Recherche
Calendrier
  • Décembre 2017
    LunMarMerJeuVenSamDim
      
     1 2 3
    4 5 6 7 8 9 10
    11 12 13 14 15 16 17
    18 19 20 21 22 23 24
    25 26 27 28 29 30 31

  • Évènements à venir :
    • Des événements sont à venir, restez en ligne!

Dans 6 mois, on vote… Préparez-vous !

14 décembre 2008

Le 7 juin 2009 auront lieu les élections européennes. Pour la 7ème fois, les citoyens européens pourront élire, au suffrage universel, leurs députés.

 

Alors, ces élections, comment ça marche ?

Pour pouvoir voter le 7 juin prochain, il faut avoir 18 ans minimum. Et être inscrit sur la liste électorale de sa commune de résidence. De façon plus générale, les conditions d’accès au scrutin européen sont conformes au droit électoral national. A une exception près : pourront voter à ces élections, non seulement les citoyens français, mais TOUS les citoyens, ayant la nationalité des 26 autres Etats membres et résidant en France. A condition qu’ils se soient inscrits sur les listes électorales de leur commune de résidence avant le 31 décembre 2008.

La France est divisée en 8 circonscriptions : une pour l’Outre-mer, et 7 pour la métropole (ouest, est, île de France, nord-ouest, massif central-centre, sud-est, sud-ouest). La circonscription dite « sud-est » comprend 3 régions : Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur et enfin la Corse.

Aux dernières élections, la France avait 78 députés. Pour la mandature 2009-2014, ce chiffre devrait baisser : 74 si le Traité de Lisbonne était en vigueur (car le Parlement européen aura alors 751 députés), ou bien 72 si le l’on reste sur le Traité de Nice qui prévoit un maximum de 736 députés.

Le sommet européen des 11 et 12 décembre 2008 vient de s’accorder sur le principe d’un nouveau référendum en Irlande, mais pas avant septembre 2009. Donc, les élections européennes de juin 2009 seront bien sous le régime du Traité de Nice, ce qui ramène le nombre de députés français à 72, dont 12 pour la circonscription Sud-Est.

L’élection se fait au suffrage universel direct, à un seul tour. C’est un scrutin de liste, avec impossibilité de rayer des noms (cela invaliderait le bulletin). Les sièges sont ensuite répartis selon une règle  proportionnelle. Il faut un minimum de 5% des voix exprimées pour espérer avoir un élu.

Le taux de participation est en baisse, en France, élections européennes après élections européennes. Un peu plus de 43% des votants en 2004 !

Cela montre le niveau d’intérêt des Français, qui s’explique, malheureusement, par une méconnaissance profonde des réalités européennes dans notre vie quotidienne et une faible prise en compte d’enjeux essentiels pour notre avenir. Il faut dire que les médias, en France notamment, ne consacrent que trop peu de temps, dans leurs journaux et leurs émissions, aux questions européennes, comparé à d’autres pays de l’Union. En France, les journaux télévisés consacrent 70%  au national (y compris les chiens écrasés…),  20% à l’international et 5 à 10% à l’Europe.

Dans un monde globalisé où tout interagit, c’est catastrophique. J’ai posé maintes fois la question de cet état de fait à nombre d’amis journalistes : ils me répondent, presque toujours « l’Europe, c’est trop compliqué, on va ennuyer les gens ».

Et bien non ! Je m’inscris en faux. J’informe sur les questions européennes depuis des années, et presque toujours, les gens sont très intéressés parce qu’ils apprennent quelque chose. Tout simplement, parce que les gens sont curieux, aiment comprendre le mouvement du monde, et sont même frustrés lorsqu’ils sentent, pour paraphraser une humoriste célèbre « qu’on ne nous dit pas tout » !

Or, l’enjeu des élections de juin 2009 est de taille, car le Parlement européen a maintenant des vraies compétences et un vrai pouvoir.  Il vote désormais sur pratiquement tous les domaines de l’action publique européenne (y compris le Budget).

Je rappelle en effet que 80% de nos lois nationales proviennent directement de textes européens, directives ou autres. Un dernier exemple : le Parlement s’est prononcé en faveur des dispositifs adoptés par la Commission et le Conseil européen sur l’environnement, comme la baisse du taux d’émission de  CO² pour les voitures à 119 g/km d’ici 2020, ou encore l’obligation d’atteindre 20% d’énergies renouvelables, également d’ici 2020.

Chacun des 492 millions de citoyens européens est donc concerné par l’Europe du Quotidien, dans sa vie de tous les jours : par exemple, le Parlement doit bientôt se prononcer sur une proposition de la Commission d’allonger le congé maternité à 18 semaines minimum pour chaque Etat membre, alors que certains pays sont en dessous de ce seuil, dont la France avec 16 semaines… Mais les Européens sont aussi concernés par l’Avenir de l’Europe dans toutes les grandes orientations ou questions stratégiques, comme l’environnement,  l’immigration, le développement durable, la recherche etc. Et sur ces questions, le Parlement a désormais son mot à dire, au nom des citoyens.

J’aurai bien sûr l’occasion de revenir sur ces élections européennes, tant leur enjeu est important. Mais je voudrais terminer ici par un dernier aspect qui pour l’instant, me parait encore trop absent du débat : voter à ces élections européennes déterminera aussi la couleur politique du Parlement,  et celle de la Commission, donc de sa politique tout court.

 

Par conséquent, il serait désormais de plus en plus dommage, pour ne pas dire irresponsable, pour chaque citoyen européen, de se désintéresser du choix de ses représentants parlementaires au niveau européen.

Moi qui interviens souvent sur des tribunes, j’en ai marre d’entendre, continuellement, des citoyens se plaindre de décisions majeures européennes, pour eux « technocratiques », car prises sans concertation des peuples. On ne peut pas dire cela, et continuer à ne pas aller voter !  Depuis 1979, ils ont le droit de vote ! Qu’ils s’en servent ! Surtout maintenant avec les pouvoirs énormes du Parlement européen. Chaque Européen tient désormais son destin dans le bulletin de vote, il aura de moins en moins d’excuse !

Aller voter sera donc un acte citoyen, et un respect envers la démocratie.

Et croire que les élections européennes ont un enjeu moindre que les élections nationales ou locales est navrant, et grave.

 

En plus, l’Europe se met en quatre pour vous puisqu’elle a même élargi l’amplitude des horaires des bureaux de vote : vous pourrez voter le 7 juin, dès 8h, et jusqu’à 22h !

Elle est pas belle, la vie ?