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Provocateur !

21 février 2009

Il y a quelques jours, j’exprimais ici mes inquiétudes sur le président tchèque de l’Union européenne…. Je ne pensais, hélas, pas si bien dire, six semaines après le début de cette présidence qui s’annonce glorieuse…

La provocation est venue du chef de l’Etat lui-même, le Président de la République, Vaclav KLAUS. Il n’a jamais caché son euroscepticisme, mais sa première sortie, mercredi dernier, au Parlement européen, a démontré, d’entrée de jeu, son europhobie assumée et même son mépris pour la démocratie.

Dénonçant, je cite, « l’intégration européenne toujours plus poussée »,  s’opposant au « transfert de compétences des Etats vers Bruxelles », il estime que « la construction européenne manque de démocratie ». Fermez le ban !

De très bon augure, pour quelqu’un qui est censé représenter et défendre les intérêts de 498 millions d’Européens durant six mois. Que voilà un excellent signal à l’égard du monde ! Les autres puissances – Etats-Unis, Chine, par exemple – y verront un signe de faiblesse, ou au mieux un « vide » géopolitique de l’Europe pour six mois. La voie est libre…

Vaclav Klaus a même été provoquant dans l’enceinte même de la démocratie : « en l’absence d’un « Démos », c’est-à-dire d’un peuple européen, la solution ne passe pas par le renforcement du rôle du Parlement européen ». Je note d’ailleurs au passage, une légère contradiction de ce Monsieur : qu’il envisage, lui, l’éventualité d’un « peuple européen » ne manque pas de sel !

Plus sérieusement, en injuriant ainsi, ce mercredi 18 février, l’institution, par nature, la plus démocratique de l’Union, le Parlement européen, expression directe des peuples européens puisqu’élu au suffrage universel direct depuis 1979, il n’a pas fait une gaffe, il a proféré ces paroles –réitérées d’ailleurs en conférence de presse, après – en toute connaissance de cause.

Il a donc insulté l’Europe à travers son Parlement, qui est le deuxième plus grand Parlement démocratique du monde après celui de l’Inde.

 

Sachez, monsieur Klaus, que la présidence tournante de six mois n’est pas un jeu, ou un théâtre sur la scène duquel vous avez tous les droits, surtout celui de faire la propagande de vos idées que l’on connaît par ailleurs très bien.

Votre devoir est, dans la suite de votre prédécesseur, de prendre le relais et de continuer à faire avancer des dossiers majeurs pour l’avenir de 498 millions d’Européens : environnement, énergie, géopolitique, etc… Faites et dites ce que vous voulez dans votre pays, si votre peuple l’accepte, mais pas à la tribune de l’Europe.

Vous n’êtes pas mandaté pour cela. Contrôlez vous. Six mois, ce sera vite passé. Déjà un mois  et demi de « fait », où vous n’avez d’ailleurs rien fait ! Pour nous, ces 4,5 mois restant vont nous paraître très, très long. Je crains d’ailleurs d’autres dérapages, ou provocations. Espérons aussi qu’il n’y aura pas autant d’imprévus ou de crise que sous la présidence du Président Sarkozy. Car là, on pourrait être inquiet de vos réactions…

 

Les institutions européennes, sans doute trop… démocratiques, ne prévoient aucune sanction, aucune procédure « d‘impeachment » pour quelqu’un qui, non seulement ne va rien faire, mais va tirer contre son camp, à un moment où l’Europe commençait  à émerger sur la scène internationale.

Il va falloir attendre, et subir ! Attendre que le Traité de Lisbonne soit enfin adopté (les sondages actuels sont encourageants) par les Irlandais. Mais on n’en aura pas fini pour autant avec ce Président tchèque pour l’adoption de ce Traité. Les députés tchèques viennent, certes de l’adopter, mais il doit  encore être voté par le Sénat, puis surtout… ratifié par le Président de la République ! … Osera-t-il, sous « sa » présidence de l’Union, aller jusqu’à cette ultime provocation de ne pas le signer ? Jusqu’à ce mercredi 18 février, j’étais optimiste. Je le suis beaucoup moins. Avec cynisme, il a refusé de dire, en conférence de presse, s’il le signera, se permettant même d’ajouter, je cite : « j’ai toujours dit que les joueurs d’échecs ne doivent jamais annoncer leur prochain mouvement ». Encore une provocation !

 

Quelque soient ses imperfections, je suis de plus en plus favorable à ce Traité de Lisbonne, qui, justement, supprimera les présidences tournantes de 6 mois pour élire un Président de l’UE pour 2,5 ans. Après avoir eu le meilleur au second semestre 2008, sans  chauvinisme, (l’appréciation de la présidence française est d’ailleurs bien meilleure pour nos voisins européens qu’en France !), nous aurons peut être le pire ce premier semestre 2009…

 La seule « sanction » qu’a eu l’actuel président de l’UE est que beaucoup de députés n’ont pas hésité à quitter l’hémicycle du Parlement dès qu’il a proféré ces propos (du jamais vu !)

Le mot de la fin sera au moins revenu au Président du Parlement, Hans Gert PÖTTERING : « votre discours dans l’hémicycle démontre le fonctionnement démocratique des 27 pays » !

Le plus navrant est que les élections européennes auront lieu sous sa présidence (le 7 juin prochain). A un moment crucial pour l’avenir de l’Europe, car ces élections doivent être l’occasion de grands débats sur les enjeux et la finalité de l’Europe.

Chaque pays les organisera, mais on sait d’ores et déjà sur qui on ne pourra pas compter au niveau européen…