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ADIEU 2017, BONJOUR 2018

28 décembre 2017

L’année 2017 se termine, et le moment est venu de vous souhaiter le meilleur pour 2018, fidèles Internautes (7.500 visites par mois en moyenne). Merci pour votre fidélité, vos remarques aussi, et vos encouragements. Cela me touche, et en 2018 l’euroblog aura déjà 10 ans !

Mais avant de vous présenter mes vœux, je voudrais brièvement faire un petit bilan de 2017. En relisant ce que j’avais écrit, il y a un an, je n’ai guère le moral : il y a un an, Trump arrivait aux affaires. On était déjà consterné et inquiet, au vu de sa campagne ! Un an après : on a vu ! C’est pire que prévu. De Donald, on est passé à Dingo, pour rester fidèle à Walt Disney ! Courage à nos amis Américains : plus que 3 ans à tirer ! A moins que l’impeachment soit possible et les délivre plus tôt (pour cause de parjure de Trump sur les manœuvres informatiques russes sur l’élection américaine ?). L’Amérique est un grand pays démocratique, et est le seul pays au monde (libre) à pouvoir juridiquement virer son président, le destituer. Pour l’heure, ce que je vous prédisais début 2017 s’est réalisé… en pire. Dingo Trump détricote tout ce qu’il peut, la COP 21, l’aide financière à l’ONU, l’immigration même légale, enfin pour quelques pays ciblés… Mais le Congrès continuera à le contrôler, voire le stopper dans ses politiques populistes et nationalistes (América first) ou anti sociales, comme la tentative ratée de torpiller l’Obamacare. Contre vents et marées, il applique méthodiquement sa politique pour ceux qui ont voté pour lui : les nationalistes–blancs. Les autres ne l’intéressent pas. Il se moque d’avoir un taux de popularité très bas (pour un président américain). Il s’intéresse à l’Asie. Absolument pas à l’Europe. Il veut toujours nous faire payer davantage notre défense par l’OTAN. Totalement fantasque, imprévisible et rustre, il a été odieux avec Madame Merkel, au point de ne pas lui serrer la main publiquement, à la Maison Blanche. Au nationalisme (il craint l’Allemagne et sa position forte en Europe sur le plan économique), il ajoute la totale goujaterie. Pour un peu, on en oublierait Bush-Junior envahisseur de l’Irak !

Depuis un an, Dingo Trump est devenu Dingo-Tweet. Jusqu’à 10 par jour ! Sur tout et n’importe quoi. Commentaires futiles ou arrogants, indignes de la première puissance mondiale ! Encore trois ans de politique internet et de géopolitique carnavalesque. Toujours un peu dangereux, néanmoins, surtout avec d’autres guignols dictatoriaux, comme Kim Jong Un. Ces deux-là, en face à face, ça fait peur, non ?

Il y a un an, je vous parlais déjà, hélas, du Brexit et de l’énorme bêtise qu’avaient fait, démocratiquement, nos amis britanniques par le vote du 23 juin 2016.

L’énorme bêtise s’est confirmée tout au long de l’année 2017, et ce n’est pas fini. Si j’étais cynique, je devrais dire « tant mieux », cela servira de leçon aux autres séparatistes / souverainistes / nationalistes qui pourraient rêver d’une sortie. Mais non, je ne m’en réjouis pas, et je plains les Britanniques du pétrin dans lequel ils se sont mis. Ce sera certes pire pour eux, mais cette fracture affaiblit quand même un peu l’UE, face aux nationalismes américain, chinois, indien ou russe.

La bonne nouvelle, c’est que l’UE-27 est restée unie, solidaire, sur les conditions de l’UE de ne pas céder aux positions utopistes des Brexiteurs : sur les engagements financiers à tenir, par exemple. Ils proposaient 20 milliards €. Ils paieront 45 milliards € pour leurs engagements (fonds européens, etc) jusqu’en 2020, voire 2022. Idem pour protéger les deux Irlande, et le statut européen des 3,5 millions de citoyens de l’UE qui vivent au Royaume-Uni.

Eh oui, les démagogues devront expliquer à leurs citoyens qu’on ne quitte pas comme ça l’Europe, d’un claquement de doigt ! Il y a des traités à respecter, des procédures à suivre. A bon entendeur.

Fin 2016, je déplorai la dérive dictatoriale et liberticide de la Turquie. Fin 2017, c’est pire ! L’armée éradiquée, la fonction publique aussi. Les journalistes emprisonnés. La torture généralisée. Et très peu de protestation des dirigeants de l’UE, ni de manifestations de citoyens européens…

Trump, Erdogan, Poutine, ça commence à faire beaucoup ! Si nous comptons les dictatures chinoises (cyniques), nord-coréennes, syriennes, vénézuéliennes (sur le cas du dictateur vénézuélien Nicolas Maduro, il n’y a guère qu’un Mélenchon pour être sourd et aveugle sur ce régime de terreur qui tire à balles réelles sur les étudiants. Mais il n’est pas à une contradiction près).

Mais il y a de bonnes nouvelles aussi, en 2017. Si, si !

Daesh a essuyé défaite militaire sur défaite militaire, conduisant à son éradication presque totale. L’Irak s’est libéré de ces monstres fanatiques, Mossoul vient d’être récupéré et redevient libre. Il reste à les éradiquer totalement en Syrie, puis il faudra régler le sort du boucher Bachar Al-Assad, sinon il massacrera dans sa fuite en avant cynique et criminelle, jusqu’au dernier de « son » peuple. Quand je pense que des délégations UMP/PS se sont rendues plusieurs fois en Syrie pour deviser gaiement avec ce criminel de guerre et de l’Humanité ! Sans que la classe politique/médiatique ne trouve d’ailleurs trop à redire ! Honteux ! Emmanuel Macron lui a même fixé, de façon un peu optimiste peut-être, la « date » de la fin de Daesh en Syrie : mi-février 2018 !! Soit. Mais que fera-t-on du criminel Al-Assad ? On négociera sur l’autel de la « Real-Politique » ?

2017 a fait progresser les consciences sur l’environnement, si l’Homme veut survivre sur cette planète archi-polluée, épuisée en ressources, et trop petite pour « gérer » 10 milliards d’êtres humains en 2050… Malgré la bourde majeure de Dingo Trump, la COP 21 se poursuit, se décline en COP22, puis 23, avance ses pions.

2017 a éveillé les consciences pour le respect…de la Femme. Il serait temps de penser à elles, qui représentent 52% de l’Humanité. Grâce aux scandales américains très vite devenus mondiaux, les harceleurs, les violeurs et ceux qui battent leurs femmes, ou les tuent, vont enfin être plus inquiétés, traqués, condamnés. Le chemin sera plus long qu’aux Etats-Unis, car nous sommes de vieux pays latins, machistes. Mais le mouvement est enclenché, y compris chez les politiciens et les VIP qui avaient la plus grande impunité. La peur va enfin commencer à changer de camp ! Il faut aussi éduquer les policiers / gendarmes qui reçoivent les plaignantes, mettre fin à des comportements désinvoltes ou indifférents scandaleux.

Au-delà des violences, la lutte pour la mixité et l’égalité Femme/Homme s’intensifie. Tant mieux. 15% d’écart de salaire entre homme et femme à responsabilités et compétence égales, c’est inadmissible.

Côté extrémistes (de droite), il y a la percée spectaculaire de l’AfD en Allemagne en septembre et l’arrivée au pouvoir du FPÖ allié au chancelier Sebastian KURZ il y a quelques jours en Autriche. Ils récupèrent 3 ministères-clés et symboliques sur des thématiques régaliennes : l’Intérieur, la Défense et les Affaires étrangères. Excusez du peu !!

Malgré ces deux pays, l’extrême-droite a reculé partout ailleurs : aux Pays-Bas, en Italie (gestion calamiteuse des villes de Rome et Turin, ou la Ligue du Nord), Flandres et bien sûr le FN en France qui s’est écrasé tout seul sur le débat européen et sa démonstration évidente d’une incompétence de la fille LE PEN pour le « job » de Présidente de la République !

Attention toutefois à rester vigilant face à ces idées extrémistes et mortifères (de droite et de gauche) : elles ne sont pas dissoutes. Sans projets ni idées, ces politiciens extrémistes n’attendent que des échecs des gouvernements actuels pour critiquer, espérer (le « y a qu’à faut qu’on ») rebondir, exister, faire du « vent ». Ces gens-là, haineux, falsificateurs de chiffres, des événements, manipulateurs des contextes, guettent les courbes du chômage, les augmentations de prix, goulûment, les problèmes pour (tenter) de contre-attaquer, sans aucune solution crédible.

Bonne nouvelle encore pour 2017 (les prémices avaient démarré en 2016) : la crise 20O7-2008 est enfin derrière nous ! L’UE a enfin décollé, comme la zone euro. Et même la France, bien que toujours à la traîne en zone euro avec son taux de chômage énorme, à presque 10% et sa balance commerciale archi-déficitaire (- 68 milliards !!) ce qui plombe l’euphorie et le moral… La croissance française va effleurer 2% en cette fin d’année pour 2017. Du jamais vu depuis 2007…

2017 a perdu aussi des personnalités très célèbres, très emblématiques, et qui ont donné énormément à l’Europe voire au monde. Je pense naturellement, avec nostalgie et respect, aux disparitions de Helmut KOHL, le père de la réunification allemande et un très grand Européen qui a fait l’euro avec MITTERRAND ; de Simone VEIL, une conscience française et européenne, rescapée d’Auschwitz, et qui, pourtant, a milité toute sa vie pour une réconciliation franco-allemande ; de Jean d’ORMESSON, et bien sûr de Johnny HALLIDAY qui a fait rêver plusieurs générations. Salut, l’artiste : respect ! Sans oublier Jeanne MOREAU, Mireille DARC, Jean ROCHEFORT, Christian CABROL, Pierre BERGE, Edmond MAIRE, Max GALLO…

Et 2018, alors ? Il est toujours plus périlleux de « prédire l’avenir ». J’essaie pourtant, chaque année, de donner quelques pistes…

Je pense que la croissance va perdurer, s’intensifier, sans catastrophe exogène bien sûr (catastrophe naturelle, guerre régionale, flambée du terrorisme…). Les événements se propagent tellement vite dans le monde entier, désormais…

Le monde est en pleine croissance, Europe comprise. Mais la France part de plus bas, avec un chômage structurel, de masse. Spécificité française ; même quand on avait 4% de croissance, on avait encore 7% de taux de chômage, plus que les autres, qui sont à 3 ou 4%. On est le pays où il y a le plus de « métiers en tension », c’est-à-dire des métiers qui offrent des emplois, mais qui ne trouvent pas preneurs ! Comme les métiers de l’alimentation, la plomberie, etc : 700 à 800.000 emplois chaque année !

Mais on va dans la bonne direction, si les propositions de Macron arrivent à passer. Ceci dit, il faudrait quand même être honnête dans ce pays et rendre à César ce qui appartient à César. L’embellie économique française, on la doit à la présidence Hollande, dans sa deuxième moitié de quinquennat. Il a certes trop tardé à prendre des mesures fortes (CICE, Crédit impôt recherche), mais cela a fini par payer. Trop tard pour sa réélection, il fallait commencer dès 2012, pas en 2014.

Les effets macro-économiques de l’actuel quinquennat viendront, eux, fin 2018 et 2019. Mais pour l’heure, tous les voyants sont au vert, le cycle de croissance est bien enclenché (2,1% à 2,3% prévus pour 2018 !). L’investissement est en hausse de 4%. Macron a raison de développer la politique de l’offre (libérer les entreprises en allégeant leurs charges), car mener une seule politique de demande non seulement ne suffit pas mais augmente les importations, déjà très supérieures aux exportations. Le contexte est bon : un euro solide mais assez bas, des taux d’intérêt ridiculement bas, des matières premières encore peu onéreuses (1 baril de pétrole à 60 $), une inflation très basse, c’est ce qu’on appelle l’alignement des planètes. Macron a de la chance, mais il n’aura, du coup, pas d’excuse. Le problème de la France est que nous ne sommes pas dans le même cycle que les autres. Nous avons un ou deux trains de retard, avec pour résultat un taux de chômage inacceptable (9,7%) et un déficit commercial abyssal (- 68 milliards par an !!). Donc notre niveau de vie stagne ou recule par rapport aux autres pays de la zone euro. Au bout du bout, la politique ambitieuse de Macron se jugera sur… l’emploi. Comme pour ses prédécesseurs. En niveau de vie/pouvoir d’achat, on est 7ième en UE.

L’Economie, ce sont des cycles, vertueux ou vicieux, de 3 ans environ, sans catastrophe exogène (subprimes par exemple). Donc, cette reprise économique pourrait durer trois ans, et ramener le taux de chômage « acceptable » (pour un Français !) à environ 7,8% en 2020, avant la campagne présidentielle… 7,8%, c’était le taux de 2008 avant le début de la crise financière. Mais la France reste loin des USA, de l’Allemagne et de la plupart des pays membres de la zone euro, qui sont entre 4 et 5% ! Quand les autres pays de l’OCDE en sont à embaucher, la France préfère encore investir. Comme disait Helmut SCHMIDT, « les investissements d’aujourd’hui sont les emplois de demain ».

L’autre talon d’Achille de la France est son commerce extérieur, et ce depuis dix ans. La balance est déficitaire (importations très supérieures aux exportations) année après année (moins 68 milliards en 2017 encore, quand nos principaux partenaires de la zone euro sont excédentaires, avec un champion toutes catégories, l’Allemagne qui elle est à plus de 200 milliards d’excédents !!). Et encore, heureusement que l’on vend beaucoup d’Airbus et de … Rafale ! Ce serait bien pire encore, sinon…

Quand, dans ce pays, va-t-on apprendre la culture d’exportation ? S’ouvrir aux autres ? Apprendre l’anglais ? Chercher des marchés ailleurs ? On a un président qui parle parfaitement anglais, c’est le premier ! Tous les autres ânonnaient… Le nombre d’entreprises (PME) qui exportent est ridicule par rapport à l’Allemagne, à la Belgique et même à l’Italie. A part quelques produits de luxe (parfum, champagne, sacs ..) nos produits manufacturés sont de qualité moyenne, donc plus concurrencés à l’international, car fabriqués aussi par de plus en plus de pays émergés (Chine,Inde, Brésil, Corée du sud, etc ). Le problème vient aussi d’une absence de force commerciale, même si on des choses à exporter, on ne sait pas les promouvoir, on manque de réseaux de vente à l’export. Le marché français est bien trop petit. Qui en parle ? On est dans une impasse totale. Encore un chantier pour Macron, qui veut réformer plein de choses !

Le Brexit : l’Europe unie a gagné la première manche. Les Anglais paieront la note légitime et ne feront pas n’importe quoi à l’égard de l’Irlande et des citoyens de l’Union. Ouf ! Mais on vient seulement de négocier sur la 1ère phase. Arrive la seconde, sur l’acte de divorce à proprement parler, soit sur toutes les clauses, dans tous les domaines.

Avec une date butoir (en principe…) : mars 2019, avant les élections européennes. Le timing me paraît irréalisable. Rien que pour le CETA, il a fallu 8 ans de négociations ! Il faudra sans doute repousser la date du divorce. Et là, le Royaume-Uni continuera de se… désunir sur le plan de la politique intérieure. Quel avenir pour Theresa MAY, qui est en sursis ? Déjà, le Brexit a « tué » politiquement Cameron (le responsable de ce beau gâchis), et l’extrémiste Nigel Farage… A qui le tour ?

On a un très bon négociateur en chef avec Michel BARNIER. On ne quitte pas l’Union comme cela, sans règles, sans solder ses comptes et sans conséquences dommageables pour l’avenir. Les bonimenteurs sont rattrapés par la Real politique… Tant pis pour eux, et un peu pour nous aussi. Car ça fragilisera l’UE sur le plan de la puissance économique. On sait déjà qu’en 2018, l’Inde va dépasser la France et le Royaume-Uni en prenant la 5ème place pour l’économie mondiale… Le Royaume-Uni est déjà repassé derrière la France. Les classements évoluent vite, désormais. Et ce n’est que le début !

L’imbroglio catalan

Quel gâchis ! C’est comme pour le Brexit. Les peuples, déboussolés par leurs dirigeants, leurs magouilles, leurs échecs, leurs promesses non tenues, se mettent à réagir radicalement dans les urnes (l’espace le plus démocratique qui soit !) sans toujours mesurer les conséquences de leurs actes et de leurs prises de position. La radicalisation des positions, c’est toujours risqué.

Sur la forme, la démarche est vaine, car l’organisation catalane du fameux référendum d’octobre était – sciemment – illégitime et illégal, selon les termes mêmes de la Constitution espagnole. Certes, le Premier Ministre espagnol, Mariano RAJOY, était dans son droit, mais n’a pas fait preuve de toute la finesse politique requise face à des radicalisés qui attendent leur « rêve » depuis longtemps. Il a donc légalement employé la manière forte en actionnant l’article 155 de la Constitution autorisant Madrid à mettre la Catalogne sous tutelle, à destituer leurs dirigeants et à dissoudre le parlement catalan. Les emprisonnements des leaders ensuite auraient pu être évités.

On a beaucoup glosé (comme souvent, dans les médias !), sur « l’impuissance » de l’UE à réagir. Il faudrait savoir : on refuse de faire l’Europe politique, fédérale, et on voudrait que les institutions européennes (Commission, Parlement) prennent position, interviennent dans les affaires d’un pays souverain ? Que dirait-on, en France, si la Corse faisait la même démarche ? On accepterait que l’on nous donne des leçons, des conseils même ? Arrogants et fiers comme nous sommes ! On a voulu garder des Etats « souverains ». Soit ! Chacun fait ce qu’il veut, alors même que, si cela devait (hélas) déraper, toute l’UE sera concernée, avec un risque de contagion des désirs d’indépendance.

RAJOY a pris un sacré camouflet aux nouvelles élections du parlement catalan du 21 décembre, légitimes et légales celles-là : son parti, le PPE, n’a obtenu que … 3 sièges sur 135 sièges ( !). Il reste à espérer que les deux parties parviennent à dialoguer et à trouver un compromis honorable. A titre d’exemple, après 20 ans de plasticage et de meurtres entre eux, les Corses agissent beaucoup plus finement. L’autonomie sur le plan politique, d’abord, et … plus peut-être plus tard… L’Ecosse avait organisé un référendum légal sur son indépendance, qu’elle a perdu. Et il n’y a pas eu de crise politique. Quand on fait les choses dans les règles juridico–politiques, c’est quand même mieux. Car l’Etat a toujours le monopole de la violence légitime, surtout si on lui en donne le prétexte !

J’adore les Catalans et l’Espagne. Mais je voudrais pointer quelques erreurs passées en boucle dans les gazettes et autres médias. Oui, la Catalogne est une grande région, dynamique, etc. Mais on n’a pas dit qu’elle était endettée jusqu’au cou ; ni que le gouvernement central (Madrid) abondait son budget et lui permettait de finir ses fins de mois (et non l’inverse, comme je l’ai lu !!). Sinon, elle serait en faillite. Que pourrait-elle faire, indépendante ? On en revient toujours à cela : les gens peuvent être obnubilés par des « leaders » politiques, gober toutes leurs promesses utopiques ou analyses biaisées, et voter en conséquence. La Catalogne est pro-européenne. Tant mieux ! Mais alors, comment fera-t-elle pour rejoindre l’UE, une fois séparée de l’Espagne? Alors qu’il faut l’unanimité des Etats membres ? Elle aime l’euro. Tant mieux ! Elle a bien raison. Mais alors, comment obtiendra-t-elle seule, l’adhésion à l’euro, qui exige un endettement « acceptable » et soutenable ? Là encore, il faudrait réfléchir quand on vote… La mode actuelle est au séparatisme, à la soi-disant indépendance. Dans un monde en pleine croissance, en pleine évolution et émergence de puissances politiques aussi (Chine, Inde), où l’Europe n’est plus qu’à 0,7% de la population mondiale, et … 0,4% dans 30 ans !! Il n’y aura plus un seul pays européen représenté au G8 dans 15 ans. Et les gens veulent se séparer : Brexit, Catalogne, Flandres, Ligue du Nord, Corse un jour peut-être, Nouvelle-Calédonie ? Que pèseront-ils, là où des Etats entiers seront inexistants sur l’échiquier mondial ? Que pèseront-ils face aux multinationales plus fortes déjà que les Etats, face à l’OMC, et à tous les défis terroristes, climatiques, migratoires ? Comment conserveront ils leur niveau de vie, leur démocratie, leur liberté, leur sécurité, ainsi affaiblis ?

Nos démocraties sont déjà fragiles, et en nous morcelant nous les fragilisons plus encore. L’air du temps est le rejet des institutions, des lois, des pouvoirs en place. Il y en a qui veulent même s’affranchir des banques, des institutions financières, et… des monnaies légales. En créant des monnaies virtuelles, informatiques, algorithmiques ! Comme le bitcoin, par exemple ! Des monnaies sans garant, sans régulateur, sans règles, donc vouées à l’échec. Basées sur du vent, mais le vent tourne toujours, comme les girouettes. Je reviendrai d’ailleurs dans un prochain blog, sur ces monnaies chimériques, car il faut vraiment expliquer à quel point on peut tout perdre en quelques… minutes !

L’heure est à la sécession, dans tous les domaines. Gardons-nous de tout « caprice », non réfléchi. Si l’Espagne et la Catalogne se disloquent, c’est la quatrième puissance de la zone euro et de l’UE qui sont concernées, et cela aura donc des répercussions sur toute l’UE. On l’a bien vu avec la crise grecque !! Il va falloir aussi que les peuples comprennent que leurs actes peuvent dépasser largement leurs « frontières » très virtuelles. Tout est interdépendant, désormais. 2018 pourrait donc tourner au cauchemar, alors que l’économie va bien. Un comble !

Les dérives de l’Europe de l’Est

Certains pays membres de l’UE ne jouent plus le jeu du partage et de la solidarité. Ils prennent l’argent européen (fonds structurels européens, fonds de cohésion, etc) et tordent le cou avec constance et cynisme à toutes les valeurs fondatrices de l’Europe post-1945 : valeurs de droits fondamentaux, droits de l’Homme, démocratie totale, paix, solidarité, humanisme.

On a un quarteron de pays qui dérive de plus et en plus et jusqu’ici, je trouve qu’on n’a pas fait grand-chose au-delà de quelques mises en garde. Ce groupe dit « Groupe de Visegrad » comprend la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie. Malgré les remontrances polies, orales et écrites, leurs gouvernements continuent imperturbablement à se droitiser à l’extrême, en mini dictature liberticide à l’égard de la presse, des juges et des droits de la personne. Ils sont europhobes, eux qui doivent tout à l’UE depuis leur entrée en 2004 ; antisémites, homophobes, anti-immigration absolue, islamophobes, dans une position de défense de « l’Europe chrétienne ». Des mini-Poutine en quelque sorte.

La Commission européenne s’est enfin décidée, avec l’accord des chefs d’Etat, à enclencher l’article 7 du Traité de l’UE (procédure d’infraction) contre le gouvernement polonais (dirigé par le Parti Droit et Justice) qui viole de plus en plus l’Etat de droit en bafouant l’indépendance de la Justice, en voulant interdire l’avortement, en refoulant les demandeurs d’asile. Idem pour le régime de Viktor ORBAN (Hongrie) qui a fermé des télévisions, des radios, harcelé des journalistes, a une milice, et a mis des barbelés à ses frontières. Bref, il faut absolument réagir vite et fort (suppression progressive des fonds européens). Voire exclusion de l’UE. On ne peut pas rejeter, de bon droit, la candidature de la Turquie et garder des régimes qui tournent très mal. L’UE est la plus grande démocratie au monde, elle doit le rester à tout prix, face à Poutine, Xi Jinping, et même Trump (mais lui passera, car l’Amérique est encore en démocratie. Pas les autres). L’UE ne peut régresser, elle qui après mille ans de guerres civiles et deux guerres mondiales vit en totale démocratie et dans le respect de l’homme depuis 70 ans. Pas de concession avec les extrémistes !

Et pour tout arranger, voilà que l’AfD, extrême-droite allemande, a obtenu un score aux élections législatives d’octobre (90 députés au Bundestag), fragilisant le futur gouvernement de coalition de Madame Merkel, pour son 4ème mandat (même si l’AfD n’y participera pas, bien sûr). Enfin, les récentes élections autrichiennes ont vu la victoire sans appel du très jeune Sebastian KÜRZ (Macron n’est plus le plus jeune) qui s’allie avec le FPÖ d’extrême droite qui aura (au secours !) 3 ministères régaliens. Excusez du peu ! Et peu de manifestations de rue, en Autriche ou ailleurs, à la différence de l’arrivée en 2000 (déjà !) aux affaires de Jörg HAIDER… Il est à craindre que l’Autriche rejoigne le fameux groupe extrémiste de Visegrad, même si Kürz a dit et répété qu’il restait pro-européen et ne changerait pas sa ligne. L’Autriche a accueilli, comparé à sa taille démographique, beaucoup plus de réfugiés depuis 2016 que l’Allemagne ! Ne l’oublions pas.

2018 s’annonce prometteur sur l’Economie, mais il y a quand même de sacrées incertitudes géopolitiques en Europe. Et encore 3 ans de Trump outre-Atlantique…

Heureusement, nous on a MACRON. Chapeau l’artiste ! Il réveille et régénère ce « vieux pays » comme disait De Villepin ; il casse les codes ; Il a explosé le champ des partis classiques, ringards, sans projets ni idées, au manichéisme absolu. Exit le droite-gauche ringard, ces machines à élection mais pas à réformes. Il a ridiculisé Le Pen au débat de la campagne présidentielle.

Il était temps de changer un peu de république, et La politique. Il va au contact des gens, ne se dégonfle jamais, veut toujours expliquer, convaincre ; les gens adorent ça, c’est la génération selfie ! Certes son discours transgressif choque parfois, il est trop franc ou maladroit, d’où quelques couacs, quelques arrogances et suffisances (ras le bol aussi des Unes de Paris Match et les descentes de ski à La Mongie ; le couple Kennedy l’a fait, il y a… 50  ans !). Mais Jupiter est efficace, à l’international et même en France. Quelle différence avec les prédécesseurs ! Il fait ce qu’il a promis ! On n’était pas habitué à ça ! Droit du travail ; fiscalité ; sécurité ; formation professionnelle ; apprentissage ; école ; entrée à l’université ; banlieue ; retraite… Tous les chantiers s’ouvrent en même temps. Et ce n’est que le début : 2018 va accélérer encore, avec l’Europe. Il asphyxie l’opposition décomposée qui n’a plus rien à proposer. MELENCHON, LE PEN sont nuls, se complaisent dans l’arrogance, l’insulte des médias, des adversaires, ils restent dans le populisme le plus bas. WAUQUIEZ ne vaut pas mieux : il a choisi d’aller vers les idées d’extrême droite. Il ne fait même pas l’unanimité dans son parti corrompu (traces de Bygmalion !) et en difficulté financière et de recrutement. Car lui aussi ne fait que « tacler », n’ayant aucun projet, aucune idée, aucun avenir. Répéter qu’on est jeune, et que « la droite est de retour », c’est peu pour un programme. Voilà encore un obsédé de la Présidentielle (2022). Comme jadis un certain… Copé !

Franchement, Macron-Jupiter est au-dessus du lot. Il a des idées, du talent, de la chance (voir son élection !!), même si la chance peut vite tourner. Il a un boulevard devant lui : un PS décapité, un LR très affaibli, sans leader crédible, un FI déblatérant mais ne proposant rien de sérieux et un FN déjà mis en examen (au niveau du parti et de nombre d’élus !) pour les emplois fictifs du Parlement européen et qui va être rattrapé par la justice, sans préjuger de la suite (car il y a encore les affaires de surfacturation des kits de campagne au niveau des élections françaises cette fois !.. ). Du pain béni pour un nouveau président, aux coudées franches. Les pays européens l’adorent, il redore le blason de la France à l’international (enfin un qui sait parler anglais !). Mais attention au comportement people, à la fausse empathie, aux excès ! Je n’apprécie guère la formule « mon peuple ». On n’est plus en monarchie. On n’est plus ses sujets, il me semble ! Attention, les Français sont vite versatiles. On a vu avec les deux prédécesseurs…

MACRON a rendez-vous avec l’Histoire, mais il faudra des résultats probants sur le chômage, notamment. Sa chance actuelle est qu’il a un boulevard avec Dingo Trump ; une Angela Merkel affaiblie (mais qui va rebondir avec un bon gouvernement de coalition avec le SPD en janvier) ; une Theresa May en sursis politique. Et il sait très bien s’adapter et saisir les opportunités.

Mais c’est aussi sur l’Europe qu’il donne espoir. Après deux quinquennats ratés sur ce plan, la France est de retour en Europe. Les propos de la Sorbonne ( son discours du 26 septembre 2017) doivent trouver réalité. L’Europe doit progresser, s’intégrer davantage politiquement, s’harmoniser sur bien des plans. 2018 sera le lancement des conventions citoyennes pour bien préparer (enfin) l’élection européenne de 2019. Enfin un débat direct avec les citoyens sur les actions européennes ! Et puis il veut aussi parachever la recomposition politique, et rassembler pour les Européennes 2019 sur une même liste tous les partisans de l’Europe (avec Juppé, par exemple ?).

L’Europe est notre avenir, l’Europe est LA solution. Macron le sait. Tant mieux pour notre avenir.

A toutes et tous, cher.e.s internautes fidèles, j’adresse tous mes vœux les plus chaleureux pour une bonne et heureuse année 2018, accomplissant tous vos souhaits.

Et à bientôt sur la toile. Pour d’autres billets.