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Le BREXIT, au seuil des négociations, dans un Royaume-Uni affaibli et une UE renforcée

12 juillet 2017

Le Brexit est une démonstration perpétuelle de l’usage que peuvent faire les politiques de l’intérêt général au profit de leurs intérêts particuliers.

Encore le Brexit, me direz-vous ? Et oui, car on n’a pas fini de parler de cet événement crucial.

Et le mois de juin fut riche d’événements autour du Brexit.

Tout d’abord, le 8 juin, ce furent les élections anticipées au Royaume-Uni, décidées par Theresa May pour obtenir, croyait-elle, une majorité absolue. Ces élections n’ont fait que démontrer que les électeurs sont, heureusement, souvent assez éloignés des calculs politiques. Theresa May voulait qu’ils votent, d’une certaine façon, en faveur d’un Brexit hard. Ils ont plutôt voté en faveur de plus de sécurité. Si le parti conservateur a pu obtenir, malgré tout, la majorité à la Chambre des représentants, Theresa May n’a pu atteindre son objectif qui était d’avoir la majorité absolue. Elle en sort un peu affaiblie. En tout cas, moins forte pour les négociations à venir, car le peuple britannique ne la suit plus complètement. Le UKIP, le parti europhobe et xénophobe, s’enfonce de plus en plus dans ses problèmes internes et va finir par disparaître de l’espace public. Déjà, dès le vote du 23 juin 2016 en faveur du Brexit, son leader Nigel FARAGE fut éjecté. Ce fut aussi le cas, auparavant, de David CAMERON, qui eut l’idée d’un référendum sur cette question. Ejecté lui aussi. Et à présent, voici Theresa MAY qui rate son coup de poker visant à avoir la majorité absolue pour avoir les coudées franches. Encore raté ! Si j’étais superstitieux, je dirais que le Brexit, cela porte malheur ! Mais je ne le dirais pas, trop respectueux du vote souverain des Britanniques ! En revanche, je n’aurai pas d’empathie pour les conséquences d’un tel vote. Ils l’ont voulu ? Eh bien ils l’ont ! Ne nous réjouissons pas pour autant trop vite : si les travaillistes s’en sont mieux sortis dans cette élection, c’est parce que leur leader charismatique Jeremy CORBYN a su parler aux Britanniques des questions qui les intéressent, à savoir la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le social et l’éducation. Et aussi parce que son opposante, a été très décevante, y compris dans la gestion du drame de l’incendie de cette tour à Londres. Eux non plus, n’ont pas fait campagne sur le Brexit, cela réveillerait des fractures internes. Pour avoir sa majorité, Theresa May a du faire appel à un parti le DUP, parti unioniste irlandais, qui prône non seulement le maintien de l’indéfectible lien avec l’Angleterre, mais qui est aussi anti-IVG, et très conservateur. Ce choix est une preuve supplémentaire de la faiblesse de Theresa May : parce qu’elle n’a pas réussi à faire alliance avec aucun autre parti. Et parce qu’en choisissant de faire alliance avec le DUP, elle prend le risque de faire renaître, en Irlande du Nord, les tensions entre loyalistes et indépendantistes, entre catholiques et protestants. Alors même que l’accord du Vendredi Saint prévoyait bien la non-ingérence de Londres dans les affaires irlandaises ; et alors même que la question de la frontière entre les deux Irlande risquent d’être un point d’achoppement important au moment des négociations du Brexit.

Deuxième date, celle du 13 juin et du match amical de football entre la France et l’Angleterre. L’occasion du premier voyage officiel de Theresa MAY en France et de sa rencontre avec Emmanuel MACRON. Bien évidemment, le match n’a été qu’un prétexte pour se jauger et se sonder. La lutte contre le terrorisme a été une des questions traitées. Plus aucun pays ne peut se prétendre à l’abri, derrière d’hypothétiques frontières, contre des actes de terrorismes venant, le plus souvent, de l’intérieur même des Etats et effectués par des … nationaux. Seule la coopération interétatique peut nous aider à avoir une position commune et à échanger des informations sur les terroristes. Et l’Union européenne devrait pouvoir, enfin, jouer un rôle déterminant sur ce dossier. En légiférant sur la coopération judiciaire et policière, sur le mandat européen. Mais aussi sur le contrôle renforcé des frontières extérieures (avec Frontex et le corps des gardes-frontières extérieures, à condition de leur donner les moyens d’agir efficacement). Paradoxalement, le Brexit et le terrorisme démontrent que nous avons besoin de plus d’Europe, et non pas de moins d’Europe. Seul, un Etat est faible et fragilisé. Il peut être déstabilisé par des groupes terroristes qui, perdant sur le terrain de la guerre, en Irak, et en Syrie, reportent leurs violences sur d’autres terrains. Nous avons aussi besoin de cette solidarité entre Européens. Nous avons besoin d’être unis face, aussi, aux géants de la diplomatie, comme la Russie de Poutine qui joue un jeu perso au Moyen-Orient, contre les USA de Trump, qui joue un jeu étrange et pervers ; aussi contre la Turquie qui, au nom du renforcement de l’autocratie d’Erdogan, fait du chantage aux Européens. Seul, que pesons-nous ? Rien.

Le Brexit a été aussi, à l’ordre du jour. Car la faiblesse des uns peut être la force des autres. Emmanuel Macron n’a pas hésité à proposer aux Anglais de revenir, si et quand ils le voulaient. Beau pied de nez, médiatique. Et le Brexit, paradoxalement, pourrait être la chance de la France. Car la conjoncture nous est plutôt favorable : l’arrivée au pouvoir d’un président eurofavorable, en même temps que l’affaiblissement de l’influence anglo-saxonne, pourrait aider, finalement, la France a reprendre un peu de leadership européen, depuis trop longtemps abandonné. Car la nature a horreur du vide. Le Royaume-Uni parti, ou en voie de partance, ce sont aussi les idées très libérales qui perdent leur principal soutien, comme la prévalence de la notion de marché sur la construction politique, par exemple. En même temps, deux autres pays, assez proches de ces idées, se trouvent eux aussi affaiblis, du fait de leurs politiques antidémocratiques, ce sont la Pologne et la Hongrie. L’affaiblissement des opposants à une union plus étroite entre pays européens et le retour en force des pays favorables à cette union plus étroite, permet au fédéralisme de refaire, un peu, surface et de redevenir une idée à suivre. On ne s’en plaindra pas. A cela s’ajoute le populisme de Trump, qui ne peut plus apparaître comme un allié ou un atout, et du coup l’Europe cherche à se renforcer, à se recentrer. On va finir par dire merci aux Anglais! Et à TRUMP, aussi ! Car ces deux évènements politiques majeurs peuvent montrer aux citoyens de l’UE à quel point ils ont intérêt à être unis et forts ensemble.

Troisième date importante, le 19 juin : les négociations, entre le Royaume-Uni et l’Union européenne sont officiellement ouvertes. Du côté de l’UE, on sait déjà depuis longtemps, qui sera le négociateur, Michel Barnier, et on connaît les grandes lignes de sa feuille de route (pas de concessions sur les 4 libertés fondamentales, de circulation des Hommes, des biens, des services et des capitaux, qui sont indissociables). Du côté britannique, on connaît aussi le nom du négociateur, David Davies. Mais il semblerait que, du côté britannique, il y ait de l’impréparation. L’indécision entre le soft et le hard Brexit n’est que la partie visible de l’iceberg. On ne sait pas qui compose l’équipe de David Davies. On ne sait pas quel mandat lui a été réellement donné pour négocier. Et on ne sait pas sur quoi les britanniques veulent négocier en priorité. Personne ne sait, non plus, ce que veut, ou peut, réellement Theresa May. Cela fait un peu beaucoup d’incertitudes, et inaugure mal de la capacité des Britanniques à résister aux Européens. Si l’on n’était pas fairplay, on pourrait dire, tant mieux pour nous. Et je subodore que nombre d’entre vous le pensent ! Et vous le pensez si fort que….je le sens ! A fuité (intentionnellement ?) un message au patronat britannique leur indiquant, que la Première Ministre se disait prête à claquer la porte de l’UE sur la question de la « facture » du Brexit. Alors que le patronat est majoritairement en faveur d’un Brexit soft, quand il n’est pas en faveur de « pas de Brexit du tout ». Coup de bluff de Madame MAY pour cristalliser les négociations ? Coup de communication à destination intérieure ? On verra bien si cette position, si dogmatique, pourra être maintenue longtemps.

Car, pour reprendre une expression anglaise, Winter is coming. La bonne situation économique et les bonnes retombées économiques d’une sortie de l’UE  sont désormais notoirement un leurre. L’inflation est déjà à 2,4% au Royaume-Uni. La livre sterling a été dévaluée de 16 % depuis le référendum. Le pouvoir d’achat des Britanniques commence à baisser. Comme au plus fort de la crise de 2008, les Anglais puisent dans leur épargne ou s’endettent pour maintenir leur niveau de vie. Le déficit courant du PIB est de 5 %. Les prévisions de croissance annoncent 1,4% pour l’année 2017 ; et 1,2% pour 2018. Pour le second trimestre consécutif, l’investissement des entreprises est en recul. Normal, quand l’incertitude domine. La main d’œuvre immigrée arrive en moins grand nombre : il manque déjà 30.000 infirmières dans le pays, et les entreprises s’inquiètent de ne plus pouvoir recruter comme auparavant.

Le pays n’est pas encore déstabilisé, mais déjà son économie est plus fragile, et son gouvernement affaibli. Et de nombreux sondages montrent que le peuple s’interroge.

Comme une preuve que le consensus, même silencieux, autour du Brexit n’existe plus, la Reine Elisabeth II est sortie de sa réserve. Au lendemain du référendum, elle a déjà exprimé une timide position, en répondant à un interlocuteur qui lui demandait si tout allait bien, un « cela pourrait aller mieux ». Mais le 21 juin dernier, le message symbolique a été plus clairement énoncé. La reine devait prononcer, devant la chambre nouvellement élue, le discours valant programme du gouvernement. Et bien, cette reine, si réservée, et pourtant espiègle quand il le faut, a choisi, pour cette occasion, un ensemble bleu, et un chapeau bleu orné de petites fleurs jaunes. Tout le monde y a bien vu les couleurs de l’Europe portée par sa gracieuse Majesté. Subtile, la Reine !

Enfin, dernière date, celle du 17 juillet prochain, qui sera celle de la première réunion officielle des négociations. Il devrait y avoir une réunion par mois. Et ce jusqu’à fin octobre 2018. Ce qui fait assez court pour tout négocier. Car il faut laisser du temps pour que les 38 parlements nationaux et régionaux des 28 Etats membres de l’Union européenne ratifient ce traité de retrait. Avant les prochaines élections européennes de juin 2019. Cela fait assez court, à la fois pour le tour de table des négociations, qui portent, quand même, sur des sujets assez lourds, et à la fois pour les parlements qui auront à organiser des débats et à ratifier (ou non) le texte de ce traité. Si on n’arrive pas dans les temps à tout faire, ou si un seul parlement refuse de ratifier l’accord, le Royaume-Uni se trouvera, de facto, hors de l’UE, et considéré comme un pays tiers, c’est-à-dire soumis aux lois de l’OMC, pas particulièrement avantageuse pour lui.

Les négociations se feront par séquençage : un thème après l’autre, et on n’ouvre un dossier que lorsque le précédent peut être fermé. Ce qui n’était pas du tout l’objectif du Royaume-Uni qui aurait préféré ouvrir toutes les négociations en même temps, afin de pouvoir jouer de l’une contre l’autre. Les thèmes seront aussi traités par ordre d’importance : tout d’abord le droit des citoyens européens et britanniques. Puis l’engagement financier britannique dans le budget de l’UE, la fameuse « facture du Brexit ». Elle est estimée, selon les uns et les autres, entre 60 et 100 milliards d’euros. Essentiellement, parce que les Britanniques sont liés jusqu’en 2020, fin de la programmation et du contrat financier pluriannuel qui détermine les financements européens, voire jusqu’en 2022, date effective de la fin des versements des soldes des programmes européens. Quand on se rappelle qu’un des arguments des Leave était, justement, d’arrêter de donner « des sous » à l’Europe, il y a de quoi perturber les électeurs britanniques.

Pour le commun des mortels, et peut-être aussi, et c’est nettement plus grave, pour les femmes et hommes politiques britanniques et européens, le Brexit reste une nébuleuse dont on ne comprend plus très bien pourquoi il a été voté, et comment il va se mettre en place. De ce brouillard naît, cependant, un vrai espoir : celui de faire taire les voix très - trop - promptes à demander qui un Frexit, qui un Grexit ; etc. On le voit bien, la sortie de l’Union européenne est complexe (car il faut « détricoter » plus de 60 ans d’avancées et de liens toujours plus étroits : accords, conventions, traités, règlements, directives…). Elle est aussi, indéniablement coûteuse, pour les deux parties, mais beaucoup plus pour le sortant. Elle a un effet déstabilisateur fort dans la politique intérieure du pays.

Je ne bouderai pas l’envie de vous citer Jean QUATREMER, brillant journaliste de Libération, en poste à Bruxelles, dans un de ces post sur son blog : « il fallait que tous les europhobes et eurosceptiques de l’Union voient leur rêve se fracasser sur le mur de la réalité. Je tiens donc à réitérer mes profonds remerciements au peuple britannique qui a su, encore une fois, faire montre d’un esprit de sacrifice qui l’honore : grâce à lui, les peuples européens vont être vaccinés pour longtemps contre l’aventurisme démagogique ».

En arrière-plan du Brexit, se joue une partie tout aussi intéressante qui est celle de l’avenir de la City, et du déplacement des activités de la place financière britannique vers le continent.

La Commission européenne vient, en effet, de lancer une révision de la directive sur les infrastructures de marchés. Ce qui s’apparente, de fait, à une déclaration d’hostilités contre la City. Pour comprendre les enjeux de cette directive, il suffit de lire le rapport d’information, rédigé par le sénateur Albéric de Montgolfier, et publié le 7 juin dernier, sur « la compétitivité des places financières ».

Car le Brexit devrait permettre de rééquilibrer le paysage financier européen, en transférant une partie des activités de la City vers d’autres places financières, au rang desquelles on trouve Paris, Amsterdam ou Francfort. L’enjeu est tout aussi important du côté britannique. Actuellement, le secteur financier représente 7,2% du PIB du pays, dont 50% réalisés sur la seule City de Londres. C’est 1 million d’emplois directs (dont un tiers à Londres) et 1,5 millions d’emplois indirects. La place de Londres est indéniablement la 1ère place financière européenne. Les cinq plus grandes banques d’investissement ont leur siège européen à Londres, et y ont installé 88% de leurs effectifs. Un quart des revenus financiers de la City sont liés à l’Union européenne.

Il y a deux réels enjeux dans les négociations du Brexit : le passeport européen et les chambres de compensation et d’arbitrage.

Le passeport européen permet aux établissements de crédit, de paiement, d’investissement ou d’assurance de pouvoir déployer leurs activités sur l’ensemble du territoire de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, dès lors qu’ils sont installés dans un Etat membre et qu’ils ont reçu un agrément. 336.421 passeports européens ont été délivrés à 5.476 entreprises britanniques, afin qu’elles puissent réaliser des opérations financières dans tout l’espace de l’UE et de l’EEE. Ce passeport européen repose sur un pré-acquis : la libre circulation des capitaux. Or, sans accord sur cette liberté de circulation (ce qui est aujourd’hui la position de Theresa May en faveur d’un hard Brexit), ce passeport européen sera remis en cause. Et les entreprises du secteur financier, basées à la City, ne pourront plus exercer dans l’UE et dans l’EEE. Deux solutions s’offrent alors à elles. Soit demander un « régime d’équivalence », soumis à approbation de la Commission européenne, et révisable unilatéralement par la Commission (régime qui, de toutes façons, est en cours de révision). A ce jour, seules 212 décisions d’équivalence ont été attribuées, et ce régime ne peut pas s’appliquer aux activités de crédits, d’assurance et de gestions d’actifs pour les particuliers. Soit déménager leurs activités sur une autre place financière européenne.

L’ Autorité bancaire européenne, située à Londres actuellement, devra aussi être relogée dans un Etat membre de l’Union européenne, de même que les chambres de compensation libellées en euro. Au passage, je signale également la perte pour le Royaume-Uni de l’Agence européenne du médicament (2000 emplois), et pour la France la candidate retenue est Lille, au détriment de Lyon (décision politique du quinquennat précédent ?..).

Pour revenir aux chambres de compensation, un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) avait déjà débouté la BCE qui estimait que ces chambres devaient être situées dans un pays de la zone euro, puisque la BCE est prêteur en dernier ressort, et garante, in fine, de ces chambres. La CJUE avait estimé, quant à elle, que ces chambres de compensation n’avaient pas à être situées obligatoirement dans la zone euro ; mais qu’elles devaient, impérativement, être situées dans un Etat membre de l’UE. Or, une de ces chambres de compensation, LCH, représente à elle seule 80% de la compensation mondiale des dérivées des taux d’intérêts. Elle devra relocaliser ces activités.

La place de Paris espère avoir toutes ses chances.

La place du secteur financier dans le PIB de la France est de 4%, comme pour l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne. Cela représente 750.000 emplois. Paris compte déjà 5 banques parmi le Top 15 des banques européennes : BNP Paribas / Crédit agricole / Société générale / et Groupe BPCE (Banques populaires et Caisses d’Epargne). Elle compte aussi 4 assureurs parmi le Top 20 des assureurs européens : AXA (1er assureur mondial) / CNP assurances / COVEA / Groupama. Enfin, Paris occupe la 2ème place en Europe pour le montant des actifs sous gestion, et la 3ème place pour la domiciliation des fonds.

La France bénéficie aussi d’un environnement favorable : bon niveau d’études et main d’œuvre très qualifiée (les grands traders sont formés dans les instituts mathématiques français), une activité économique conséquente, un taux d’épargne important. Elle pêche cependant par deux points : tout d’abord l’environnement des entreprises, en matière fiscale, réglementaire et droit du travail, considéré comme trop rigide par le monde économique et financier. Elle pêche aussi par une réputation, non usurpée, de mauvais élève de la classe en matière de respect des directives européennes. Le dernier audit de la Cour des comptes l’a confirmé. Un dérapage de 8 milliards d’euros sur le budget de l’année, soit un dépassement du déficit public de 0,4% par rapport aux objectifs de 2,8% annoncés pour la fin du précédent quinquennat, ce qui laisserait le déficit public à 3,2%, encore au-dessus des règles de Maastricht (3% maxi). Nous sommes l’avant-dernier pays européen en matière de déficit public. Il n’y a plus que l’Espagne qui fait pire que nous. Ce n’est pas glorieux. L’Allemagne est à 0% de déficit. Son budget est en parfait équilibre. Et comme elle a 12 milliards d’excédents budgétaires (car ses rentrées fiscales ont été plus importantes que prévues), elle va pouvoir commencer à ramener la dette publique, progressivement, au taux de 60%, d’ici 2021. Nous en sommes très loin. Et c’est notre plus gros handicap, qui nous « plombe » depuis 30 ans, avec une dette abyssale de plus de 2200 milliards € qui nous prive de la possibilité de faire des gros investissements productifs et de relancer la croissance, donc l’emploi.

Enfin, une telle dette a un côté résolument immoral car nous «  plantons » nos enfants et petits enfants qui hériteront de cette dette, durablement. Et on en parle….tous les cinq ans, pendant la campagne présidentielle, et puis on ne fait rien  Comment alors être crédible, et peser en Europe, face aux autres pays qui ont fait les réformes, et les efforts ? Cigale ou fourmi ? Il faut faire le bon choix !