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Crise économique de la zone euro. L’Europe à la croisée des chemins: fédéralisme ou dislocation

20 juillet 2011

La crise des dettes souveraines, voire la crise tout court depuis 2008 (économique, financière, sociale) a révélé un peu plus ce dont on se doutait depuis longtemps : l’Union Monétaire ne suffit pas, surtout par gros temps. Il faut l’Union Economique et Monétaire, puis aller le plus vite possible vers l’Union politique. Bref, passer de l’UM à l’UEM, pour aboutir à « l’UP ». Donc, le fédéralisme, terme peut être moins tabou (merci la crise) mais encore largement iconoclaste auprès de nos compatriotes. Les concepteurs de l’euro savaient que l’euro n’était que la première étape d’un long processus d’intégration. Et ils l’avaient bien expliqué aux Politiques des années 1990. Mais leurs successeurs ont fait la sourde oreille, et ont préféré pratiquer la « méthode Coué ». Une fois l’euro créé, en 1999, ils ont cru que les « régulations » économiques entre les pays de la zone euro allaient se faire « automatiquement ». Pire, ils ont profité de l’euro pour dépenser à tout va, sans investissement d’avenir. Aujourd’hui, endettés jusqu’à l’os, ils colmatent, rusent, tergiversent. Idiot, et dangereux. L’euro est une monnaie exigeante, qui se mérite ! Elle exige rigueur et solidarité. La plupart des dirigeants ont profité de l’euro, de sa stabilité, de son rôle de bouclier.

« Les » crises ont révélé aussi que l’euro, cette réussite exemplaire était tellement une monnaie forte, solide, efficace, qu’elle en devenait presque inadaptée pour des économies fragiles, faibles et à faible convergence économique et budgétaire (= les pays périphériques ou du « Club Med ») avec les pays forts, rigoureux et performants.

Bref, l’euro est tellement brillant (1,45 contre $) qu’il en devient un problème (pour les petits pays d’abord). L’euro est un anesthésiant. Le « malade » ne le sait pas, car il n’a pas besoin de dévaluer. Il vit à crédit très longtemps. Mais un jour, il doit quand même rembourser… les ennuis commencent s’il n’a rien à vendre ! …

Alors que faire ?

- exclure les faibles ? Ce ne serait pas un problème économique, mais un problème moral et politique. L’Europe se diviserait. Alors qu’un Etat fédéral protégerait les faibles ;

- échelonner les dettes ? La BCE est contre car ce serait un mauvais signal envoyé aux prêteurs, mais ce sera peut-être nécessaire.

- les aider davantage ? Oui, mais qui ? Le contribuable ou les banques ? Bref, le public ou le privé ?

- les forcer à devenir efficaces et rigoureux ? Indispensable. Ils n’ont pas le choix.

- les deux à la fois ? Sans aucun doute.

Et que répliquer aux extrémistes politiques (et économistes) qui prônent un retrait de l’euro ? Pure folie et démagogie. On se doit de les combattre par des faits, des chiffres incontestables. Ils ont tort, et sont des démago-populistes. Car l’euro est une réussite exemplaire, la deuxième monnaie du monde : 27% des réserves mondiales de change, et ce n’est pas fini ! Car tout le monde veut de l’euro, pays riches comme pays émergents. L’euro a créé 9 millions d’emplois net dans la zone euro de 1999 à 2010 ! (plus que de 1990 à 1999 : 7,1 millions nets) + la stabilité des prix (environ 2%) + un taux d’intérêt incroyablement bas + la simplification (plus de frais de change, d’attente aux frontières pour les routiers, etc). L’Euro est aussi un élément identitaire européen (312 millions d’Européens partagent la même monnaie).

I – la crise grecque et ses conséquences

a) La situation en Grèce

Fin 2011, la dette publique grecque atteindra 350 milliards d’euros, soit 150% de son PIB, 3,7% du PIB de la zone euro, et 2,4% du PIB de l’UE. C’est beaucoup pour ce pays qui ne produit pas grand-chose. Mais c’est marginal par rapport à la puissance économique de l’Europe. La dette publique de la France est à 1.600 milliards, et celle de l’Autriche à 210 milliards. Par comparaison, au Japon, la dette représente 200% de son PIB (soit 8.000 milliards de dollars). Mais ce n’est pas trop un problème car le Japon finance ses prêts à 2% seulement, sa dette est nationale. La dette des Etats-Unis est à … 14.400 milliards de dollars, soit 10.000 milliards d’euros.

Donc pas catastrophique pour l’Europe, car il n’y aura pas d’effet « domino ». Mais catastrophique pour la Grèce, car il n’y a pas de solution. Si on annule la dette grecque, ce sera la colère des opinions publiques européennes, (car les banques et les contribuables devraient payer) et la perte de confiance dans la conduite des politiques européennes par les marchés et les agences.

Le problème grec est un problème de croissance, d’économie, de production. Que fabriquent les Grecs ? Rien ! Ils vivent avec l’argent de Bruxelles : les fonds structurels européens représentent 3.000 € par foyer et par an depuis 30 ans. Ils vivaient de l’assistanat total. Au total, la Grèce a reçu 46 milliards d’euro de fonds européens depuis 2000. Depuis 30 ans, ils ont fait des investissements de confort, et pas de production… Et ils ont maquillé les chiffres.

Il faut une révolution économique et même culturelle profonde, sérieuse.

L’Eglise n’est pas séparée de l’Etat. Or elle dispose d’un capital immobilier énorme, qui résorberait leur dette, s’il était vendu. Il faudrait faire un cadastre immobilier (qui n’existe pas) et faire payer des impôts sur les immeubles. L’Etat grec ne sait même pas ce qu’il possède. Il n’y a pas d’économie structurée et diversifiée (la Grèce exporte de l’huile d’olive, mais pas de machines outils). Fraude fiscale massive : système D, corruption (énorme) et, travail au noir. 15% de la population est fonctionnaire, et a deux jobs (fonctionnaire jusqu’à 16h, puis chauffeur de taxi). Il faudrait restructurer l’économie, investir dans la recherche, l’innovation.

La solution : plus travailler, plus produire, pour trouver des recettes.

Le déficit budgétaire a quand même été réduit : 9,4% en 2010 contre 15,4% en 2009. Les prévisions pour 2011 se situent autour de 7,5%. La dette, elle, continue à s’alourdir : 126,8% de son PIB en 2009 ; 143% en 2010 ; prévision de 153% en 2011… Le cauchemar. Et 3ème année consécutive de récession.

Résultat : notation « CCC » pour la Grèce par les agences de notation. (pour le Portugal, l’agence Moody’s a dégradé la note en BBB-). Donc le crédit sera plus cher… C’est logique.

b) L’aide apportée à la Grèce.

Un premier prêt communautaire de 110 milliards d’euro, en mai 2010. Mais au bout de 5 mois, la Grèce ne satisfaisait pas aux exigences du plan de rigueur. D’où de nouvelles dégradations de sa notation (CCC).

Si la Grèce sort de l’euro, ce sera dramatique… pour les Grecs : inflation importée, massive, avec un drachme qui sera très faible par rapport à l’euro. Sa dette sera donc plus chère à rembourser. Mais ce sera aussi un très mauvais signal politique au monde sur la désunion européenne. Ce n’est pas le moment.

Restructurer devrait coûter 100 milliards par an, pas plus.

L’Allemagne exige que les créanciers privés (les banques, les assurances) participent à l’effort de rééchelonnement de la dette grecque. Sinon ce serait les Etats, donc les contribuables européens. La BCE, gardienne de l’orthodoxie monétaire (stabilité des prix et crédibilité de l’euro) ne veut pas en entendre parler, arguant du risque de contagion.

Il y a une initiative française : les banques françaises et le Trésor se sont mis d’accord sur une proposition ouvrant la possibilité de réinvestir 70% seulement des sommes reçues lors des arrivées à échéance des emprunts grecs. Sur ce montant, 50% seraient alloués à de nouveaux prêts émis sur une période de 30 ans (et non 5 ans). Les 20% restant seraient placés sur des titres à coupons faibles, potentiellement adossés à des obligations du Fonds de stabilité européen. Le président de la Fédération allemande des banques privées, Michael Kemmer, a assuré que les banques apporteraient leur contribution à une nouvelle aide des pays de la zone euro à la Grèce. Vous voyez bien qu’on va les aider !

Les banques allemandes détiennent près de 10 milliards d’euro d’obligations de l’Etat grec en portefeuille. Les banques françaises détiennent, de leur côté, 15 milliards d’euro de dette souveraine grecque. Elles veulent donc récupérer leur mise, au moins une partie.

Bref, personne n’aide la Grèce pour la beauté du Parthénon, mais par intérêt (sans jeu de mot).

c) La meilleure solution pour la Grèce ?

La question qui préoccupe tout le monde (l’Eurogroupe, la BCE, les marchés, les agences) est simple : la Grèce pourra-t-elle rembourser ? Ou faire défaut ?

L’option restructuration de la dette : en mars 2011, les dirigeants européens ont décidé d’assouplir les conditions de l’aide financière accordée à Athènes en mai 2010. Le taux d’intérêt a été réduit, et la durée des prêts consentis à été rallongée afin de donner plus de temps à la Grèce pour rétablir sa situation, mieux la « digérer ».

Si l’idée d’un défaut de paiement de la Grèce inquiète tant les dirigeants européens, ce n’est pas tant le montant de la dette grecque (elle représente 700€ par habitant de l’UE), mais c’est en raison du risque de contagion qu’il ferait courir aux autres pays vulnérables de la zone euro (Irlande et Portugal, voire Espagne et Italie). Pour l’avenir, Athènes ne procèderait pas à un défaut de paiement unilatéral, mais à une restructuration négociée qui lui permettrait d’obtenir un allongement des délais de paiement et une baisse des taux d’intérêt. L’Europe, sans le dire, semble se préparer à ce scénario en ayant d’ores et déjà accepté de rééchelonner les crédits accordés à Athènes. Mais la BCE est contre. L’Allemagne aussi… Pour Klaus Regling, le président du Fonds européen de stabilité financière, « la restructuration de la dette souveraine grecque ne doit être envisagée qu’en dernier recours ». Eh bien, ils attendront donc le « dernier recours ».

II – l’Europe au pied du mur. Que peut-elle faire ? Que doit-elle faire ?

Il n’y a pas trente six solutions. Il nous faut, d’urgence, plus d’Europe, et pas moins d’Europe ! Une Europe sans pilote, est une Europe qui ne sait pas où elle va. Et une Europe qui ne sait pas où elle va, n’avance plus. Et qui n’avance pas, recule, ou tombe, comme sur un vélo… Sincèrement, la monnaie unique est une profonde réussite, exemplaire. Et pourtant, on la critique. C’est profondément injuste. Malgré tout ce qu’on entend, une large majorité d’Européens veulent quand même la garder. Car chacun comprend que l’euro nous protège, surtout en temps de crise.

a) Et si on parlait du fédéralisme

L’euro, après la CECA, est la seule création supranationale, et qui fonctionne sur un mode fédéral (autorités monétaires centralisées et indépendantes). L’euro n’a pas seulement été créé pour compléter le marché unique, mais aussi pour doter l’UE d’une devise solide et crédible, débouchant sur des réserves de change mondiales, et donnant à l’UE une force géopolitique grâce à une monnaie mondiale.

A réaliser, et vite : Harmonisation fiscale et sociale, eurobounds, dette européenne mutualisée et budget européen. Il faut à présent avoir le courage de faire ce saut fédéral, ce qui était, d’ailleurs, prévu après la naissance de l’euro…

Mais les opinions publiques ne comprennent pas cela, à cause du « conditionnement » politique et médiatique en faveur de « l’Etat-Nation ». On fait croire aux gens que les solutions sont nationales, que les dirigeants ont une vision, un projet, etc. Il n’en est rien, hélas : ils suivent le mouvement plus qu’ils ne le précèdent, et, en temps de crise, ils sont totalement incapables d’avoir la moindre idée, ils gèrent au jour le jour, au gré de leur côte de sondage. Ce sont les bailleurs de fonds et les prêteurs qui mènent le bal, face à des dirigeants divisés, donc impuissants. Elections après élections en Europe, les sortants sont… sortis. Ils n’ont pas encore compris qu’ils doivent s’unir et être solidaires pour sortir de la crise et relancer l’Europe. Faudra-t-il donc renouveler totalement cette génération actuelle d’eurosceptiques, voire de souverainistes étriqués ?

En un an et demi, on a un peu avancé vers le fédéralisme économique (la solidarité financière). Mais cela ne suffit absolument pas. Le problème est bien qu’il n’y a pas de gouvernance économique européenne. On est dans le marchandage permanent entre les « grands » Etats, jaloux de leur pré-carré national. Et le drame est, qu’au moment justement où on est passé au fédéralisme monétaire (1999), et où on pensait que cela allait déboucher sur un fédéralisme économique, puis politique, est arrivée cette génération d’eurosceptiques qui ont contaminé, hélas, les opinions publiques, de plus en plus radicalement hostiles à l’Europe.

Ou bien il y a un sursaut vers cette nécessaire gouvernance, ou bien tout explose, et on perd tout ! C’est injuste, car encore une fois, le problème grec n’est pas si grave que cela, et ne devrait pas entrainer des délires verbaux tels que l’annonce récurrente « de la fin de l’euro ». Absurde, pour une monnaie qui, douze ans après sa naissance, côte toujours bien plus que sa cotation initiale. Ce qui n’arrive à aucune autre monnaie mondiale !

La seule solution, si les gouvernements ne veulent pas tomber les uns après les autres, en tergiversant et en faisant des politiques de « rustine » pour la Grèce ou autres, c’est donc d’aller plus loin vers le fédéralisme budgétaire et économique : un vrai fonds européen, donc un budget européen (et pas 1% du PIB), et un vrai ministre européen de l’économie et des finances, une fiscalité convergente, des salaires moyens décents, etc. etc.

b) Une dette commune

Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, et Julio Tremonti, ministre des finances italien ont fait la proposition suivante : que l’Europe s’intègre davantage, en mutualisant 40% de la dette des Etats. Ce serait un bon début.

Une dette souveraine commune, avec garantie conjointe et solidaire entre Etats, est le seul moyen d’éviter l’implosion de la zone euro, si la contagion dépassait la Grèce, l’Irlande et le Portugal (qui ne font à eux trois que 6% du PIB européen !). Elle est le seul moyen d’éviter un arrêt brutal du financement d’un pays en crise.

Quand la crise est devenu aigüe, les investisseurs (par exemple la BCE, la Chine…) ont acheté de la dette publique et privée de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande, par peur du défaut. Les ménages et les entreprises grecs, eux, ont fait migrer leur épargne vers des banques allemandes ou françaises. Depuis, seuls des financements publics (UE / BCE / FMI) compensent les effets de ce tsunami. Seule une dette publique commune peut nous prémunir contre ce risque d’enchaînement infernal.

Il est devenu évident qu’1 € sur une banque grecque n’est plus égal à 1 € déposé sur une banque allemande. Sans dette commune, il est illusoire de garder des banques et des systèmes financiers dans des pays fragiles et économiquement divergents. Et il devient donc difficile de conserver ces pays fragiles dans la zone euro.

Les pays en crise du Sud de l’Europe ne pourront pas restructurer leur économie, augmenter leur compétitivité par une dévaluation interne (baisse des salaires et des prix), et réduire drastiquement leurs déficits, tout en payant des taux d’intérêt élevés. Sans dette commune, il est impossible pour les pays en crise de se réformer et, en même temps, de contenir leur dette.

Tous les scénarios convergent : il faut mutualiser et fédérer les dettes « souveraines » comme l’on fit en 1999 une monnaie « fédérale ». Il serait temps que nos gouvernements européens aient ce courage.

c) Un ministre européen des finances

C’est la proposition faite par Jean-Claude Trichet à Aix la Chapelle, lors de la remise du prix Charlemagne, dont il est le lauréat pour 2011.

Le commissaire européen, Michel Barnier, avait également suggéré cette solution à la Commission européenne.

Cela donnerait une vraie ligne politique, convergente, avec des moyens budgétaires conséquents pour avoir des politiques économiques de croissance offensives, volontaristes, seules capables de relancer la machine et de créer des emplois, sans dumping fiscal et social entre Etats. Il faut définitivement rassurer les marchés financiers qui mènent le bal en « testant » les maillons faibles, et en se jouant d’une Europe multicéphale, donc inerte.

Donc, ou bien l’Europe se délite (les grands continuent à se faire concurrence les uns contre les autres), ou bien elle a le courage politique d’aller enfin vers le fédéralisme, déjà amorcé avec la monnaie unique, puis cette année, avec le Mécanisme Européen Financier (MEF), le Fonds européen de stabilité financière ( FESF)et le « semestre européen » qui contrôlera, un peu, désormais les budgets nationaux avant leur vote. C’est un début.

d) Une agence européenne de notation

Une des critiques contre les agences privées qui dominent actuellement le marché est leur modèle intrinsèque de notation, ainsi que l’existence de conflits d’intérêts lorsque les émetteurs payent eux-mêmes pour obtenir leur rating.

Ceci dit, il faut bien que tout prêteur évalue la solvabilité de l’emprunteur.

D’où le plan allemand du Président de la Deutsche Bank, Joseph Ackerman, relayé par le commissaire européen Michel Barnier : la création d’une Agence de notation européenne, qui ne soit pas financée par les émetteurs, mais uniquement par les investisseurs sur les marchés.

La Chine vient de se doter aussi de sa première agence de notation (Dagong). Mais est-elle vraiment indépendante et objective ?

e) Le nouveau président de la BCE

L’Italien, Mario Draghi, succèdera à Jean-Claude Trichet le 1er novembre 2011 à la présidence de la BCE.

C’est un homme peu contestable, au parcours universitaire de haut vol, ayant une expérience de banquier central (à la tête de la Banque d’Italie depuis 5 ans) et une vraie visibilité à l’international (Président du Conseil de stabilité financière). On le qualifie comme étant « une main de fer allemande dans un gant de velours italien ». Il sera un digne successeur de Jean-Claude Trichet, très européen, rigoureux mais adaptable aux circonstances en cas de crise aigüe. Il nous faut toujours quelqu’un d’exceptionnel à la tête de l’Institution monétaire, pour sa crédibilité mondiale et pour éduquer, voire « corriger » un peu les dirigeants européens lors des sommets européens.

f) Il y a d’autres raisons au choix évident du fédéralisme.

D’abord pour lutter contre les dérives populistes, ensuite parce que les autres pays nous y invitent. Et la cause est l’économie en berne, la précarité, le chômage de masse, etc.

Avant, on pouvait dévaluer sa monnaie pour se rendre compétitif. Avec l’euro, on ne peut plus, donc il faut être compétitif pour vendre. Il faut être innovant, baisser les déficits et parfois baisser les coûts de production, donc les salaires. Sans compétitivité, pas de croissance. Sans croissance, baisse du pouvoir d’achat et chômage, et non diminution de la dette. Le cercle vicieux.

Le seul problème de l’Europe (et peut-être bientôt de l’Amérique), c’est la compétitivité, ce n’est pas la monnaie.

Pour les salariés, cela signifie effort, labeur et sueur pour une à deux générations. Cela signifie aussi la fin des Trente Glorieuses, de l’Etat providence, qui depuis 1974 a dépensé plus qu’il ne produisait pour garder le niveau de vie et avoir la paix sociale. Aujourd’hui, on le paie très cher : endetté à mort et pas de travail pour les jeunes surtout, bien que sur-diplômés (20% de jeunes au chômage en France ; 36% en Espagne).

D’où un mécontentement exploité par quelques partis : hausse des populismes, repli identitaire, montée des extrêmes-droites partout en Europe, refus des immigrés, réflexes xénophobes, etc., etc. Les gouvernements sont battus les uns après les autres, attention aux gouvernements populistes et xénophobes qui tueraient l’idée européenne, avant de tuer leurs propres peuples par le retour des guerres civiles qui ont ravagé l’Europe pendant 1000 ans. Attention, danger ! Ouvrons tous les yeux !

La crise de la périphérie de la zone euro s’aggrave du seul fait que l’UE envoie tous les jours des signaux contradictoires au monde : nos gouvernants se déclarent prêts à faire tout ce qui est requis pour sauvegarder l’euro ; tout… sauf ce qui ferait de l’Europe un acteur mondial, uni, fort, perçu comme tel. Sont-ils inconscients ? Avant tout, ils sont souverainistes et ne veulent pas partager. Leur seul horizon est leur élection ou réélection !

Dans la semaine du 25 juin, les USA ont tancé trois fois l’Europe afin qu’elle se ressaisisse et aille plus loin et plus vite sur la Grèce. Les Etats-Unis veulent une Europe unie, solidaire et réactive… Fin juin, John Lipsky, directeur par intérim du FMI, a tancé les Européens en leur demandant de moins palabrer et d’agir (sic !) Tim Geithner aussi (Secrétaire d’Etat au Trésor américain) : « l’Europe doit s’unir et agir ».

L’Europe se trouve à la croisée des chemins : ça passe ou ça casse.

Puissent les eurosceptiques qui nous gouvernent arrêter de jouer aux apprentis sorciers. En ruinant « leurs » peuples, ils se brûleront eux-mêmes.

III – les scenarii catastrophe

a) Une crise de l’Europe, ou de certains pays européens ?

Nous vivons certes une crise de l’Europe très grave, car l’Europe n’est pas achevée. Mais nous n’aurons pas la fin de la zone euro, ni de l’euro !

Je ne crois pas au jeu de dominos que clament certains : la crise grecque s’étendra au pire au Portugal. Pas plus. Et je déplore les superlatifs excessifs qui dramatisent la crise à longueur de journée. Certes, l’Europe qui devait progresser institutionnellement grâce à l’euro s’est arrêtée net (et comme le vélo, elle tombe).

Et cette crise est notre faute, celle des gouvernements actuels qui privilégient leurs agendas nationaux. C’est une crise politique, bien plus encore que budgétaire.

La restructuration grecque ne suffira pas, et il faudra d’autres prêts. On n’a pas le choix. « Ils » n’ont pas le choix. Et ils le savent. Alors, pourquoi attendre, et nous faire peur ?

Il faudra réfléchir aussi sur le niveau (trop haut) de l’euro qui pénalise les Etats fragiles de la zone euro. Mais là se pose le problème des relations avec le dollar et le yuan. Et l’Europe n’est pas assez unie pour peser lourd dans ce débat avec les deux autres géants !

Cela se traduit par la grande lassitude de l’opinion publique allemande : 50% d’Allemands n’ont plus confiance dans l’UE ; et 70% ne voient plus dans l’Europe l’avenir de l’Allemagne. Ce constat est accablant, et gravissime. Comment a-t-on pu en arriver là ?

Le rapport de Christian Noyer, gouverneur de la banque de France, de juin 2011, est clair : la crise de la dette souveraine n’est pas une crise de l’euro, c’est une crise budgétaire. Il se veut rassurant sur les capacités des pays de la zone euro à résoudre cette crise, si les décisions prises sont appliquées à la lettre : refonte du Pacte de stabilité et de croissance ; création du Fonds européen de stabilité financière ; dispositif pérenne ; intégration d’un suivi de compétitivité et des coûts unitaires de production au nouveau cadre de gouvernance économique de l’UE.

On connaît donc les solutions. Il manque le courage politique.

Quelle est la situation de la France ?

Le salaire médian en France est aujourd’hui de 1.580 € par mois.

70% de la dette est détenue par des non-nationaux. Donc, on est très dépendant du regard des autres (les prêteurs) et de leur jugement, via les agences de notations. Alors, si elles dégradent notre notation, le coût du crédit augmentera en intérêt. Or 1% de taux d’intérêt en plus, c’est 16 milliards d’euro de plus à payer.

La dette est LA dépendance de la France. La faible croissance ne peut la freiner. La dette publique de la France (la dette souveraine), c’est 1.600 milliards d’euros, soit 26.000 euros par habitant. Tout va bien, madame la marquise !…

Les trois points faibles de l’économie française sont ses finances publiques, la faiblesse de sa productivité, et son déficit courant (la balance commerciale est de - 51 milliards d’euros en 2010, et environ - 91 milliards d’euros en 2011). Et nos atouts, la démographie et l’épargne forte, ne suffisent pas face à l’accumulation des problèmes.

La France se rapproche de la zone dangereuse en terme de ratio dette publique sur PIB (1.600 milliards / 2.000 milliards !). La détérioration est sans précédent en 2009. 2010 aura été l’année de la stabilisation : le déficit public a été réduit à 7,1% du PIB, mais essentiellement du fait de la fin des mesures de relance. Le déficit structurel (= la part non conjoncturelle) a poursuivi sa progression pour atteindre le niveau de 5% du PIB, soit 3 points de plus que l’Allemagne et un point de plus que la zone euro. Le retard de la France sur ses principaux partenaires est manifeste et pourrait se renforcer au fil du temps. Un effort structurel de 1% du PIB par an pendant 5 ans permettrait au mieux de ramener la dette au-dessous de 70% du PIB en 2020, niveau qui prévalait en 2008 : une décennie perdue !

La santé flamboyante des entreprises cotées au CAC 40 fait oublier qu’il en est bien différemment des autres sociétés. Le taux de marge a atteint un plus bas niveau depuis 20 ans.

La montée des pays émergents dans le commerce mondial camoufle le recul de la position de la France dans le club des principaux exportateurs européens. La part de la France dans les exportations s’est tassée de 5,8% en 2007 à 4,1% en 2010 (contre + 10% pour l’Allemagne). Enfin, le déficit de la balance des transactions courantes est de 34 milliards d’euros, soit 1,7% du PIB. Et les chiffres 2011 seront pires…

b) La crise ailleurs

Des différences majeures existent entre l’Union européenne et les Etats-Unis.

Les Etats membres des Etats-Unis ne sont pas confrontés entre eux au problème du déficit commercial comme la Grèce l’est à l’égard du reste de l’UE, et en particulier de l’Allemagne. En outre, une grande partie de la dette publique des USA est fédérale ; c’est la dette de l’Union. Et la dette des Etats membres constitue une part minoritaire de la dette publique totale, et elle est achetée par la FED. Cela change tout.

Washington ne rencontre pas (encore) de problème de financement de sa dette publique, car grâce à leur prétendue sécurité, les bons du Trésor américain sont très prisés sur les marchés internationaux, alors qu’ils n’offrent qu’une rémunération très faible. Les Chinois en détiennent beaucoup (un tiers).

Enfin aux Etats-Unis, une série de dépenses publiques importantes sont à la charge du budget fédéral ou sont garanties par celui-ci, alors que le budget de l’Union européenne n’est qu’une peau de chagrin. Le budget européen, c’est 138 milliards d’euros (1% du PIB européen). Le budget américain, c’est 3.700 milliards de dollars, soit 23% du PIB américain. Cherchez l’erreur ! Nous, les Européens ont à une monnaie sans état.

Mais le 28 juin, l’indice du Conference board pointait une baisse de la confiance des consommateurs américains en juin, pour le deuxième mois consécutif. Le contexte se dégrade aux Etats-Unis : la dette a atteint en mai, le plafond fixé par le Congrès. Il faut donc le relever. Si aucun compromis n’est trouvé, les USA seront en « défaut technique » le 2 août (ils ne peuvent plus payer les factures !!).

Le moteur américain est en panne, alors que les politiques de relance budgétaire et monétaire arrivent à terme. On prévoit 2,5%de croissance en 2011, seulement. La FED arrête fin juin son programme d’assouplissement quantitatif : après avoir injecté pendant 6 mois 600 milliards de dollars (soit 417 milliards d’euros) dans le système financier, elle ne dispose plus de vraie marge de manœuvre. Tout a une fin. Les agences de notation anglo-saxonnes commencent, enfin, à se préoccuper sérieusement de la dette monstrueuse américaine, que la croissance ne suffira pas à rembourser. Une dégradation de la notation américaine (AAA aujourd’hui, comme pour la France et l’Allemagne) aurait une répercussion planétaire. Toujours l’effet contagion, dû à l’interdépendance croissance des économies, de plus en plus mondialisées. Il paraît que quelques génies ont des idées pour « démondialiser »… On ne rit pas, SVP.

Jusqu’alors les agences de notation ne s’intéressaient qu’à la dette publique européenne. On attaque toujours le maillon faible. Standard and Poors a désormais menacé les USA de dégrader leur notation. Standard and Poors n’a pas été convaincue ni par le bras de fer au Congrès sur les réductions budgétaires pour 2011, ni par le plan de réduction sur 12 ans proposé par Barak Obama. La probabilité du risque de la dégradation de la notation américaine ? Les experts parlent de 30 à 33% : c’est un pronostic raisonnable. Les risques vont augmenter significativement si les Etats-Unis ne s’attaquent pas à leur problème de déficit très rapidement.

En résumé, une détérioration commune de la situation budgétaire américaine et européenne pourraient faire très mal… Le rendement des bons du Trésor américain pourrait grimper durablement, ce qui signifie une charge accrue de la dette pour l’Etat. Un accord politique sur la question de la dette budgétaire est donc indispensable.

Face à l’ampleur de cette dette, les investisseurs ont déjà commencé à être attiré vers d’autres valeurs, comme les actions ou l’or, et à vendre massivement du dollar. Même le franc suisse remonte !

Si la notation est dégradée, quelles seraient les conséquences pour l’Europe ? Certains économistes sont plus optimistes. A plus long terme, on pourrait assister à une augmentation des flux monétaires vers l’Europe, et notamment les bons du Trésor allemand qui représentent une économie si brillante en ce moment. Par conséquent, l’Amérique pourrait aussi assister à un regain de domination de l’Europe qui deviendrait un partenaire commercial plus important. On pourrait voir les USA perdre peut-être leur statut de n°1. La roue tournerait en faveur de l’Europe… pour une fois !

c) Et si un pays sortait de l’euro ?

Si la Grèce sort de l’euro, l’euro sera toujours aussi apprécié par tous les autres ! Je rappelle ici que la Grèce ce n’est rien, malgré ses 350 milliards d’euros de dette souveraine. Car la Grèce c’est 2,5% du PIB européen. Si on était en système européen fédéral, le « Trésor européen » aurait réglé l’affaire en un mois

Pour reprendre la formule de Jean Quatremer, paraphrasant la phrase de John Connally, secrétaire d’Etat au Trésor américain en 1971 (« le dollar c’est notre monnaie, mais c’est votre problème ») : « l’euro, c’est notre monnaie, mais c’est désormais votre problème ».

Il y a un énorme paradoxe, car la zone euro, et même l’Union européenne, est beaucoup plus saine sur le plan financier (mieux régulée) que le reste du monde, USA et Asie. La zone euro est beaucoup moins endettée que les USA et l’Asie, ou la Grande-Bretagne. Et pourtant c’est elle qui est attaquée. C’est donc bien politique : il n’y a pas de statut fédéral et de poids lourds politiques (« l’Europe, j’appelle qui ? »…). Les marchés veulent être sûrs que l’Europe est bien unie pour faire face aux problèmes budgétaires.

Dernier paradoxe : l’euro se porte très bien, et très fort, et tout le monde veut en acheter : Chine, Brésil, Inde. Il détient déjà 27% des réserves mondiales de change. Si personne n’en voulait, là il s’écroulerait. Ce n’est pas le cas.

On (les médias, quelques économistes marginaux et autres politiques souverainistes) nous intoxique à longueur de journée en nous serinant que l’euro est en danger. Ce n’est pas l’euro qui est en danger, ce sont les gouvernants des pays malades et des pays endettés jusqu’à l’os. Leur carrière politique peut être compromise.

La crise de la zone euro est en train de faire prendre conscience au reste du monde de la puissance de cette monnaie dont la disparition plongerait la planète dans une grave récession. La zone euro est un espace économique et financier équivalent à celui des USA. L’euro est la deuxième monnaie de réserve du monde.

La récession qui suivrait l’éventuelle disparition de l’euro ferait apparaître la crise de 1929 ou celle de 2008 comme « d’aimables amuse-bouches » (comme dit Jean Quatremer dans son blog). Ben Bernanke, président de la FED (la Réserve fédérale américaine) déclare : « les effets sur les USA seraient tout à fait considérables ».

Pour la Chine et les USA, une explosion de la zone euro serait une catastrophe. D’ailleurs, Washington s’énerve de l’incapacité des Européens à traiter un problème qui est davantage politique qu’économique, ceux-ci paniquant les marchés par leurs déclarations contradictoires et leurs bavardages attentistes. Les USA s’inquiètent tout haut de l’émergence d’une nouvelle tornade financière si Athènes devait faire défaut.

La Chine manifeste en paroles et en actes son soutien aux Européens : elle a acheté des obligations d’Etat en Grèce et au Portugal (et en Hongrie). Elle profite des difficultés européennes pour renforcer son implantation dans l’Union : elle a acheté des infrastructures portuaires en Grèce ; elle a aussi investi dans une douzaine de projets industriels et d’infrastructures en Hongrie. La Chine, qui finance déjà l’Etat américain, devient, sur une base bilatérale, l’un des banquiers de l‘Europe. Elle achète de la dette souveraine européenne. Elle vient au secours de nos défaillantes finances publiques : elle nous fait crédit. Cela contribuera aussi à sauver l’Europe.

Certes, les investisseurs peuvent agir pour le compte de l’Etat chinois, et grappiller aussi quelques secrets industriels… Certes, la détention par la Chine d‘une partie de la dette de tel ou tel pays européen limite la capacité de l’UE à faire pression sur Pékin (pour la cotation du yuan, ou pour les Droits de l’Homme…).

Quelles seraient les conséquences d’une sortie de l’euro ?

De plus en plus de pseudo-économistes ou de vrais démagogues promeuvent une sortie de l’euro. Là, il y a vraiment danger ! Indignez-vous !

Permettez-moi de vous donner quelques éléments de langage pour contrer des raisonnements stupides et démagogiques.

Un processus de sortie de l’euro peut se résumer en trois étapes successives : un changement d’unité monétaire / une dépréciation de la nouvelle monnaie / une poussée de l’endettement.

Appliqué à une économie aussi largement déséquilibrée dans ses échéances extérieurs que l’est l’économie française (ou l’économie grecque), la nouvelle monnaie nationale se déprécierait automatiquement, du fait des écarts entre les sorties et entrées de devises : la dépréciation de la monnaie ne serait pas choisie, mais subie. Cela entrainerait un renchérissement énorme des importations (réglées aux ¾ en dollar) ; suivie d’une perte de compétitivité et d’une perte du pouvoir d’achat des gens.

Cela aurait un effet d’emballement sur la dette publique, par 3 canaux : directement par le renchérissement (au prorata de l’écart de valeur entre « le nouveau franc » et l’euro, de la partie de la dette souscrite en euro ; l’effondrement des recettes fiscales lié à la récession, ce qui aurait pour effet de creuser le déficit ; la sortie, de facto, du marché obligataire européen, lequel réduit, aujourd’hui, à zéro les coûts de transaction censés couvrir le risque de change. Ainsi, émettre des titres en franc coûterait à l’Etat français plus cher qu’émettre à présent des titres en euro.

Sortir de l’euro, c’est finalement un remède pour une économie bien portante… qui n’en a donc pas besoin !! CQFD.

Si on sort de l’euro, on sort des marchés financiers. Alors, où va-t-on emprunter pour rembourser sa dette ? Qui va oser prêter à un pays qui ira beaucoup plus mal ? Et à quel taux ?

Heureusement, le ridicule de ceux qui prodiguent de telles « solutions » ne tue pas… Cela est risible, mais navrant aussi, car la génération des gouvernants actuels, que je qualifie, par politesse, « d’euro-tièdes », n’a jamais « porté » politiquement, affectivement cette monnaie unique, pourtant réussie. Du coup, les peuples ne se la sont pas appropriée, comme naguère les monnaies nationales (le franc, le mark, etc). Car l’Europe n’a pas encore de visage, de corps, d’âme. La faute aux politiques et à nombre de médias qui jouent à se (nous) faire peur.

L’euro est le bouc émissaire idéal, alors qu’il ne cesse de nous protéger !

La vérité est que les politiques retardent encore l’échéance de l’Europe fédérale, des Etats-Unis d’Europe, alors que c’est la seule solution pour peser économiquement (recherche / innovation / compétitivité / croissance) et géopolitiquement face aux émergents. Or, que pèserons nous, à 5, 10, ou même 60 millions d’habitants, si nous sommes rachetés par les Chinois ou autres ? Ils feignent d’être aveugles et sourds, arcboutés sur leurs trônes souverainistes, qui se muent petit à petit en tabouret bancal !.. Gare à la chute. Leur chute. Les peuples, loin d’être niais, finiront par comprendre que les seules solutions pour rebondir, créer des emplois, se relancer est de s’unir budgétairement, financièrement, commercialement. La division affaiblit. L’Union fait la force. Même l’union dans la diversité.

Il faudra aussi, bien sûr, absorber ces dettes abyssales par des efforts importants et durables mettant entre parenthèses pour quelques temps (3, 5, 10 ans ?) l’Etat providence né après la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs pays européens ont déjà, courageusement entrepris de le faire. D’autres pays, comme la France par exemple, qui continue d‘augmenter sa dette publique (+ 90 milliards d’euros en 2011, qui s’ajouteront aux 1.600 milliards d’euros accumulés depuis 1980 !). Ce qui rendra vaine, au passage, toute promesse d’action que nous feront les candidats à la Présidentielle…

Ces gouvernements là, inconséquents, jouent à l’évidence la montre… le temps de laisser passer une élection, peut-être ?

Alors que pendant ce temps-là, les peuples souffrent d’une économie atone, avec un chômage endémique, une précarité qui se développe, et observent que, partout ailleurs, l’économie tourne, avec, en moyenne, 4% de croissance dans le monde !