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Sommet de Copenhague: la montagne a accouché d’une souris…

20 décembre 2009

Certains avaient rebaptisé le Sommet de Copenhague en Sommet de « Hopenhague ». Bravo pour le jeu de mot, mais pour « l’espoir », ils repasseront.

L’espoir est fini. Du moins pour  cette fois. Car, il faudra bien, encore et encore, recommencer à se réunir, à discuter. La planète attend. Ses habitants aussi… Il faudra recommencer, mais avec, peut-être, moins de « tapage » politico-médiatique. Les meilleures négociations sont souvent discrètes.

Pour l’heure, il faut donc se contenter du minimum obtenu : un accord sur l’engagement de ne pas accentuer de plus de 2 degrés le réchauffement climatique. Un accord signé, certes, par un grand nombre de pays, même si dès le lendemain, plusieurs pays du sud l’ont déjà récusé.. Mais un accord qui n’a aucune force juridique contraignante, donc personne ne pourra rien imposer à personne. Il a une « force morale », mais on sait ce que pèse la morale dans les relations internationales. Bref, les égoïsmes nationaux l’ont encore emporté sur l’évidence : la nécessaire solidarité environnementale si l’on veut que les 6,5 milliards d’habitants de la planète Terre aient une vie convenable, ainsi que leurs descendants. Une fois encore, les calculs mesquins, les comptabilités radines ont pris le dessus sur l’Homme, et la survie de l’espèce.

C’est effarant, mais c’est comme ça. Sur ce sujet au moins, on aurait pu penser que les dirigeants de la planète auraient réussi une sorte de gouvernance mondiale, vu sa gravité, son urgence et le fait que pas un continent, pas un être vivant n’échappera au réchauffement climatique et à ses conséquences redoutables pour l’humanité.

Au contraire, on a assisté à un éparpillement des idées et des solutions, et à une fracture évidente entre le sud et le nord, entre pays riches et pays pauvres, entre les pays émergents et tous les autres.

Les uns (USA, Europe) reprochent aux autres (Chine, Inde…) de  commencer à trop polluer par leurs rejets massifs de gaz à effet de serre. Les autres  (Chine, Inde…)  demandent aux uns de … balayer devant leurs portes, car ils ont pollué sans vergogne depuis le début de l’ère industrielle, sans se préoccuper des autres !  L’Afrique, elle, n’a pas les moyens financiers et techniques des efforts qu’on lui réclame. On tourne donc en rond, et la planète (malgré quelques frimas actuels) continuera à se réchauffer.

Et la gouvernance européenne ? Toujours pas ? Même sur « ce » sujet ? Pourtant l’Europe aurait tout intérêt à faire bloc, fort de son poids démographique (500 millions d’habitants) et économique (1ère puissance). Fort aussi de sa légitimité. Car c’est quand même l’Europe qui est en pointe sur les politiques environnementales, en pointe sur le reste du monde. L’Union européenne émet moins de 14% des gaz à effet de serre dans le monde. Qui dit mieux, parmi les pays développés ?

Malgré les efforts réels et constants de Nicolas Sarkozy, voire de Gordon Brown, on n’a pas entendu l’Europe parler d’un seul bloc, face ou avec Barak Obama. La France était tout le temps en pointe, pas toute l’Europe. La France était prête à proposer 30% de réduction des gaz à effet de serre, les autres Européens plutôt 20%. Quant à Obama, il s’est engagé pour… 4% de réduction ! Ridicule ! Pas de quoi se féliciter d’un « succès » comme il l’a dit ! Il faut dire, à sa décharge, qu’Obama ne décide pas seul. C’est le Congrès (les 2 Chambres) qui décide de tout : du budget, de faire la guerre, ou de la politique climatique. On a du mal en France à comprendre ce système très démocratique où le Parlement a le dernier mot…

On a plutôt vu deux géants s’affirmer même s’ils étaient, ici, parfois divisés : les Etats-Unis et la Chine, bien sûr. Sur ce sujet comme tant d’autres : monnaies, réserves de change, accords commerciaux. Ces deux là se « tiennent » mutuellement, dans une relation gagnant-gagnant.
J’ai vraiment ressenti comme un malaise à ce Sommet de Copenhague : la vertueuse Europe n’était pas la première. C’est navrant…

L’Amérique a proposé 4% ; la Chine a tout refusé pour ne pas freiner sa croissance; l’Europe a plié. Le tandem « USA-Chine » domine avant de devenir le tandem… « Chine-USA ». Ce qui reviendra au même pour l’Europe ! …

Tant que l’Europe ne parlera pas d’une seule voix, chacun des Etats-nations, fussent-ils les plus grands, ne pèsera pas lourd dans les instances internationales. Le « gag » est qu’on a ni vu, ni entendu monsieur Van Rompuy, ou madame Catherine Ashton, censés être aux commandes de l’Europe. Seul monsieur Barroso a émis quelques vœux pieux. Ce sommet de Copenhague a même pleinement confirmé ce que l’on craignait depuis quelques mois : Barak Obama, le « champion » adulé des Européens, ne s’intéresse guère à l’Europe. Il s’intéresse à son pays, à l’Asie et au Pacifique. Et là, c’est dramatique pour l’Europe surtout si elle reste morcelée par des puissances régionales  tantôt unies, tantôt divisées. Si nos chers Etats-nations ne font pas le dernier effort de s’organiser vers une forme de supra-nationalité pour les questions clés, telles que le climat, l’énergie, les migrations ou le système monétaire international, on est fichu d’ici dix ans ou quinze ans, lorsque la Chine et l’Inde piloteront le monde avec, peut-être encore, les USA. Il ne nous reste plus beaucoup de temps pour réagir, nous Européens. Mais les nations d’Europe accepteront-elles de perdre leur pouvoir illusoire au profit de l’intérêt général communautaire? Copenhague a confirmé le poids chinois, avant les USA. Ce constat était encore impensable il y a dix ans !

A travers cet échec, puissent les peuples européens prendre conscience du problème. 100.000 personnes défilaient à Copenhague. Ils n’avaient pas tous leur carte de Greenpeace. Il faudra bien que toutes les couches de la population se saisissent de cette question environnementale.

Car on entend trop, ici ou là, des réflexions du genre : « après moi le déluge », ou « est-ce si grave que cela, un réchauffement de 1 ou 2 degrés ? ». Voire : « il a-t-il vraiment réchauffement ? ». Ou encore : « l’homme en est-il vraiment responsable ? ».

Sans compter quelques scientifiques de renom (certes très minoritaires) qui nient soit la seule responsabilité de l’homme, soit le fait que les conséquences du réchauffement seront catastrophiques (manque croissant d’eau potable, destruction des écosystèmes, air irrespirable, montée des mers, etc…). Il en faut toujours qui nient les évidences ou qui s’en moquent car cela n’affecte pas leur quiétude ou leur carrière à court terme.

Il y a quelques années l’ancien Président de la République Jacques Chirac avait eu cette belle formule à la tribune de l’ONU « : la maison brûle, mais nous regardons ailleurs ».Depuis, la planète continue inexorablement de se consumer, et on retarde encore les politiques à mener. Pourtant, on sait ce qu’il faut faire. Y compris dans nos gestes quotidiens : lampes basses tensions, économies d’eau, voitures moins polluantes (en attendant les tout-électrique), transports en commun. Combien d’entre nous font, au moins, cela ?

Je rappellerai ici la sublime phrase du grand poète Antoine de Saint Exupéry dans le « Petit Prince » : « Nous ne possédons pas la terre de nos parents, et nous l’empruntons à nos enfants ».

 

Joyeux Noël à tous !