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la première guerre mondiale s’est terminée … il y a un mois !!

24 novembre 2010

Non, Hibernatus ne s’est pas réveillé d’un long sommeil de 92 ans. Jeudi 11 novembre, nous commémorions la fin des hostilités de la première guerre mondiale. Un armistice, le 11 novembre 1918, suivi d’un traité de paix, le très fameux Traité de Versailles, avec ses articles 231 et 232 sur le paiement des réparations que l’Allemagne doit payer à ses vainqueurs, au titre de sa responsabilité. Doit, verbe à entendre comme un devoir absolu et qui ne souffre pas de dérogations, et que l’on doit comprendre comme… une dette, indélébile celle-là !

Mais que s’est-il passé ce 3 octobre 2010 ?

L’Allemagne a fini de payer les intérêts des emprunts contractés pour rembourser, aux alliés, cette fameuse dette des réparations de la guerre 14-18. Oui, l’Allemagne a soldé son compte, et vient de clore, le chapitre de la première guerre mondiale. Inouï. Qui l’eût cru ?

Explications.

L’Allemagne a emprunté sur les marchés financiers dans les années 20, de quoi payer ces réparations. Les réparations de guerre, en tant que telles, cessent d’être payées, à partir de 1933, sur décision unilatérale d’Hitler. Mais l’Allemagne a, cette fois, une dette envers les marchés financiers. Et à partir de 1953, elle recommence à rembourser, non pas la dette de guerre, mais les emprunts faits sur le marché dans les années 20. Elle termine ce remboursement en 1983. Mais il lui reste encore autre chose à rembourser, cette fois les intérêts des emprunts. Et c’est ce qui vient enfin d’être soldé au mois d’octobre 2010. Dont acte.

Mais je ne puis m’empêcher de croiser cette chronologie des relations internationales avec une autre chronologie. 1950 : la déclaration Schuman appelle à la réconciliation franco-allemande et à l’intégration de l’Allemagne dans le concert des nations européennes. 1957, le Traité de Rome est signé, et l’Europe économique et politique commence sa construction, avec l’Allemagne bien sûr.

Depuis, l’Allemagne n’a jamais cessé d’être le pays le plus vertueux de tous les pays européens. C’est le pays qui a accepté de sacrifier la meilleure monnaie, le Mark, sur l’autel de l’union et de l’euro. Et pourtant, à cette nation, il n’a pas été fait grâce de la dette de la première guerre mondiale. Incroyable, mais vrai !

Comment pense-t-on pouvoir construire une Europe unie lorsque l’on refuse d’effacer l’ardoise de son leader ? Lorsque l’on rappelle, à son voisin de table, de façon certes insidieuse, qu’il fut notre grand ennemi d’hier ?

L’Allemagne a payé seule sa réunification. Elle a payé, seule, sa dette de guerre. On comprend mieux ses exigences en matière de probité économique et financière. Vous l’avez compris, cette affaire me choque profondément.
Partout dans le monde, on a effacé les dettes, partiellement ou totalement, de pays corrompus jusqu’à l’os, parfois aussi dictatoriaux, en Amérique latine, en Asie ou en Afrique.

Alors pourquoi a-t-on laissé payé l’Allemagne, jusqu’au dernier mark, jusqu’au dernier euro ? C’est maladroit, et mesquin. La France, tout particulièrement, aurait pu, aurait dû faire un geste ! Je revois l’image émouvante d’un Kohl et d’un Mitterrand, la main dans la main à Verdun, et la larme à l’œil. Et pendant ce temps là, l’Allemagne payait, chaque année, sa dette, soldant son crime, certes énorme, devant l’Histoire.

La France a oublié les années 70 et 80 où l’Allemagne sauvait notre Franc français bien malade en le renflouant à coup de centaines de millions de Marks ! L’Allemagne n’a jamais réclamé d’intérêts à la France…

La première guerre mondiale s’est donc terminée, officiellement, le 3 octobre dernier. Si le devoir de mémoire est nécessaire, il faudrait arriver, aussi un jour, à cesser de commémorer la victoire de certains Européens sur d’autres Européens, et passer, enfin, à une commémoration européenne d’avenir. Et pourquoi ne pas, passer du 8 mai (un autre armistice) au 9 mai, la Fête de l’Europe qui rend hommage à la déclaration de Robert Schuman. Une journée pour se retrouver, plutôt que pour rappeler la haine. L’Europe se fait aussi sur de petits signes, à défaut de grands symboles ! Ayons du courage et arrêtons ces relations ambigües, voire schizophréniques. On a trop besoin d’union.