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LA TURQUIE, UN PAS DE PLUS VERS L’EUROPE

25 septembre 2010

Il y a quelques jours, les Turcs se sont prononcés, par référendum, sur la réforme de leur Constitution. Et ce fut un Oui à 58%. Le score est net et sans appel. Et il est au bénéfice, presque exclusif, du Premier Ministre Erdogan.

Que faut-il voir derrière ce référendum ?

D’abord, et avant tout, une modernisation de la Constitution. La loi fondamentale, en vigueur en Turquie datait de 1982. Elle fut rédigée deux ans seulement après le coup d’état militaire de septembre 1980. Et même si le pays s’est engagé dans la voie de la démocratisation, une constitution née sur les fonds baptismaux d’un putsch faisait un peu tache, pour l’image de la Turquie. Ce référendum veut donc effacer les dernières traces du passé militaire et violent du pays. La réforme prévoit donc que, désormais les militaires seront jugés par des juridictions civiles, y compris les personnes accusées de crimes contre l’Etat. Y compris, aussi, les auteurs du putsch de septembre 1980. Et puis, la Turquie s’est mise en conformité avec la Charte des Droits fondamentaux de l’Union européenne.

Sur un plan plus politique, cette réforme rogne l’indépendance de l’armée. Or, l’armée a toujours veillé au respect de la laïcité et à la défense de l’héritage kémaliste. L’armée moins omniprésente et omnisciente, c’est le Parlement qui gagne en puissance. Il faudra néanmoins, rester vigilant sur la défense de la laïcité dans le pays, d’autant que l’AKP, parti religieux au pouvoir, pourrait dériver sur une application stricte de la charia.

Mais cette importante réforme a une conséquence plus grande encore.

Car de toute évidence, cette réforme constitutionnelle permet à la Turquie de marquer un point capital dans sa marche inexorable vers l’adhésion à l’Union européenne. D’ailleurs le Premier Ministre Erdogan a centré la campagne électorale sur ce thème : « la réforme est un passeport pour l’UE », a-t-il martelé. Le message est donc clair.

Alors la Turquie dans l’UE, c’est pour quand ? La date n’est pas encore fixée. Mais, ne faisons pas l’autruche, la Turquie est dans les tuyaux, elle y est plutôt bien. La Commission européenne ouvre les chapitres d’adhésion les uns après les autres. Les aides financières de pré-adhésion affluent sur la Turquie. Inexorablement, les choses avancent, lentement mais sûrement. En dépit des positions officielles de l’Allemagne et de la France qui affirment péremptoirement, du moins à leur population, que « la Turquie ne rentrera jamais ». Jâa-mais !

J’en suis de moins en moins convaincu, car les postures sont beaucoup plus consensuelles dans les instances communautaires. Et la décision sera prise à 27 pays. La preuve ? En France, Jacques Chirac avait inscrit dans la constitution française, l’obligation de consulter le peuple pour toute adhésion nouvelle. Nicolas Sarkozy s’est empressé de modifier cela en possibilité, et plus en obligation. Nuance ! La Turquie rentrera tôt ou tard, car trop de pays européen, et les Etats-Unis aussi, le veulent. Pour des raisons économiques, mais aussi géostratégiques et géopolitiques.
Alors, svp, arrêtons de nous mentir !