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Alors, elle n’est pas démocratique, l’Europe ?

07 mai 2018

Citoyens d’Europe, enfin une bonne nouvelle ! Vous allez pouvoir vous exprimer grâce aux consultations citoyennes, dire ce que vous voulez pour l’Europe, et ce dans tous les Etats-membres.

Depuis des années, des politiciens eurosceptiques, voire clairement europhobes, car souverainistes ou nationalistes, s’emploient à répéter comme des perroquets, relayés par certains médias, que l’Europe « n’est pas démocratique », car lointaine, technocratique, complexe et coupée des peuples. Certains de ces politiciens n’ont toutefois pas hésité pourtant à être eurodéputé, donc bien dans ce système, et de fait ils peuvent prendre conscience tous les jours que l’Union européenne, si elle est certes complexe vu les thèmes et dossiers lourds à traiter pour 500 millions d’Européens, est totalement démocratique, puisque tout ce qui se décide vient des Chefs d’Etat et de gouvernement ,via le « Conseil européen », et que la Commission européenne, si elle a le pouvoir de proposer des actions, des mesures et des politiques, n’a aucunement le pouvoir de les imposer ! C’est le Conseil européen qui décide, puis le Parlement européen, élu démocratiquement au suffrage universel, qui vote les lois (appelées Directives) qui seront ensuite transposées dans les lois (encore votées !) de chacun des parlements nationaux.

Si ces politiciens étaient un tant soit peu sincères et honnêtes (je sais, je rêve), ils conviendraient donc que le processus décisionnel de l’UE est donc parfaitement démocratique, comme le sont les institutions de chaque Etat membre, dont bien sûr les Chefs d’Etat et de gouvernement, tous élus démocratiquement, ainsi que les députés nationaux et européens. Au plan national comme européen, le citoyen est représenté par des politiciens qu’il a élu démocratiquement. Bref le « Bruxelles c’est loin », le “on décide à notre place”, c’est archi faux, car les politiques européennes viennent directement de nos dirigeants démocratiquement élus, que ce soit l’exécutif européen (le conseil européen) ou le législatif (les eurodéputés élus).

Mais le mal est fait, car la répétition, au fil des ans, de ces mensonges éhontés a fini par convaincre une partie non négligeable des opinions publiques européennes que l’Europe se faisait sans eux et le fossé n’a cessé de se creuser, en même temps que l’abstention aux élections européennes augmentait constamment.

Lorsque j’ai créé mon euroblog en 2008 (10 ans déjà !), je déplorais le manque d’information et de pédagogie (objectives s’entend) des politiciens comme des media sur le fait européen !

Mais aujourd’hui, nous avons peut-être tous, collectivement, l’occasion de remédier à ce déficit grâce à une (heureuse) initiative d’Emmanuel Macron, de lancer dès à présent, et jusqu’à fin octobre, une vaste opération nationale en France, avec les citoyens, appelée « Consultations citoyennes » afin d’entendre et d’écouter chacun, où qu’il se trouve, sur ce qu’il pense, ressent et attend de l’Union européenne.

Si cette opération réussit, ce que l’on peut, vraiment, espérer , elle contribuera à rapprocher enfin « l’Europe », comme on dit communément, de ses citoyens. A condition de laisser parler le citoyen (c’est bien le but) et de recenser sérieusement et honnêtement tout ce qu’il dira, demandera, exigera, afin de les transmettre aux autorités nationales et européennes. Il ne s’agit donc pas de se faire plaisir, de faire une opération de com’, mais bien de sonder nos compatriotes et de relayer leurs attentes, pour qu’ils participent en direct à la refondation de notre Europe, et qu’ils se l’approprient pleinement. Le défi est à la hauteur de l’enjeu.

La première bonne nouvelle est que tous les Etats membres de l’UE ont accepté de participer, sans exception, à cet exercice géant de démocratie participative, même ceux qui prennent quelques libertés avec l’Etat de droit, comme la Pologne, la Hongrie ou la République tchèque. Cette opération inédite aura donc bien lieu dans les 27 Pays de l’UE, le Royaume-Uni en étant exclu, et pour cause. L’opération s’arrêtera le 31 octobre 2018, afin de  laisser la place aux campagnes des partis politiques (ne pas confondre !!) en vue des élections européennes du 26 mai 2019. Aucune interférence ou “récupération” ne seront admises. Encore heureux.

De quoi s’agit-il ?

Pour la première fois, on va, partout en Europe, à travers des milliers de réunions, de débats, d’échanges, consulter les citoyens européens, recueillir leurs souhaits, leurs attentes, leurs critiques. C’est du jamais vu !

Certes, nous avons un Parlement européen élu au suffrage universel direct, mais ces 751 membres, les eurodéputés, ne suffisent pas à représenter 500 millions de citoyens, d’autant que leurs circonscriptions sont immenses.

L’idée est donc d’engager un débat collectif direct et participatif, ouvert, libre et transparent. Il s’agit, ni plus ni moins, de réduire le déficit civique de l’UE.

Il s’agira de profiter d’événements en directs et/ou en ligne. Ce sera un exercice d’écoute avant tout, et de réponse précise et sincère à toute question.

Autre bonne nouvelle, cette initiative de 6 mois ne va pas s’arrêter brutalement, fin octobre. En novembre, le CESE, Conseil économique et social européen fera une restitution nationale. Puis, en décembre, l’UE fera une restitution plus globale des souhaits et réactions de tous les citoyens européens. On aura donc, pour la première fois, une énorme enquête d’opinion grandeur nature, à l’échelle de 450 millions de citoyens.

Pour vérifier qu’il n’y a pas de réunions partisanes, qui biaiseraient les débats, un comité de surveillance transpartisan accueillera les partis politiques afin de surveiller que chacune des opérations ne soit pas récupérée.

Un conseil d’orientation est mis en place aussi pour vérifier que les petites villes, les campagnes soient également bien représentées dans ces réunions, et qu’il y ait de vraies consultations et débats. On s’attachera aussi à ce que les synthèses soient bien faites, fiables et remontent au CESE. Ces consultations citoyennes remettront le peuple au centre du débat européen. On aurait dû y penser plus tôt. « On ne construit pas l’Europe à l’écart des peuples », a expliqué Nathalie LOISEAU, notre Ministre chargée des Affaires européennes. Durant 60 ans, l’Europe s’est construite pour les peuples, avec de belles réalisations quand même : la PAC ; l’euro ; les politiques de cohésion pour rééquilibrer les territoires; Erasmus +, mais les citoyens étaient représentés par ceux qu’ils élisaient, et qui ne leur expliquaient pas trop le pourquoi du comment du fonctionnement de l’Europe.

Désormais, elle se construira aussi AVEC les citoyens, en écoutant leurs volontés, leurs demandes précises. C’est une révolution politique et culturelle ! Là, on est dans la démocratie directe, participative, laquelle n’existe d’ailleurs pas dans les Etats : les citoyens ont-ils rédigé la Constitution française ? Les textes de lois ? Conseillent-ils le Conseil des Ministres ? Peuvent-ils organiser un référendum, à l’échelle d’une commune, par exemple?Que nenni, au pays du Jacobinisme et du Centralisme forcenés, où Paris contrôle tout !

On reproche finalement à l’Europe ce dont on s’accommode parfaitement dans un Etat, alors ? C’est à dire une démocratie représentative, et non directe…

Cette démocratie politique pratiquée avec tous les Etats de l’Union permettra le débat partout : près de chez vous, vous aurez une, deux ou dix réunions organisées par une collectivité, une association, une administration, un organisme ou même un citoyen durant ces six mois. Ces rencontres n’auront évidement rien à voir avec la campagne électorale des partis politiques pour les élections européennes du 26 mai 2019, campagne qui démarrera après cette opération. Il ne doit donc y avoir aucune interférence, pas même la moindre porosité….

Ces consultations ne seront évidemment pas des conférences ou des monologues, ni des meetings ou des cours. L’exercice consistera à dialoguer d’entrée de jeu avec les citoyens, et être en permanence à leur écoute et retranscrire soigneusement leurs attentes et demandes.

Le pilier organisationnel est la plate-forme « Toute l’Europe » (http://touteleurope.eu) du Ministère des Affaires européennes, en lien pour les animations avec la Fédération des Maisons de l’Europe et le Mouvement européen, avec des kits pour l’organisation pratique. Vous trouverez sur le site, très pédagogique, de « Toute l’Europe » bien d’autres précisions sur le fonctionnement et les politiques de l’Union. Si chaque citoyen en connaissait un centième, beaucoup de malentendus seraient évités. Par exemple, ce site va développer six grands axes thématiques :

· Prospérité et emploi en Europe

· Développement durable en Europe

· Sécurité en Europe

· Europe dans le monde

· Innovation en Europe

· Unité de l’Europe

N’hésitez pas à le consulter, franchement, cela vaut le coup. Et c’est très accessible. Il y a des articles d’actualité, des synthèses thématiques, des entretiens d’experts, des cartes comparatives, des infographies, des vidéos pédagogiques et une revue de presse quotidienne. Cela nous donnera bien des clés de compréhension pour que chaque citoyen puisse mesurer les enjeux européens et se forger sa propre opinion. Ce site rendra compte régulièrement aussi des consultations citoyennes elles-mêmes.

Pour toute information ou projet d’organiser vous-mêmes une consultation citoyenne : consultations.citoyennes@diplomatie.gouv.fr ;

ou tél : 01 43 17 60 00.

Une aide financière peut même être accordée pour couvrir en partie des frais d’organisation. Alors, n’hésitez pas à soumettre vous-même au ministère des Affaires européennes, si cela vous tente, tout projet. Tout citoyen ou organisation peut candidater. Et il nous a même été précisé que tout projet serait examiné “avec bienveillance”.

Cette vaste opération, à l’échelle d’un continent, devrait permettre de diminuer le fossé qui s’était progressivement creusé entre les citoyens et les instances européennes. Pourtant, l’Europe, je le répète souvent dans mes écrits, ce n’est pas loin ou abstrait, c’est VOUS, c’est NOUS tous ! Les décisions votées par le Parlement européen nous concerne tous, au quotidien : l’interdiction à terme du Glyphosate, les échanges de fichiers de terroristes entre les polices et justices des pays de l’Union, l’harmonisation des coûts des communications téléphoniques dans toute l’UE, le plan européen de sauvetage des abeilles, etc. Sans parler des fonds européens qui ruissellent dans tous nos territoires. Les députés européens votent des textes très concrets, qui nous concernent tous, puisqu’ils sont ensuite repris dans les lois nationales. Leur travail législatif et en commission est considérable. Mais personne n’en parle ! Pire, une récente enquête de la Commission européenne (via l’Eurobaromètre) révèle que les citoyens européens considèrent que leur élection législative nationale est plus importante que l’élection des euro-députés au Parlement européen. S’ils savaient tout ce qui se vote au parlement de Strasbourg, ils changeraient vite d’avis !

Puissent donc ces consultations citoyennes rapprocher les peuples de cette belle aventure européenne depuis soixante ans, qui nous a assuré une paix que l’Europe n’avait jamais connue auparavant aussi longtemps ; et aussi la démocratie, un niveau de vie et un modèle social qu’un très grand nombre de pays de cette planète nous envie (malgré nos imperfections et inégalités!).

Il reste aussi à espérer que les citoyens européens, désormais mieux informés, iront nombreux voter le 26 mai 2019, pour les candidats de leur choix. Et leur vote déterminera non seulement la couleur politique du Président du Parlement européen, mais aussi du président de la Commission européenne.

L’Europe en ce vingt et unième siècle est devant de nombreux défis et enjeux, face à un monde compliqué, voire dangereux. De plus en plus de domaines ne peuvent plus être traités convenablement à l’échelle d’un pays, qu’il s’agisse du dérèglement climatique, des dizaines de millions de réfugiés climatiques qui s’en suivront pour les décennies à venir, de la lutte contre le terrorisme politique, idéologique, religieux, des politiques de défense, de la gestion cruciale de l’eau pour bientôt…9 milliards d’habitants, de la politique migratoire; pour n’en citer que quelques uns..Ces immenses défis ne doivent pas être confisqués par les seuls experts. Il concernent notre vie, voire notre survie. Notre mode de vie aussi, notre modèle social, nos libertés. Ces consultations citoyennes sont une opportunité à saisir pour donner notre avis, et être entendu. Ne la ratons pas !

Prenez donc part au débat, puis votez le 26 mai 2019 pour votre destin et la sauvegarde de vos acquis dans une Europe refondée, forte et protectrice.  Cela en vaut vraiment la peine !

Pour en avoir animé quelques-unes, dans des milieux très divers, l’exercice plaît beaucoup, les citoyens sont ravis d’avoir la parole, et ils ont beaucoup de choses à dire et même à proposer, sans que cela tourne forcément à des discussions “café du commerce” . Si le travail de restitution est sérieux, on pourra en tirer des conclusions utiles à l’échelle du continent. Profitons-en !

Comme disait Churchill, ” la démocratie est le pire des régimes politiques, à l’exception de tous les autres ! “