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le G20 a accouché… d’un Papandreou-Papademos

15 novembre 2011

La réunion du G20 devait être l’occasion pour la France de mener le jeu (en apparence) et de réunir, autour de ses propositions, les grands de ce monde. On devait avancer sur la taxe sur les transactions financières, la croissance durable, la régulation des marchés financiers. Et on a surtout parlé de la Grèce, de sa dette, de son nécessaire maintien dans la zone euro.

Bien joué, Mr Papandreou. La Grèce n’aurait jamais osé, même dans ses rêves les plus fous, se voir inviter, avec tapis rouge, à une réunion du G20, elle qui ne fait pas partie, évidemment, des 20 pays les plus riches et les plus dynamiques de la planète.

Le G20 avait, plus ou moins, pour ambition, affichée, de révolutionner le monde financier. Et on allait voir ce qu’on allait voir. Celui-ci s’est retrouvé à gérer les problèmes de mauvaise gestion d’un mauvais élève (qui est loin d’être le seul). Le monde économique était là (85% du PIB mondial). Mais on n’a pas parlé du monde, seulement, de l’Europe. La Chine, le Brésil, les Etats-Unis, l’Inde, l’Afrique du Sud, ont du se demander pourquoi ils s’étaient déplacés. Même si Barack OBAMA a « sauvé » son déplacement grâce à l’interview accordé, par lui, avec Nicolas Sarkozy aux télévisions françaises. Dans un grand numéro de « je t’aime, moi non plus » et d’autocongratulation. Emouvant ! Au moins, il a fait quelque chose en France, pourra-t-il écrire, pour sa note de frais. Il a rendu service à son « ami » français, le Préisdent-candidat. A charge de réciprocité ?

En fait de grands projets, nous avons eu une comedia dell’arte ,en version hellénique. D’abord il y eut l’annonce du référendum. Puis la « convocation » de Papandreou en avant-première au G20. Oui, on a parlé de « convocation ». Quelle arrogance du couple franco-allemand, quand même ! Puis l’arrivée du même Papandreou au G20 ; puis le recul sur le referendum, et son remplacement par un vote de confiance au Parlement ; puis la réunion devant le président de la république… grecque ; et enfin l’annonce d’un gouvernement d’union nationale, enfin presque…

Faisons de la politique fiction. Et si la Grèce n’avait pas tenu le haut de l’affiche ? On aurait alors commenté l’ordre du jour initial ?

Et bien, on aurait pu voir s’étaler à la une de tous les journaux, que la taxe sur les transactions financières ne fait pas l’unanimité, loin s’en faut. Les Américains n’en veulent pas. Les Anglais non plus. Cela fait déjà deux belles défections. On aurait vu aussi que la Chine hésitait sur l’aide à apporter à l’Europe ; un comble, eux qui ont 3.800 milliards d’euros de réserves. Ils viendront nous aider, bien sûr, mais il y aura des contreparties. Par exemple, l’Occident (Europe, Etats-Unis) devra être conciliant sur le taux de change du yuan et sur l’acceptation de la Chine au statut « d’économie de marché », ce qui lui donnera un accès privilégié aux négociations de l’OMC. Et oui, quand on a besoin de beaucoup d’argent, l’emprunteur doit faire des concessions. Mais c’est mieux qu’être définitivement en faillite, non ? Je rappelle d’ailleurs que la dette française est détenue aux 2/3 par des étrangers (comme le CAC 40), alors que la dette italienne ou japonaise, par exemple, est détenue par leurs nationaux. Ce qui nous rend encore plus dépendants…

La France, elle, devra emprunter plus de 200 milliards d‘euros en 2012. Nous aurons donc, de plus en plus, besoin des fonds d’Asie ou du Moyen-Orient… Il faudra donc être moins arrogants, et moins difficiles…

Le monde entier aurait constaté surtout, qu’aucune proposition concrète n’avait émergée sur l’essentiel, à savoir comment relancer la croissance, comment (re)trouver de la compétitivité, comment relancer nos industries. Cela concerne tout de même presque un tiers de la planète, et non la moindre, avec notamment les pays occidentaux développés (Europe, Etats Unis) où le chômage et la précarité ne pourront qu’augmenter, avec des économies à croissance très faible (0,5%), voire en récession pour les années à venir… Les citoyens de ces pays n’auront qu’à mettre la photo d’Obama et Sarkozy sur leur buffet, cela les rassurera !!

Eh bien non, rien de tout cela ! La Grèce (2,4% du PIB de l’UE) a monopolisé trois jours de débats. Alors même, d’ailleurs, que sa situation n’est pas « réglée », et qu’il faudra bien apurer l’autre moitié de sa dette… Dommage, car le G20 a le mérite… d’exister, lui qui réunit (presque) tout le monde. Il avait de nécessité un an de préparation sérieuse ! pour arriver là ! Quel gâchis !

Les peuples des pays concernés, ceux qui sont en grande difficulté, attendront encore pour les mesures concrètes, et n’apprécient guère le «  blabla » habituel. Pourtant, il commence à y avoir urgence à faire l’Europe intégrée, seule solution si on veut s’en sortir, c’est-à-dire mutualiser nos dettes (eurobonds, fiscalités communes etc) et relancer (via la BCE ?) toute la machine pour investir massivement et enfin retrouver de la croissance. Sinon, tout s’écroulera, et les dirigeants avec. Déjà 9 au tapis en UE ! A qui le tour ?

Bref, on n’a pas abordé les principaux enjeux, loin de là, et, s’il n’y avait pas eu le paravent grec, le G20 aurait été perçu pour ce qu’il est : une machine à faire du vent. Car il est de plus en plus difficile de faire marcher d’un même pas, les anciens grands et les futurs grands. C’est déjà bien qu’ils se causent, me direz-vous, et qu’ils parlent, par exemple, de la famine dans le monde (nous sommes déjà 7 milliards), ou de la pénurie d’eau.

Le G20, c’est un club, où les puissants se retrouvent. Ils adorent ça. Cela fait de belles photos pour leurs électeurs. Mais c’est en fait « le G vain » !