats-Unis et leur plan santé inachevé ! L’euro est aussi une réussite concrète, qui protège notre pouvoir d’achat, notre niveau de vie, et nous a rendu au moins notre indépendance monétaire, donc politique, face à l’oncle SAM.

Il reste néanmoins beaucoup de choses encore à peaufiner, et tout n’a pu être réalisé. L’harmonisation fiscale et sociale, par exemple, afin d’empêcher la concurrence à l’intérieur même de notre Europe, entre les Etats. Tant que le social, la protection sociale, le salaire minimum, les retraites resteront entre les mains des Etats, chacun essaiera, égoïstement, de tirer la couverture à lui. La défense et la diplomatie européenne n’existent pas encore. Et, quoique qu’en pensent certains, aucun Etat ne peut, aujourd’hui, tout seul, lutter contre le terrorisme, se garantir et se prémunir de toute cyberattaque ; ne peut financer une campagne militaire à l’extérieur, ou améliorer l’environnement. Notre souveraineté serait plus forte ensemble, permettrait d’être entendue, suivie.

Et d’allier, enfin, puissance économique et puissance d’influence. Jacques Delors a dit depuis longtemps : l’Europe, un géant économique mais un nain politique. Or, il faut les deux, géant économique ET géant politique, si l’on veut survivre. Sinon les Etats-Unis et les nouveaux émergents mèneront le bal mondial.

Alors oui, les 60 ans du Traité de Rome doivent être l’occasion de réfléchir sur ce que nous avons réussi, en Europe ; sur ce que nous avons raté ou mal fait, afin de rendre cette Europe plus proche de ses peuples, plus efficace, plus démocratique sur le plan décisionnaire.

Un premier souhait : que les chefs d’Etats et de gouvernement expliquent à leur peuple ce qu’ils décident et font en Europe, en notre nom ! Tous les jours, toutes les semaines. Et cessent de pratiquer le double langage : quand ils réussissent, c’est grâce à eux. Quand ils échouent, c’est la faute à Bruxelles. C’est mesquin, inefficace et dangereux.

En France et dans quelques autres pays de l’Union européenne, mais pas dans tous, heureusement, il est de bon ton de taper sur l’Europe, sur presque tous les sujets, même tous ceux sur lesquels elle n’est absolument pas compétente : l’emploi, la formation, la fiscalité, le budget, les flux migratoires, le droit du travail, la justice, la culture, la diplomatie et la défense. Tout cela, et la liste n’est pas exhaustive, est de la compétence exclusive des Etats membres. C’est pourquoi parler sans arrêt des oukases de Bruxelles, de la domination de la Commission européenne sur notre vie de tous les jours relève de la tartufferie et de l’escroquerie mentale.

Et en cette année marquée par le soixantième anniversaire du Traité de Rome, force est de constater que le matraquage idéologique de certains a payé, et dans plusieurs pays, au moins 6 ou 7, le scepticisme à l’égard de l’Europe a grandi, et même parfois une europhobie s’est développée. Beaucoup de gens de bonne foi croient désormais que tous leurs problèmes, le chômage, les inégalités, les travailleurs clandestins sont de la faute de l’Europe. Et bien non, ces questions sont nationales, et les résultats de performance sont très différentes d’un pays à l’autre, et ce avec la même monnaie. Cela prouve bien que les politiques sont nationales, et donc on a des pays qui n’ont pas de chômage, qui exportent beaucoup, et d’autres non, faute de réformes ou de stabilité. Et les pays en retrait : Grèce, Portugal, Espagne, Italie, Irlande et France ont beau jeu d’accuser « Bruxelles » de tous les maux. Niant au passage que d’autres voisins réussissent beaucoup mieux.

Dans ce climat assez délétère, il est de plus en plus difficile de dresser un bilan objectif sur l’acquis communautaire depuis 60 ans. Et ce bilan, franchement, est loin d’être négatif. Outre la paix, la démocratie et la liberté retrouvée, c’est-à-dire les valeurs fondamentales de l’UE, il faut ajouter quand même la prospérité, le niveau de vie, le pouvoir d’achat qui a décuplé en 60 ans. Le nier serait absurde, et mensonger.

Bien sûr, tout n’est pas idyllique : en Europe comme ailleurs, les inégalités se sont accrues, ainsi que la précarité, dues à des séries de crises comme celle de 2007/2008.

Le manque d’enthousiasme de l’Europe vient aussi du fait qu’elle n’a plus de grands projets comme l’ont été la PAC, Erasmus, Schengen et l’euro. Elle n’a pas non plus de vision. C’est la faute des dirigeants des Etats, qui contrôlent tout au niveau du Conseil européen, et ne proposent rien, ou bien ont du mal à s’entendre. Parfois pour des broutilles.

Et pourtant, il ne faudrait surtout pas croire que l’Europe est enterrée. Il n’y a pas de plan B. Un pays tout seul ne pèse rien face aux défis du monde : sécurité ; environnement ; défense ; monnaie ; diplomatie. Il faut être réaliste. Et c’est pour cela que les Jeunes, qui sont l’avenir de nos pays, croient toujours à l’Europe. Ils sont 82% en France à être europhiles, selon une enquête exclusive d’OpinionWay. 82% de jeunes Français jugent la construction européenne positive. C’est vraiment réjouissant. Pour eux, la principale réussite est la libre circulation des personnes. Viennent ensuite les échanges culturels, universitaires, comme le fameux programme Erasmus +, et la paix aussi. C’est réconfortant.

Ils sont 70% aussi à s’inquiéter de l’avenir de l’Union (comme je les comprends), faute de projet justement. Ils sont déçus par l’absence de diplomatie européenne, par la croissance inégale selon les pays, par le poids des lobbies.

Visiblement, la propagande de nombreux politiciens adultes ne les a pas convaincus. Tant mieux. Parmi ces jeunes, il y aura des dirigeants de demain !

Le bilan de ces 60 ans d’Europe est, franchement, largement positif.

Si le Brexit voit vraiment le jour, d’ici 2 à 4 ans, chacun mesurera vraiment les pour et les contre de cette décision risquée. Et on aura beau jeu de dire « avant c’était mieux ». Mais ce sera trop tard !

Alors, allons de l’avant, avec un projet et une vision pour l’UE. C’est urgent. Les Chinois, Indiens, Russes ou Nigérians ne nous attendront pas, et se joueront de nos micro-Etats trop faibles. Nous autres Européens, nous comptons pour moins de 5% de la population mondiale. Soyons lucides. On doit être unis, solidaires et volontaires face au fantasque Trump et aux conséquences du Brexit. Cette fois, on n’a plus le choix !

Et ne cédons pas aux petites musiques mortifères et irresponsables de l’extrême droite, de France ou d’ailleurs, qui voudraient nous faire quitter l’UE, et l’euro ! Et retourner ainsi aux guerres commerciales, monétaires, financières, économiques, qui feraient baisser notre niveau de vie, ruineraient notre épargne et notre pouvoir d’achat.

Les nationalistes de tout poil, on en a quelques uns en France, dans un parti et dans quelques groupuscules. Ils veulent nous faire perde notre souveraineté monétaire et financière, acquise grâce à l’euro. Qu’on revienne au franc faible, isolé, esseulé, et sous la double domination du mark et du dollar comme il le fut pendant 50 ans ! Ces nationalistes là sont irresponsables, ils veulent le déclin de « leur » nation, sa subordination aux grandes puissances. Finalement ils sont le contraire de ce qu’ils prônent : ils sont anti-national !

Vive l’Europe !