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Plus que jamais, l’Union européenne devra faire bloc ! A chaque dirigeant actuel de le comprendre…Aux citoyens européens de l’imposer.

20 avril 2020

La crise sanitaire du Coronavirus, qui finira bien par régresser puis disparaître dans une temporalité encore très incertaine, laissera, assurément, des traces durables sur le plan, cette fois, économique et social.

Le monde entier tourne déjà au ralenti, la récession est déjà considérable au plan mondial, entre 3 et 10 % selon les zones. Aucun continent ne sera épargné. En Afrique, la pandémie commence à peine à faire ses ravages ; et on peut craindre le pire compte tenu de ses infrastructures sanitaires… La conséquence sera, partout, la fermeture temporaire – ou définitive – de dizaines de milliers d’entreprises – PME notamment – et de commerces générant hélas des cohortes de chômeurs, à temps partiel ou total.

La France est déjà en récession de 8 %, la zone euro de 7,5 %.

La Commission européenne, la BCE et la BEI ont bien sûr (n’en déplaise, encore et toujours, aux polémiques stupides du début disant que « l’Europe ne faisait rien ») déjà pris des mesures importantes, voire exceptionnelles, d’un montant global (dotations, prêts, garanties sur prêts) de 2500 milliards €. Le chiffre est impressionnant ( 1/6 ième de son PIB!!) mais pourtant insuffisant pour la taille et le poids de l’Union. L’Union européenne manque encore de cohésion, de coopération et de solidarité. Les Etats souverains sont encore égoïstes, rechignent à jouer collectif sur les budgets, les dettes, les investissements, la recherche, le social, la fiscalité. C’est lamentable et suicidaire. On assiste parfois à des « compétitions » ridicules entre chefs d’ Etat, qui pérorent sur le fait que « leur » pays à été le premier à faire des tests, ou à distribuer des masques. Puéril et dérisoire. Lorsque la pandémie aura disparu, il faudra être un peu plus sérieux, inventif et solidaire pour relancer la machine, comme en 1945…Sans se « pousser du col » et tenter de sauver sa peau sur le plan politique…Les chômeurs ne se satisferont pas de statistiques post-crise « auto élogieuses », ils exigeront plutôt des plans solides et ambitieux pour la relance économique. Espérons que le choc du Covid-19 servira à des prises de conscience fortes et rapides, et que l’on ne « recommencera pas tout comme avant ». Question utile ou totalement naïve ? L’avenir le dira…

Oui, mais voilà…Le Conseil européen (Chefs d’Etat et de Gouvernement) continue à écraser les deux autres instances majeures, la Commission européenne qui a, pourtant, l’initiative des lois, et le Parlement européen qui devrait assurer pleinement sa responsabilité, en tant que voix des citoyens.

Même si de très belles choses ont été réalisées et réussies en 60 ans, à commencer par une monnaie fédérale, l’UE est – à nouveau – à la croisée des chemins, face à son destin, dans un contexte mondial de plus en plus concurrentiel et parfois menaçant. Plus que jamais, les Etats membres doivent s’unir, avancer ensemble, mutualiser les atouts et capacités de notre Europe , en paix et en démocratie. L’Union avance toujours dans les crises, avait constaté Jean Monnet il y a des décennies. C’est le moment de le prouver, et vite.

Des mesures ont été prises, assouplissant des règles du Pacte de Stabilité et de croissance, de la politique de concurrence, etc.

Il faudra aller plus loin. Beaucoup plus loin. Nous avons besoin d’un « Plan Marshall » pour la relance économique de l’Union, pour retrouver sa souveraineté industrielle, pour s’entraider bien davantage entre Etats du Sud et Etats du Nord, entre Etas vertueux et Etats dépensiers, dépassant les égoïsmes et les concurrences absurdes, qui profitent aux autres géants, Etats-Unis et Chine.

Les réunions de l’Eurogroupe (les ministres de l’Economie et des Finances de la zone euro) ou des chefs d’Etat et de gouvernement pour toute l’UE n’ont pas réussi à s’entendre depuis des mois, et encore à présent, sur des plans de relance massifs, sur un budget européen décent, sur des mutualisations de dettes (eurobonds ou coronabonds), sur une assurance chômage européenne, sur la généralisation de fusions industrielles, sur des emprunts européens, sur une impérative harmonisation fiscale et sociale, sur une forte incitation des banques à prêter aux personnes, aux entreprises et aux collectivités. Christine Lagarde, présidente de la BCE a, fort opportunément, exhorté les banques de la zone € à desserrer les conditions d’actroi des prêts, à des taux très bas.

Le FMI a publié, le 14 avril, des prévisions économiques alarmantes, notamment pour la zone euro (19 pays, 332 millions d’habitants). Le PIB chuterait de 7,4% en 2020. A noter que, pour la France, le gouvernement prévoit déjà un PIB à – 9% (- 7,2% selon le FMI) pour 2020, avec une tendance possible jusqu’à – 12%… Le gouvernement prévoit d’ores et déjà une dette à 115% du PIB, et une perte fiscale de…43 milliards € (perte de TVA surtout!) cette année. Du jamais vu depuis 1945 !

A l’échelle du monde entier, l’économie mondiale se contractera de 3% au moins, soit la pire récession depuis 1929 ! Les chiffres sont affolants. Je pourrais en citer des centaines : en un mois, aux Etats-Unis, on compte 22 millions de chômeurs. Du jamais vu ! En Espagne, près de un million d’Espagnols sont déjà au chômage. En France, l’Insee a calculé que un mois de confinement devrait nous coûter trois points de PIB, mais on comptera les chômeurs plus tard…Production mondiale arrêtée ; chaines d’approvisionnement ralenties ; effondrement des prix des matières premières : le prix du baril de pétrole est passé sous les 20 dollars ; idem pour le cacao, l’huile, le cuivre,etc. Ne jamais se réjouir de l’effondrement des cours, car cela signifie fermetures massives d’entreprises de production, de distribution, de sous-traitants ; des millions de chômeurs partout dans le monde. Donc une augmentation de la pauvreté et des inégalités, qui diminuaient (lentement) depuis trente ans ! Par exemple, la fermeture des écoles dans le monde entier sacrifiera des millions d’élèves dans les pays les plus pauvres, car beaucoup abandonneront définitivement leur scolarité (on l’a vu avec l’épidémie d’Ebola en Afrique)

Des crises comme cela, on en a 1 ou 2 par siècle. Pas plus, heureusement . Mais d’autres organismes prévoient aussi que si 2020 sera catastrophique, 2021 pourrait être l’année d’une reprise forte, on annonce des chiffres allant de + 5% à + 10% de croissance du PIB ! Ce qui, alors, corrigerait assez vite le désastre (sur le plan fermeture d’entreprises, PME, petits commerces et suppression massive d’emplois) annoncé pour 2020. Il faut donc relancer tout de suite la machine, en faisant des plans très ambitieux partout, sans compter. En oubliant temporairement toutes nos règles (budgétaires) européennes, par exemple. Je dis bien «  temporairement ». Aux grands maux les grands remèdes…

A tel point que la France, qui ouvre grand le « carnet de chèques » depuis le début de la pandémie, prévoit à présent un plan d’urgence conséquent de … 110 milliards € pour endiguer au maximum les effets de la récession inéluctable. Et tans pis pour l’explosion de la dette !! L’Union européenne aussi a ouvert grand les vannes, ce qui n’est pas courant, mais prévu par les traités, contrairement à ce que j’ai pu lire, ici ou là !

Un plan de relance énorme de 1.500 milliards € va être déclenché si les Chefs d’Etat et de gouvernement veulent bien le valider au Conseil européen du 23 avril prochain. Auront-ils vraiment le choix ? Les digues dogmatiques ont sauté, place à la dépense publique sans limite, même la BCE a ouvert la brèche, avec plus de 1.000 milliards € de rachats de titres de dettes souveraines, de garanties de prêt. Aux grands maux les grands remèdes. Mario Draghi avait pris déjà des premières mesures « non conventionnelles », selon le jargon employé, il y a quelques années ; Christine Lagarde marche dans ses pas en allant plus loin encore ! Chapeau bas ! Même s’il faudra, en grande partie, payer la facture (des prêts) . Mais ce sera plus tard, bien plus tard…

Soyons honnête. L’heure est évidemment à la relance absolue. Sans aucune autre alternative. Mais le temps viendra, en effet, où il faudra payer les factures par l’impôt, par un surcroît de travail, par des remboursements accrus de dette sur des périodes rallongées. Nos futures générations « apprécieront », en 2030, 2040, 2050, de devoir rembourser nos dépenses des années 2020. Comme nous sommes nous-mêmes ravis de rembourser les prêts et dettes contractés par nos aînés dans les années 1980-1990 !! Surtout dans un pays comme la France, fiscalement très inégalitaire, où un Français sur deux échappe à l’impôt !!

L’enjeu et les défis qui nous attendent ne doivent pas non plus oublier une nouvelle problématique qui va être essentielle durant ce siècle et peut-être les suivants : la sauvegarde de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique. Cela complique encore l’équation, par rapport aux relances faites après la terrible crise de 1929 et la seconde Guerre Mondiale, qui elles étaient exclusivement économiques, nullement écologiques. Désormais, nous devons aussi sauver la planète, pour la survie de l’Homme. Excusez du peu…

Les mois et années qui viennent seront donc, pour l’Europe, pour notre Union, un enjeu et un défi encore plus forts, plus urgents, plus vitaux après cette crise sanitaire mondiale.

Si nous échouons, ce sera la faute des dirigeants européens, obnubilés, dans leurs décisions, par leur côte de popularité et leur (ré)-élection, au détriment de l’intérêt général européen. Mais ce sera aussi la faute des 450 millions de citoyens d’Europe s’ils restent inertes, s’ils ne choisissent pas les dirigeants les plus pro-européens, et s’ils ne sont pas ensuite les « aiguillons » de leurs dirigeants élus démocratiquement. Le Covid-19 a révélé que la Chine est la « pharmacie du monde », produisant 75 % des médicaments du monde ! Elle devient même, plus largement, « l’usine du monde » ! Sidérant. Où est notre souveraineté européenne ? Nous avons une dépendance technologique, nous avons perdu notre souveraineté numérique, les GAFAM sont tous américains. En attendant d’être chinois. Mais où est l’Europe, impuissante car morcelée en 27 Etats disparates ?…

La « Convention sur le futur de l’Europe », promise par la Commission européenne et le Parlement, qui démarrera j’espère en 2020, après la pandémie mondiale ( elle devait démarrer le…9 mai!), et durera deux ans, devra entendre, promis-juré, la voix des citoyens européens.

Sachons donc saisir cette opportunité, participons - y pleinement. Il appartiendra aux peuples européens de clamer haut et fort à leurs dirigeants que la seule solution passera par plus et mieux d’Europe, et pas par des replis sur soi, des nationalismes mortifères et des budgets européens indigents. Un sondage du 4 avril 2020 paru dans «  Libération » va d’ailleurs dans ce sens, préférant « plus d’Europe » que « plus de France », 70 % veulent reprendre la construction de l’Europe et créer une vraie puissance européenne. Et 65 % veulent créer, aux frontières extérieures de l’UE, un protectionnisme économique beaucoup plus strict envers le reste du monde. Encourageant.

L’expérience de la crise de 2008 devrait aussi nous servir de leçon. L’UE avait souffert de la procrastination de ses dirigeants, de la division entre eux et de la carence de solidarité envers les « cigales » du sud qui certes vivaient largement au dessus de leurs moyens, et laissaient filer leur déficit sans vergogne, mais qui méritaient tout de même assistance des pays riches. Lesquels n’ont d’ailleurs pas toujours été vertueux, eux non plus, comme l’Allemagne en 2003, entraînée certes, un moment, par la France, avec, à cette époque, les compères Chirac / Schröder !…. Mais l’Allemagne redeviendra vite vertueuse et surtout réformatrice (lois Hartz, exploits dans les exportations, etc) tandis que la France, en déficit depuis 1976, peinera à se réformer , négligera son industrie, exportera de moins en moins et s’enlisera donc dans un chômage de masse et un déficit chronique jusqu’à maintenant. Et grippera le « moteur » franco-allemand, et donc toute l’UE compte tenu du poids démographique et économique de ce « couple ».

Soyons lucides. L’UE représente 7% de la population mondiale. Elle représentera 4% seulement en 2050, et sera au mieux la troisième force économique, derrière la Chine et les Etats-Unis.

Il est temps d’agir, ensemble, unis et solidaires, si nous voulons conserver nos modes de vie, nos acquis sociaux, nos libertés et nos conceptions de la démocratie, publique et privée…Il va vraiment falloir que nos dirigeants européens, actuels et futurs, l’entendent ! A nous, citoyens d’Europe, de les convaincre d’agir enfin, pour faire « plus et mieux d’Europe », par nos votes…

Ne laissons pas ce XXI ième siècle sous la coupe américaine puis asiatique. Et c’est maintenant que cela se passe. Pas dans trente ou cinquante ans ! Demandons, exigeons un plan « Marshall » européen, économique, social et écologique, plaidons pour une Europe politique. Aux grandes crises les grands remèdes !

ACTUALISATION :

Le Conseil européen du 23 avril (les 27 Chefs d’Etat et de Gouvernement) a chargé la Commission européenne de préparer un important plan de relance économique à moyen terme. Elle devra rendre sa copie détaillée le 6 mai prochain.

Après l’échec du début du mois, les chefs d’Etat et de gouvernement, souvent divisés, ont fait incontestablement des progrès en trouvant enfin, en 5 heures de discussions, un consensus sur une réponse forte et rapide à la crise économique et financière qui s’annonce inévitable et inexorable.

Le plus dur est fait, même si l’on attend avec impatience les détails de ce plan de relance: quel sera son montant: 1500 milliards € ? 2000 milliards ? On sait aussi que ce plan sera “rattaché au budget pluriannuel de l’UE”. Son montant s’ajoutera-t-il au budget européen, ou sera-t-il “pris” sur d’autres postes clés de ce budget (les fonds structurels; Erasmus; la PAC etc). Auquel cas se serait une farce: on déshabillerait Paul pour habiller Pierre !!

Par ailleurs, je vois mal comment les pays “riches” ne devront pas mettre la main à la poche, et augmenter sensiblement leur contribution au budget européen (qui n’est que de 160 milliards € par an pour 27 Etats! ) A titre d’exemple, le budget annuel de la France est de 370 milliards €!) . D’ailleurs Madame Merkel a déjà déclaré publiquement que son pays était prêt à augmenter sa contribution au budget de l’Union. Ceci est un signal très positif, envoyé aux autres “riches” de l’UE: France, Pays-Bas, Autriche, Belgique, etc.

Par contre, ce dernier Conseil européen du 23 avril reste sur un échec en ce qui concerne toute redistribution entre Etats, à savoir des “transferts budgétaires” donc un partage des efforts entre Nord et Sud. Cela déboucherait sur une mutualisation des dettes. Là, les pays les plus libéraux (Allemagne, Autriche, Pays-Bas) n’en démordent pas et refusent de mutualiser des dettes souveraines, car cela reviendrait à faire payer les riches (eux) pour aider les pays cigales (le sud). La seule solution pour financer ce plan de relance majeur sera donc un emprunt européen énorme, au prorata des moyens des pays (l’Espagne a déjà proposé d’engager 1500 milliards €, soit 10% du PIB européen!). Cet emprunt serait évidemment largement financé par les grands pays, et les plus riches. Les générations futures n’ont pas fini de rembourser…

Outre les Etats membres, la Commission pourrait aussi lever des fonds sur les marchés financiers (de l’ordre de 320 milliards €) qui alimenteraient le budget européen, via un programme consacré à la relance.

Bref, il y aura toujours des solutions pour redémarrer l’économie en panne, à l’exception de tout endettement “mutualisé” et autres eurobonds. Cela, c’est la ligne rouge à ne pas dépasser. Aux pays “cigales” de le comprendre. Ils ont trop besoin du “cash” des pays riches, et ils doivent les rassurer quant aux remboursements des prêts qu’ils auront reçu…

Je reviendrai naturellement sue le détail de ces mesures essentielles, que nous connaîtrons le 6 mai prochain, si nos Etats restent sur ces bonnes dispositions de “mettre le paquet”. Ursula von der Leyen,  présidente de la Commission européenne, a promis une ” augmentation d’une puissance de feu ” du budget européen. C’est de bon augure.