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Au fait, comment se porte l’Union en ce milieu d’année 2013 ?

05 août 2013

Vive l’été ! Eté rime parfois avec canicule, mais aussi avec vacances pour la majorité d’entre nous.

Bien sûr, l’Europe et l’UE continuent de fonctionner, la BCE est en veille permanente pour continuer de surveiller les marchés et de protéger l’euro et nos économies, mais mon euroblog s’autorise une pause ce mois d’août.

Quelques mots quand même pour vous dresser un rapide bilan de l’UE, au milieu de cette année, sachant que la rentrée sera riche en événements.

Deux évènements seront majeurs :

1) les élections législatives allemandes. Même si le succès de Madame Merkel ne fait aucun doute, car l’Allemagne a l’économie la plus florissante de toute l’UE, sa coalition , sans doute recomposée , et le poids de l’Allemagne est tel que l’économie européenne et mondiale seront rassurées…

2) confirmation ou non de la fin de la récession en Europe ? Timide reprise de l’économie, ou non ? Etant précisé que si certains politiques européens veulent bien confondre ces deux termes économiques par excès d’optimisme, la fin de la récession ne signifie absolument pas la reprise de la croissance. Et tout cela varie, bien entendu, d’un pays à l’autre, selon qu’il soit en UE, en zone euro, en zone « sud » ou  « nord », et selon sa situation économique antérieure en terme de réformes, d’endettement, d’exportation, etc

Les situations sont évidemment très diverses entre les 28 pays de l’UE. Comme c’est d’ailleurs le cas entre les Etats américains. Sauf qu’eux, grâce à leur structure fédérale, ils ont une réactivité aux crises plus rapide et plus forte entre le gouvernement fédéral, la FED et le Trésor américain. La solidarité redistributrice entre Etats est plus automatique aussi, et ne donne pas lieu à trop de « Conseils » et autres Sommets, ou de marchandages comme dans l’UE, où les égoïsmes nationaux perdurent. Même si la crise a fait progresser la solidarité intra-européenne, question de survie.

Cela fait partie, d’ailleurs, du bilan positif de l’UE, même si le chemin reste très (trop) long à faire pour une intégration économique, financière, fiscale, sociale de nos 28 Etats encore trop disparates, des plus petits aux plus importants.

Un bilan, effectivement, se partage entre les « plus » et les « moins ».

Soyons optimistes, et commençons par regarder le verre à moitié plein.

  • je commencerai évidemment par le plus important.

Nos gouvernants « nationaux » ont été forcés, par la grande crise de mutation que va connaître la vieille Europe durant une bonne décennie, à se rapprocher, s’entraider et engager un minimum (et non maximum hélas) de réformes de fond dans le sens de l’intégration européenne. Union bancaire sur les rails, taxe sur les transactions financières (même modeste) adoptée par onze Etats ; début de réflexion sur la convergence fiscale (grâce aux crises chypriote et irlandaise qui ont diminué le dumping fiscal sur les entreprises). A qui le tour ? Malte, sans doute ….

Les avancées sont réelles, depuis trois ans, plus que les dix ans précédents où il ne s’est pas passé grand-chose sur le plan européen, toujours à cause de l’inertie méthodique des gouvernements, obnubilés par leur « souveraineté » au Conseil européen, au détriment des instances communautaires (Commission, Parlement européen). Depuis trois ans, ils ont enfin été obligés de s’ intégrer, un Etat seul étant totalement inopérant, dorénavant.

Sans oublier le rôle majeur de la BCE, qu’on ne salue pas assez : Trichet d’abord, puis Draghi qui a sauvé la zone euro et l’UE tout entière en stoppant net les spéculations de tout poil, là où les gouvernements, malgré leurs « moulinets de menton » étaient absolument pétrifiés et impuissants. La BCE prend désormais des mesures « non conventionnelles » : injection massive de liquidités (la moitié de la FED, en 3 ans !) par des centaines de milliers d’euros irriguant les circuits bancaires et économiques ; rachat des dettes souveraines (on a épongé la moitié de la dette grecque). L’Espagne va un peu mieux, le Portugal aussi. Non seulement leur taux d’intérêt sur les marchés a été divisé par 3 ( !) mais ils ont le courage de faire des réformes de fond. Le chômage abyssal en Espagne a diminué en juin de … 225.000 personnes, faisant repasser le chômage sous la barre des 6 millions. Partout les dettes se stabilisent, voire diminuent, sauf en France, où leur hausse se … ralentit  !! Et je ne plaisante pas…

La zone euro, au bout de 5 ans, sort de la récession. Avec une reprise économique très (trop) timide pour quelques pays réformés (je ne parle évidemment pas de la France…)

Le FESF puis le MES ont beaucoup fait pour l’UE.. en reprenant le leadership du sauvetage coordonné et mutualisé (trop) longtemps laissé au seul FMI. Mario Draghi fait un absolu sans faute, en tenant tête aux spéculateurs. Son poids, son autorité mondiale est tel qu’il lui suffit d’annoncer « nous n’abandonnerons jamais l’euro », ce qui veut dire, en langage de grand banquier central : nous rachèterons les titres menacés, nous injecterons ce qu’il faut, nous soutiendrons l’euro, pour que les tumultes cessent aussitôt. L’annonce remplace l’action ! Très fort. Et les taux d’intérêt de nos dettes abyssales sont historiquement bas, y compris en France qui pourtant fait le service minimum en terme de réformes structurelles réelles… Toujours ménager la chèvre et le chou…

En septembre 2012, Mario Draghi a donné le coup de grâce aux spéculateurs en mettant en place un nouveau dispositif, l’OMT (Outright Monetary Transactions), mécanisme puissant qui donne à la BCE le droit d’acheter les titres de dettes sur le marché secondaire, sans limitation de durée, et en quantité illimitée. Qui dit mieux ! Les marchés ont compris la leçon.

Certes, faute de reprise réelle économique, donc de croissance et de création d’emploi, toute crise financière peut revenir. Mais les spéculateurs savent désormais qui ils ont en face, et que les dispositifs sont prêts pour les contrer immédiatement, ils l’ont déjà prouvé. A bon entendeur….

Il reste à mettre rapidement en action l’Union bancaire et la supervision bancaire. Il faudra attendre les élections législatives allemandes. Madame Merkel, qui sera réélue, aura à cœur d’aller vite sur ce dossier majeur, car c’est elle qui continuera de piloter l’UE en tant que leader économique mondialement reconnu, et comme c’est elle qui bloqua ce dispositif… jusqu’en septembre 2013, le temps de faire sa campagne tranquillement. En outre la redoutable Cour constitutionnelle de Karlsruhe a donné son feu vert. Alors, tout ira bien !

  • Autre événement important pour l’UE

Depuis le 1er juillet de cette année, nous sommes 28 Etats membres de l’UE. Et oui, un deuxième pays de l’ex- Yougoslavie, après la Slovénie, nous a rejoint : c’est la Croatie. Petit pays de 4,5 millions d’habitants, mais dont le déficit budgétaire ne dépasse guère les 2,8% de son PIB. Avec la Croatie, l’Europe renoue avec sa vocation première d’intégration par et pour la paix. Quel beau symbole que celle d’une Croatie devenant membre de l’Union européenne, après une terrible guerre contre la Serbie en Bosnie-Herzégovine, et après la politique nationaliste de l’ère Tudjman . L’Union européenne est déjà le principal partenaire commercial de la Croatie et son premier investisseur étranger.

  • Autre symbole d’une Europe en marche, celle de l’Airbus A350.

Sa sortie magnifiée sur tous les écrans, nous rappelle qu’une Europe unie, peut devenir un leader industriel et technologique, et battre, à plates coutures, l’avionneur américain Boeing, avant d’affronter, prochainement, (2020 ? ) l’avionneur Chinois. Car Airbus, rappelons-le, avec 52% du marché mondial, c’est la mise en commun de l’intelligence et de l’inventivité de plusieurs pays européens : français, allemand, anglais, espagnol, italien : chacun y apporte son savoir-faire pour l’intérêt général de tous. Airbus n’est plus français, malgré les sites industriels à Toulouse, Airbus est européen. Et s’il servait d’exemple à une vraie industrie européenne multi-secteur ? Puis à une intégration politique? Plutôt que plusieurs micro-industries nationales se faisant concurrence entre elles. En outre, Airbus vient de prendre une décision symbolique : le groupe EADS (sigle abscons pour le commun des mortels) va ENFIN être rebaptisé Airbus group. Pour une meilleure visibilité de l’avion le plus vendu au monde. Bien joué !

  • Autre point positif, l’UE se protège de plus en plus face à la Chine.

Elle développe une vraie politique de protectionnisme, en projetant de taxer les importations de panneaux solaires à 47%. Mais cela sera-t-il suffisant pour sauver l’industrie européenne du photovoltaïque ? En tout cas, cela permettra de rééquilibrer, pour un temps, la balance commerciale entre les deux entités UE / Chine.

  • Dernier point positif, l’accord franco-allemand pour traiter, enfin, au nouveau européen, l’angoissante question du chômage des jeunes, avec un budget de 6 milliards d’€.

Plan d’autant plus innovant, que l’emploi et la lutte contre le chômage, ne sont pas des prérogatives communautaires. Mais, au vu de la situation sociale de certains Etats membres, et des différences flagrantes de résultat entre les pays du Sud (l’Espagne et ses 45% de jeunes au chômage, ou la France avec 25% de jeunes sans emploi) et les pays fourmis, comme l’Allemagne ou l’Autriche (5% de jeunes au chômage seulement) il est nécessaire de partager les bonnes pratiques, et de favoriser l’apprentissage et la mobilité.Certes, ce budget est trop modeste, et cet accord doit se généraliser aux autres Etats, mais c’est un début plus que symbolique. Il faut s’occuper des jeunes, de toute urgence.

  • Du côté des moins , toujours et encore la Grèce….

Avec le dernier avatar du gouvernement grec, la fermeture de la télévision publique que la gabegie budgétaire ne justifie pas, bien au contraire, au nom du maintien de la pluralité d’opinion et de la neutralité de l’information. Heureusement, la Cour de Justice grecque a annulé cette décision qui écornait la démocratie.

  • Après le satisfecit donné à François Hollande pour le plan franco-allemand sur l’emploi des jeunes, il me faut lui donner, malheureusement, un carton jaune ;

car après avoir laissé entendre, en mai, lors de son discours devant la Commission européenne, qu’ « il faut, à l’Europe, une union politique plus intégrée», donc fédérale, il recule quelques jours après et s’indigne des pourtant légitimes recommandations de la Commission européenne sur les réformes nécessaires que doit entreprendre la France, qui a obtenu un délai de deux ans pour son assainissement budgétaire..Une telle posture pourrait d’ailleurs inquiéter et la Commission et nos partenaires sur notre sérieux et notre volonté réelle de nous réformer pendant ce délai inespéré de deux ans…On ne tardera pas à savoir, 2014 étant une année d’élections, donc peu propice au débat serein et aux vrais réformes. C’est bien là le problème récurrent de la France, d’ailleurs. Donc, sur l’engagement européen de la France, c’est souvent «  Un pas en avant, deux pas en arrière », et, compte tenu de notre poids, c’est alors l’Europe entière qui recule. Toujours le chaud et le froid. La France, sur la question fédérale européenne, hésite depuis des années. Depuis 1994, les Allemands nous tendent la perche et la main pour une Union politique. Une vraie. Les Français, qui ont longtemps rêvé d’une Europe puissance, continuent à pratiquer le double langage, là encore pour des raisons de politique intérieure. Ils ont laissé se développer les idées et (fausses) solutions nationalistes, quand ils ne les ont pas développées (Villepin, Sarkozy, Montebourg, Bartolone …sans parler des extrémistes de droite comme de gauche )

Ces doubles langages et autre volte-face nous coûteront cher car nos performances économiques et budgétaires devraient nous incliner à moins d’arrogance et à plus de communauté de vue et d’action en UE et en Zone euro. Car si on se « plante », on plante les autres !… Et je n’entends AUCUN homme politique français, aux affaires ou dans l’opposition, avoir la sagesse et le courage politique de dire cela…..Alors qu’un jour, on aura peut-être bien besoin de la solidarité de pays ayant mieux réussi….Parfois, nos dirigeants du moment ont un sursaut de lucidité : lors d’un discours récent à Leipzig, François Hollande a rendu hommage à l’action réformatrice et courageuse de Gehrard Schröder à propos de ses réformes structurelles, des « lois Hartz » sur le coût du travail, la nécessaire compétitivité, etc. Bravo ! Mais alors, après ce beau discours, on fait quoi ?!! Paroles, paroles, paroles, chantait Dalida….

  • En négatif, toujours, notre insignifiante diplomatie européenne.

Totalement inopérante et invisible, et ce de par la volonté de trois pays importants, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France qui préfèrent encore faire de l’esbrouffe plutôt que de construire une diplomatie commune efficiente qui serait, dans le monde entier, un signal fort d’une Europe intégrée et crédible. Là encore, ces piètres gouvernements préfèrent (à tort d’ailleurs) leur pseudo « confort » personnel à une diplomatie partagée. A tort, car de toute façon, l’histoire est sélective et ne retient que les noms qui pèsent et qui comptent vraiment sur l’échiquier mondial : Mao, Staline (Brrr…), Gandhi, Kennedy, Kissinger, Khrouchtchev, Reagan, Gorbatchev. Nos « roitelets » européens ne laisseront guère de trace !

Un exemple frappant : Catherine Ashton était ces jours-ci (28, 29, 30, 31 juillet) au Proche-Orient. Mais l’UE sera quand même absente des discussions préliminaires pour la paix entre Israel et la Palestine. Les USA mènent le bal, seuls. On arrivera plus tard… si les négociations ont continué. C’est humiliant et insupportable. Car nous sommes la 1ère puissance économique et commerciale du monde. Nous payons beaucoup pour la Palestine : investissements d’équipements de transports, infrastructures et aussi culturels, éducatifs etc. Les grandes chancelleries, France, Allemagne, Royaume-Uni se gardent bien de faire avancer les choses, car elles veulent garder l’illusion auprès de « leurs » peuples de jouer solo, d’être influents. Gageure ! Cette posture nationaliste est d’autant plus ubuesque lorsque l’on sait qu’une intervention en Lybie ou au Mali ne peut plus se faire sans le soutien technique et stratégique des Américains…

Donc les diplomaties « nationales » (oxymore !…) ne sont que de piètres outils de communication à des fins… internes.

Allez, terminons ce billet par des nouvelles plus encourageantes et plus proches du citoyen européen. Et loin de la politique et de l’économie. Pour tous ceux d’entre vous, qui voyagent, cet été, en avion, l’Europe pense à vous. Si votre vol est annulé, ou qu’il accuse un retard de plus de 5 heures, ou si vous êtes victime d’une surréservation, l’UE a mis en place une protection des passagers aériens, qui oblige les compagnies européennes au départ de n’importe quel pays dans le monde, et même les compagnies étrangères au départ de l’Europe, de proposer un nouvel acheminement, l’hébergement, et aussi une indemnisation, entre 250 et 600€, selon la distance du vol concerné.

Pour les distraits, je rappelle également qu’ils peuvent obtenir gratuitement leur carte d’assurance maladie européenne, sorte de carte vitale européenne, ce qui leur facilitera la vie en Europe, en cas de problème.

Dernier petit plus : l’harmonisation européenne des P.V. concernant les infractions de la route.C’est à dire que petit à petit l’UE met fin à l’impunité qui consistait, pour un automobiliste d’un autre pays de l’Union, à se «  lâcher » sans vergogne sur les routes du pays voisin…Désormais, certains paieront comme les locaux. Depuis le 1er août 2013, c’est le cas de l’Espagne, après le Luxembourg, la Belgique et la Suisse (bien que non UE !). Tous les autres vont suivre progressivement .La justice, c’est cela, aussi.

Allons ! l’Europe avance quand même. Pas assez vite, pas assez loin, mais elle avance. Quand les Etats le veulent…

Il ne me reste plus qu’à vous donner rendez-vous en septembre pour de nouveaux billets sur votre euroblog préféré (excusez l’immodestie !)

D’ici là, je vous souhaite un très bel été, qui devrait être calme sur le plan des marchés financiers. Du moins si le « grand démocrate » Berlusconi ne déclenche pas une crise politique majeure en Italie pour assouvir sa volonté d’un énième retour sur le devant de la scène politique. Or on sait que la moindre crise a aussitôt un impact général immédiat sur les marchés, sur tous les prêteurs qui détestent l’incertitude et les tempêtes (même tragi-comiques). Berlusconi est archi fini, mais il pourrait encore avoir le pouvoir de nuire, à son pays et à l’Europe. L’Italie est la 3ème puissance économique de l’UE. Tout le monde est dépendant de tout le monde sur cette planète !