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Les lois c’est pour les pauvres, disait Coluche !

06 février 2017

Les lois, c’est pour les pauvres, disait Coluche dans un célèbre sketch.

La France, ce grand et beau pays, ce pays des Lumières, de la Révolution française, ce pays de l’Egalité (avec un grand « E »), voire de l’égalitarisme, n’arrive pas à régler un problème majeur : celui de sa classe politique, ou plutôt de la mentalité de ses politiciens qui continuent, en 2017, (!) à se croire « au-dessus des lois », à être habités par un sentiment d’impunité, au prétexte (absurde) qu’ils « travaillent pour le bien public », pour le pays, pour le peuple. Bref, qu’ils se sacrifient, font don de leur personne à la France, travaillent nuit et jour. Et du coup, ils pensent que cela vaut bien de petits arrangements, accommodements, voire carrément des passe-droits. Et ce système fonctionne comme cela depuis des siècles. Dans l’immunité absolue. Dans ce sentiment détestable qu’ont beaucoup d’élus de se croire « au-dessus du lot », de s’arroger des droits, de se permettre des privilèges au nom de leur légitimité d’élus. Légales ou pas, ces pratiques contestables et choquantes sur le plan de la morale ne sont plus d’actualité. C’est fini, le peuple ne les supporte plus, lui à qui on ne fait aucun cadeau. Les élus doivent rentrer dans le rang, devenir normaux : transparents, modestes, francs, lucides, réalistes, humbles, honnêtes, sincères…

Ils sont tellement, certains, imbus de leur personne, vaniteux, arrogants, qu’ils ne comprennent même pas que le monde autour d’eux bouge, change, est moins naïf. Eux restent « hors sol » et se croient supérieurs, croient que la politique politicienne, la démagogie, les beaux discours surréalistes (y a qu’à ; faut qu’on ; méthode Coué ; négation permanente de la réalité du contexte, des évidences) vont supplanter des enquêtes policières sérieuses, des travaux sérieux des juges. Lorsqu’ils sont pris dans la nasse, leur première réaction est le déni, la main sur le cœur, ou la colère, et la stigmatisation des auteurs de la révélation de la turpitude. Ils se posent aussitôt en victimes, on veut les « tuer » politiquement », on leur veut du mal. Du coup, ils invectivent les médias, les juges, les adversaires politiques. Schéma classique et toujours stupide et vain.

Ils sont politiques, élus du peuple, donc ils sont au-dessus de toutes les contingences, guidés par une quasi grâce divine. Ces gens-là sont pitoyables et parfois dangereux pour la démocratie. Leur seule obsession est le pouvoir pour le pouvoir, pour leur petit (ou grand !) confort. Par pour agir (ou si peu !) mais pour eux, pour leur confort, pour exister, pour paraître, et parfois s’accrocher au pouvoir à tout prix, même de façon incroyablement éhontée. Et sans vergogne. Et, bien sûr, sans jamais se remettre en cause, sans jamais évaluer son bilan de façon honnête…

Pas tous, bien sûr. Gardons nous des partis extrémistes, l’extrême-droite en tête qui a grandi justement sur le « tous pourris ». Alors qu’eux-mêmes se gavent, se goinfrent, depuis des années ! Avec des financements douteux, avec les emplois fictifs que sont leurs eurodéputés qui ne font rien, avec leurs attachés parlementaires payés par le parlement européen, donc par le contribuable européen, donc par nous, alors même que ces salariés travaillent exclusivement à Paris, pour le FN !! Il s’agit de Le Pen père, de la fille, et quelques autres qui volent l’argent des contribuables pour le mettre à Paris au service de leur parti. Mais l’étau se resserre aussi sur la famille Le Pen et ses affidés. Le Parlement européen lui, au moins, a des règles plus contraignantes que le Parlement français, en termes de déontologie. Il a déjà réclamé 340.000 € à Mme Le Pen, et lui retirera la moitié de son salaire d’eurodéputé, soit la moitié de 7500 €, et ce jusqu’à ce que les sommes escroquées soient exclusivement remboursées. Là encore, il faudrait se poser la question de savoir comment peut-on se présenter à une élection présidentielle lorsque l’on a une procédure en cours sur une escroquerie organisée depuis des années ?

Ces politiciens véreux, magouilleurs, tricheurs sont légion en France : outre le cas Le pen, je pense aux dissimulations fiscales de Jacques Chaban-Delmas (qui ruina la suite de sa carrière politique), à Nucci (du Carrefour du développement), aux époux Tibéri (soutenus par Chirac, qui, lui, est passé au travers des gouttes judiciaires, durant 20 ans, au détriment d’ Alain Juppé d’ailleurs…), aux diamants de Bokassa, qui contribuèrent à plomber la réélection de Valéry Giscard d’Estaing en 1981. Il y a encore Les Carignon, les Balkany, les Cahuzac, Tapie, Thévenoud. Et Dassault ! Jusqu’à donner de l’argent à ses électeurs pour qu’ils votent bien ! Et bien sûr, les affaires de Nicolas Sarkozy, dont certaines ne sont pas encore soldées, et qui lui a déjà valu des mises en examen, et a sans doute contribué à être sorti de la scène politique. Et l’affaire Bygmalion…

Et, à présent, la famille Fillon, aux salaires surréalistes, dont François Fillon ne semble toujours pas avoir compris à quel point c’est choquant, indécent !

Tous sont des malades du pouvoir, et parfois des escrocs. Pour sauver leur place, leurs prébendes, leur élection (ou réélection), leurs privilèges, leurs rémunérations, ils vendraient leur âme, et leurs proches même parfois.

Tous font la même chose : le déni, dans un premier temps : c’est la faute aux méchants médias, ou à un parti politique adversaire ou au pouvoir, ou aux juges qui « s’acharnent ». Mais ce n’est jamais de leur faute. Eux, ils sont « nickel », ou alors, à la rigueur, ils ont fauté mais très très peu, et encore, c’était dû à un contexte, ou même ils ont été abusés.

Bref, ce sont eux les victimes, et pas ceux qu’ils ont trahi, volé, méprisé par leurs actes répréhensibles au nom de la loi et / ou de la morale. Ces gens-là sont amoraux. Et la République française a longtemps étouffé, minimisé les faits. Elle a d’ailleurs souvent été beaucoup plus complaisante pour un élu que pour un citoyen lambda…

Désormais, ce n’est plus possible. Cette époque est révolue, mais les politiciens veulent mettre du temps à le comprendre…Les lois, c’est pour les pauvres….

Certains, après des mois de déni, de mensonges, finissent par avouer, craquer (Cahuzac).

D’autres résistent : le cas Fillon, en ce moment, est, à cet égard, exemplaire !…

Alors que tôt ou tard, il devrait disparaître de la scène politique, en tout cas de la présidentielle 2017. Car la parole du peuple, dans les sondages puis dans les urnes, triomphera. Dans un premier temps, il croyait que son cinéma (« j’aime ma femme » ; « c’est un complot ourdi par des officines, par les médias») allait suffire.ils commencent tous par cela. Souvenez-vous de Cahusac !! Le feuilleton a duré longtemps, « droit dans les yeux ». Jusqu’où va le déni, quand même ? C’est dingue.

Fillon sera aussi un dur à cuire. Il ose même contester la légitimité du pôle financier à le contrôler ! Très fort ! Ca, personne n’avait osé récuser une brigade financière, qui fait son boulot. Il fait de la politique spectacle pour sauver sa candidature : aujourd’hui il continue sa campagne, c’est sûr ! Puisqu’il n’y a pas de plan B pour le remplacer ! Sans attendre le verdict de l’enquête, il organise une conférence de presse, de 50 minutes, qui nous laisse sur notre faim… Car même si ce n’étaient pas des emplois fictifs ( !..), ce dont on peut, franchement, continuer à douter, vu les propres déclarations de son épouse Pénélope au Daily Télégraph en 2007, l’absence de boîte mail à son nom à l’Assemblée nationale, etc . De toute façon les salaires hors normes touchés par son épouse et ses enfants étudiants, suffisent à le discréditer ! Mais ces gens-là n’ont même plus la capacité d’appréciation… Pour eux, des salaires de 4.000 € à 7.000 €, c’est la norme !! Mais sur quelle planète habitent-ils ? Ils sont hors sol. Ils vivent à côté des gens normaux. Avec suffisance, et parfois arrogance, très hostile aux medias, au parquet, au gouvernement (!) François Fillon a déclaré que tout était légal, qu’il a toujours travaillé avec ses enfants et son épouse, mais il a donné les mêmes montants de leurs salaires, mais en net ( ça fait moins cher, mais c’est pareil !!) . Ses enfants, étudiants, ont donc bien touché un salaire mensuel de 3000 € nets. Petit problème : tous les attachés parlementaires (master 1 ) touchent 1200/1300 net !! Sa femme a gagné 3677 € net mensuel. Qui gagne cela en France ? Combien ? Le salaire médian, en France est à moins de 1500 € ! De qui se moque-t-on ? En outre il a oublié de parler de la rémunération de la Revue des deux Mondes…

Ni du travail qu’aurait fait un enfant pour la campagne présidentielle 2007, en plus…Et pour combien, alors, là ?

Le champion de la probité, qui taclait Sarkozy, est dans la nasse. Comme les autres, il continue le déni. Avoir touché près de 1 million € en plusieurs années, même si on le convertit, habilement, en NET, ça fait toujours une somme énorme, pour un simple député ; on est dans les catégories de Français les mieux payés. Pour gérer un agenda, organiser des réunions, c’est indécent. C’est tragicomique et dramatique. Pour la démocratie, la justice, l’égalité et la crédibilité du pays. Sortons-les !

Dans presque tous les autres pays de l’UE, ils seraient partis au bout de 3 jours. Ils auraient même démissionnés d’eux même ! Chez nous, ça dure parfois plusieurs mois ( !). il faut que ça cesse. Nous sommes en 2017. Il faut éduquer, ou changer, la classe politique. Et vite. Sans quoi les extrémistes et populistes vont progresser, alors même qu’ils sont tout aussi corrompus ou malhonnêtes, voire davantage…

En attendant, ayons confiance en la justice de notre pays, au sérieux des enquêteurs, et au verdict des urnes…

Au moins, sur ce terrain là, nous restons une démocratie, puisque le peuple aura le dernier mot….