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Mesdames et Messieurs les politiques, cela suffit. Devenez raisonnables !

04 septembre 2011

En cette rentrée 2011, je commencerai par un vrai coup de gueule à l’égard des principaux dirigeants de l’UE. Car, après les nouvelles turbulences financières de l’été, ils continuent, décidément, à ne pas vouloir comprendre ! Faudra-t-il que leurs peuples leur rappellent qu’ils existent aussi, et pas seulement au moment des élections ?

Leur attitude, empreinte de renoncements, de frilosité, d’atermoiements, de contradictions et, pour tout dire, de réelle incompétence face aux spéculateurs de tout poil qui en profitent, m’échappe de plus en plus.

Comment ces gens-là, entourés de tant d’experts, disposant des analyses les plus pertinentes, d’économistes brillants, ayant près d’eux de hauts fonctionnaires très qualifiés, notamment à la Direction du Trésor (et j’en connais), sans parler des sages conseils, ou injonctions, du Président de la Banque Centrale Européenne, peuvent-ils, à ce point-là, rester sourds et aveugles ? Et ne pas voir qu’ils jouent avec le feu, et que leur principale obsession (rester au pouvoir de leur « Etat-Nation » risque d’être dérisoire en 2012 pour la France et en 2013 pour l’Allemagne, pour ne citer que les ténors de l’Eurogroupe ?

A force de ne pas vouloir poursuivre la construction européenne sur un plan communautaire et démocratique (que leurs glorieux prédécesseurs, de Jean Monnet à Helmut Kohl, avaient engagée), et d’agir exclusivement sur un plan intergouvernemental, ils prennent le risque, devant l’Histoire, d’être les fossoyeurs de l’Europe, alors même que l’Union mérite mieux, grâce à son potentiel humain et technologique, grâce à la réussite et la force d’un euro reconnu par toute la communauté internationale, grâce enfin à ses valeurs démocratiques et universelles. Leur responsabilité, si les choses, par leur seule faute, devaient s’aggraver, seront alors immenses. Or, que constate-t-on ? Cet été encore, on se perd (et pas que Français et Allemands) en palabres, en arrière-pensées, entre chefs d’Etat de puissances moyennes qui pensent encore pouvoir prendre le pas sur leurs voisins respectifs et dominer la moitié de la planète qui continuera, elle, à prospérer et à émerger ! Quelle arrogance ! Quelle folie !

Je le répète depuis des années. L’Europe perdra tout leadership si elle ne crée pas, et vite, une vraie gouvernance européenne (économique, sociale et politique). Ces gens-là en parlent tout le temps, mais ne font rien ! Il faut un vrai pilote dans l’avion européen, et pas 27 petits caporaux, avec un vrai budget européen, nourri par une fiscalité européenne, à commencer par la TVA, avec la création d’un Trésor européen, à l’instar du Trésor américain, qui rachète la dette américaine avec la FED. Cela donnera tous les moyens à notre BCE, adossée à ce vrai Trésor européen, de racheter à chaque attaque spéculative les dettes et créances douteuses des Etats, sans « négocier et parlementer » à 27, ou plutôt à 2 ou 3 durant des semaines cruciales. Les marchés s’inquiètent toujours des maillons faibles, et les agences de notation sanctionnent toujours les incertitudes et les atermoiements en élevant le risque de liquidité ou de solvabilité des Etats. Leur note baisse, et le taux d’intérêt du prêteur (c’est-à-dire le coût du remboursement par l’emprunteur) monte aussitôt face au risque perçu comme plus grand. Seule une Europe forte, solidaire et unie, donc crédible, rassurera les prêteurs.

Cela existe depuis que les échanges existent sur terre, que ce soit entre particuliers, entre entreprises, entre Etats. Je rappelle au passage que les 2/3 de la dette énorme de la France (1.640 milliards d’€) est détenu par des étrangers, comme d’ailleurs les entreprises du CAC40. Alors, à quoi servent ces attitudes nationalistes, du chacun pour soi, qui ne permettront pas à l’Europe de s’en sortir, alors que l’Amérique fédérale, elle, s’en sortira car, unie, elle inspirera davantage confiance aux leaders de demain : Chine, Brésil, Inde. On me parle d’indépendance nationale ? Mais quelle indépendance ? De qui se moque-t-on ? Il faudra bien, et de plus en plus, trouver des crédits de plus en plus importants sur le marché mondial !

Alors, Mesdames et Messieurs les politiques, un peu de courage, et de lucidité ! L’Europe est déjà une réussite, ne la tuez pas ! Vous n’en avez ni le droit, ni le mandat ! Le seul salut face à la croissance du nouveau monde est cette Europe fédérale dont vous avez peur, pour votre propre carrière, et dont vous prétendez que vos peuples ne veulent pas Qu’en savez-vous vraiment ? Si vous saviez expliquer les vrais enjeux et mettre en place une vraie société redistributrice, vos peuples comprendraient où est leur intérêt majeur. Dans la création d’Eurobonds, en français Euro-obligations, par exemple, afin de mutualiser toute la dette européenne, qui reste très inférieure à l’ensemble du PIB européen.

Cela mettrait fin aux spéculations, car on verrait que l’UE, et surtout la zone euro a le matelas nécessaire pour réagir. Une fiscalité européenne sérieuse devra aussi abonder le Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui ne dispose pour l’instant que de 440 milliards d’euros. Ce montant suffit pour sauver la Grèce, l’Irlande, le Portugal (6% du PIB de l’UE à eux trois). Mais absolument pas pour refinancer les « gros poissons » déjà en difficulté : l’Espagne, l’Italie, et bientôt la France. La note AAA ne suffira probablement pas face aux réformettes de la France en matière de dette. En l’état, la France ne réduit absolument pas sa dette abyssale, mais l’accroît encore ! Je sais bien qu’ « on » attend mai ou juin 2012 pour prendre des plans de rigueur drastiques, mais c’est irresponsable de perdre encore 8 mois. Cela renchérit la facture et donne aux marchés et aux spéculateurs l’opportunité, encore, de porter leurs attaques. L’Allemagne, elle, s’est réformée il y a dix ans. Elle en récolte les fruits aujourd’hui : déficit budgétaire de 1,5% du PIB ; croissance de 2,5% ; taux de chômage de 6,6%. On croit rêver.

Nous devrons tous faire de vraies réformes structurelles. Se caler sur un seul agenda électoral, ou quelques sondages, est irresponsable.

La campagne électorale démarre très mal : les sortants, comme les soupirants au pouvoir, prônent le « volontarisme politique », et des solutions nationalistes. Y a qu’à ! Faut qu’on ! Les uns et les autres vont donc sombrer dans leurs promesses démagogiques et évidemment irréalisables, pour des pays endettés pour des décennies, à des taux peut-être plus chers. Ils ne pensent qu’à ça. Mais à quoi servira, dans un tel contexte économique, social et financier, un Président de la République ? Un Chancelier ? A quoi serviront ces campagnes, et ces élections, si on continue à mentir, à nier les faits, les mécanismes économiques, les évidences, les vrais chiffres ? Et quelles promesses seront faites, avec des caisses vides ? Et une dette abyssale de plus de 26.000 € par Français ?

Je suis de plus en plus consterné par le décalage entre l’importance politique et médiatique d’une élection présidentielle, « clé de voûte » de toutes les autres élections, et l’impuissance croissante de l’heureux (ou l’heureuse) élu(e) ensuite, une fois confronté (e) aux réalités têtues de l’économie et de la finance mondialisées. Se faire élire sur des promesses surréalistes, basées sur le seul « volontarisme » politique alors que l’on sait que les marges de manœuvre sont faibles ou nulles, c’est indigne dans une démocratie achevée. Ces gens-là ne sont ni des gourous, ni des magiciens ! Qu’on le veuille ou non, l’économie et l’emploi dépendront de plus en plus de l’échelon communautaire que de l’échelon national, au même titre que les problématiques environnementales, énergétiques, migratoires, budgétaires, etc. Le nier est mentir à « son » peuple. On a en face un pays, la Chine, à 1,4 milliards d’habitants de plus en plus productifs, et d’autres à plusieurs centaines de millions d’habitants. Ouvrons les yeux. On sera fort ensemble, ou mort en solitaire.

L’intergouvernemental développe les tensions et rivalités entre Etats. L’Etat-nation n’est plus l’échelon suffisant pour régler des problèmes économiques, financiers et même de société dans un monde ouvert. Une structure vraiment fédérale et démocratique imposera une juste répartition des richesses communes, par une solidarité active entre Etats fédérés. Il faut y aller, maintenant. On n’a plus le choix. Vous n’avez plus le choix. Sinon, vos échecs « nationaux » répétés (chômage de masse, pauvreté, injustices) vous sortiront de l’Histoire. Il suffit de voir la pauvreté intellectuelle de vos « projets » sans vision, à courte vue, et dérisoires face à l’envol irréversible du nouveau monde.

Aussi, une élection purement « nationale », proposant des solutions nationales, devient de plus en plus futile, anecdotique à l’échelle du monde en pleine mutation. Alors pourquoi tout ce tintamarre, ce bouillonnement médiatique, ces campagnes électorales de plus en plus longues ? Pour un piètre résultat connu d’avance !

Sans une vraie Europe économique, fédérale, il n’y aura pas de retour de confiance auprès des marchés et des prêteurs, donc pas de crédits pour la recherche et l’innovation, donc pas de croissance, et un chômage et une précarité qui s’aggraveront pour des années.

Tout le reste n’est que blabla.

Mesdames et Messieurs les politiques, devenez raisonnables ! Faites l’Europe ! Et vite ! Il n’y a pas d’alternative. L’euro était le début de l’intégration européenne. Pas la fin ! Faites l’Europe, au lieu de vous payer de mots abstraits tels que « gouvernance économique européenne », sans la faire. Ecoutez les nombreux experts, économistes, sages, savants et sachants, et hommes politiques de toute l’Europe (Helmut Kohl lui-même !), qui vous le répètent de plus en plus fort !

Sinon gare à l’explosion sociale !