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Avec la crise du Portugal, en route pour une gouvernance économique, et vite!

07 avril 2011

Le sommet européen des 24 et 25 mars dernier s’est penché, une fois de plus, sur les difficultés financières de quelques Etats membres « cigales ». Après la Grèce et ses déboires, voilà le cas du Portugal, et sa crise, tant économique que politique.

On sait bien que la solidarité économique entre les Etats membres a un coût : celui d’appliquer des plans drastiques de redressement pour assainir ses finances. Cela s’appelle des politiques d’austérité, ou de rigueur, forcément impopulaire.

Le premier ministre José Socrates vient d’en faire les frais, en étant forcé de démissionner. Est-ce la solution ? Sans engagement portugais à réduire ses dettes, pas d’aide. Sans aide, pas de sauvetage. Et sans sauvetage, le pays peut tomber en faillite. Et le FMI le sauvera avec un plan encore plus drastique ! On n’en sort pas. Le Portugal rejoint ainsi la Grèce dans le camp des pays au bord de la crise… de nerfs !

Je me souviens qu’en décembre 2010, j’avais prédit que le Portugal serait en grande difficulté sous 3 mois. J’avoue que le m’étais trompé… d’un mois !

Les dettes publiques, toujours ces dettes qui plombent les Etats, qui ploient sous le joug de remboursement coûteux. La note du Portugal, et c’est malheureusement logique, vient d’être dégradée en « BBB », ce qui surenchérit d’autant le coût de son crédit… Heureusement, étant dans la zone euro, le Portugal bénéficiera pleinement de la solidarité financière européenne et, si besoin, du complément FMI. Et les prêts accordés seront à des taux « amis ». L’Europe, au moins, a bien progressé en quelques mois sur l’assistance financière automatique, de sorte qu’aucun pays ne s’écroulera. C’est déjà ça, et ce n’est pas rien !

Encore faut-il que les peuples concernés aient bien compris le pourquoi et le comment de ces mesures d’austérité, l’alpha et l’oméga de ces « potions magiques ». Lorsque le peuple sent que le remède est pire que le mal, il se révolte. A-t-il une alternative ? Pas vraiment, mais… c’est égal !

José Socrates a démissionné au pire moment économique du Portugal.

- il ne rend pas service à son pays : gare à la surenchère nationaliste, au repli identitaire. Le Portugal, rentré dans l’Union en 1986, a longtemps été un modèle d’intégration et de progrès pour l’Europe, après la dictature salazariste. Même après son entrée dans l’euro en 1999, sa loyauté à l’égard du fameux « pacte de stabilité » fut exemplaire. Des grands pays ne peuvent en dire autant. Comme tous les autres pays, il a besoin de l’Europe, et de rester dans l’euro. Or la constitution portugaise interdit à un gouvernement démissionnaire de demander officiellement de l’aide internationale. Et il a besoin de 75 millions d’euros pour payer ses dettes !

- il ne rend pas service à l’UE ,car il envoie un signal négatif aux marchés qui notent les pays à qui ils doivent (ou vont) prêter : pays ruiné, mais de surcroît instable politiquement. Pas bon ! D’où une note aussitôt dégradée (triple B) ce qui entrainera des taux d’intérêt plus élevés. L’engrenage infernal. Gare à la théorie des dominos !… Il envoie aussi un signal négatif aux autres pays cigales. Du genre : « je ne maîtrise plus mes dettes donc je m’en vais ». Après moi le déluge. Gare aux imitations !

Le Portugal sera le 3ème pays sauvé de la zone euro. Il recevra sans doute un peu moins que l’Irlande (85 millions), et surtout la Grèce (110 millions). Parce qu’il est, somme toute, moins malade, et plus sérieux.

Le gouvernement ne méritait pas de tomber.

Le Portugal est un pays qui a bien reçu, mais bien donné aussi à l’Europe. Il est temps qu’on s’en souvienne, et qu’on le juge digne de la famille européenne.

Les marchés, par nature spéculateurs, doivent voir une solidarité sans faille du Conseil européen, sinon ils continueront à nous « tester » et à s’engouffrer dans les brèches et abysses du déficit budgétaire des Etats malades.

Le Portugal est le dernier rempart avant les « gros poissons » : l’Espagne… puis la France ? Qui vivra verra.