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Des mots, des maux, …. démons ?

Enfers fiscaux, enfers bancaires.

La formule ne vient pas de moi, mais des Allemands. Les Allemands, à bon droit, préfèrent appeler « enfer » les …. « paradis » fiscaux, ou bancaires. C’est, en effet, plus juste, plus moral. Car ce qui est paradis pour les uns est… enfer pour les autres. En tout cas, en économie ou en finance.

On connaît bien d’ailleurs, pour l’employer souvent, la formule voisine, voire connexe : « le malheur des uns fait le bonheur des autres ».

Pour continuer la sémantique morale, on qualifie d’ailleurs de capitalisme immoral –ou amoral – le capitalisme spéculatif, donc improductif. Le « mauvais » capitalisme, celui qui n’est pas productif, ou entrepreneurial. Je pourrais multiplier les exemples. On parle de  « cercles vicieux » de l’économie, opposé à un cercle « vertueux ». On stigmatise encore les titres « pourris », l’argent « sale », ou encore le « capitalisme fou ». Pour que le mal rédempte… le mal, on invente même les « bad banks » ces banques qui vont récupérer – et traiter – les créances douteuses, pourries, à risque.

Derrière autant de qualificatifs si négatifs, se cachent les auteurs du mal, les fauteurs (de mal) devrais-je dire. J’ai nommé les spéculateurs, les cupides, les avides, les profiteurs (ou euro-profiteurs), les aigrefins, les arnaqueurs, les voleurs, les manipulateurs, les menteurs, les marchands d’illusion, ou de soupe, les fraudeurs. Je dois en oublier.

Tout cela existe, bien sûr, tout cela est vrai, pour un certain capitalisme financier. Et il convient urgemment, si possible dès le G20 du 2 avril prochain à Londres, que l’Europe unie (espérons…) convainque nos amis américains de la nécessité absolue de sanctionner tous les fraudeurs afin de réguler ce mauvais capitalisme. Le retour de la confiance sera à ce prix-là. Cette action en profondeur (et durable) n’entravera d’ailleurs, aucun nouveau plan de relance. Il n’y a aucune incompatibilité à traiter les deux concomitamment, comme semblent le prétendre les Etats-Unis. C’est même un devoir absolu.

Les plans de relance seront encore plus efficaces dans un début de commencement de régulation sur toute la planète, traquant les spéculateurs immoraux et assainissant les mécanismes et produits financiers « à risque ».

 Donc, le G20 qui va réunir le 2 avril 80% de la production et de la richesse de la planète ne doit pas rater le coche, et combiner relance et régulation. Pas de relance sans régulation ! Et on ne fera pas de G20 tous les 15 jours.

Car, stigmatisé à longueur de journée par des médias en quête de sensationnalisme mercantile, ce capitalisme pourri finit par contaminer « l’autre » capitalisme, vertueux, lui, normal, sain, productif, celui qui fait tourner et vivre la planète, celui qui n’arrête pas de faire émerger les (anciens) pays pauvres, par son dynamisme, sa rénovation permanente, son pragmatisme, son adaptation à tout, et même (surtout ?) aux crises, sa régénérescence permanente, spontanée ou régulée.

A notre époque trop manichéenne où le « lynchage » l’emporte trop souvent sur la mesure, l’analyse ou le débat, on a vite fait de confondre, en toute innocence ou par posture idéologique, les « deux » capitalismes, le bon… et le « bad ».

Le résultat est le même : on jette l’anathème sur le « système » tout entier : le capitalisme (NDLR : lequel ?) est pourri, mort, il faut le changer. De fil en aiguille, l’économie de marché est honnie (36% des Français seulement l’apprécient !!), le profit est suspect, le patron est (forcément) un salaud, et la Bourse est un véritable lieu de perdition.

Très bien. Et après le déferlement collectif et schizophrène, on fait quoi ? On remplace quoi… par quoi ?… Quelle alternative crédible ?

En attendant, le mal est fait : le pays est en dépression collective, tout devient critiquable et condamnable, au-delà du raisonnable, la peur (de tout) l’emporte sur l’espoir, l’individualisme sur la solidarité, l’irrationnel sur le réel.

On jette tout avec l’eau du bain. Tout ce qui est excessif est dérisoire, selon le dicton. Oui, sauf que là, on joue avec le feu, et on peut prêter attention à toutes les sirènes de la démagogie, du « Yaquafauqu’on » (NDLR : il y en a même des vrais !…), des « remèdes » pires que le mal.

Attention aux fausses bonnes « solutions ».  Régulation, oui, et vite. Le « grand soir » non. Le reste de la planète, en Asie et ailleurs, veut continuer à « émerger » : travailler, produire, s’enrichir, prospérer. Et rebondir après la crise, situation, par définition, temporaire. La reprise succède toujours à la crise, comme l’a toujours permis le capitalisme (le « bon »), depuis deux siècles, avec ses imperfections, ses inégalités, ses exubérances, parfois.

 

Donc attention aux termes, aux qualificatifs, aux clichés faciles, surtout en temps de crise, qui sont ravageurs, et peuvent saper le moral, miner la confiance, et partant la croissance ou la reprise.

Le  « poids des mots » … disait un magazine…

Des mots ? Ou des maux ?

Gare aux démons !

5 Réponses à “Des mots, des maux, …. démons ?”

  1. Magali Dubié dit:

    Quant on se sent eu bord du gouffre, tiraillé par ses propres crédits re-crédités, par son entreprise qui défaille, par l’angoisse du lendemain, de l’année prochaine,et des dix ans à venir, on ne veut plus comprendre, on ne veut plus admettre, on ne veut plus lire, d’un côté les salauds, les grands gagnent toujours, et les dociles, les petits s’enfoncent encore un peu plus.
    Le bon sens “Mondial” des 20 pays les plus riches doit cette fois ci, le 2 avril, pour le salut de tous, petits et grands : ENFIN prendre les décisions qui s’imposent. Les bonnes décisions. Pour redonner de l’Air aux petites entreprises comme aux grandes, aux gens qui bossent comme des tarés pour sauver leur emploi ici comme ailleurs, à ceux qui croient, qui font, qui pensent, qui créent, qui fabriquent, qui inventent tout le temps…. par ce qu’il n’y a que comme çà que la terre tourne, que l’homme va dans la lune, qu’il soigne, qu’il trouve pour les autres, qu’il se démène pour que la vie avance..
    Les spéculateurs, comme les prédicateurs stupîdement alarmistes sont à jeter avec l’eau du bain…
    Merci Alain, de rappeler qu’il y a des gens qui se creusent les méninges pour trouver des solutions. Aujourd’hui ce G20 est peut être composé de la meilleure équipe de Chef d’Etats qui soit en ce début de siècle, il faut leur faire confiance….
    et jeter hors du débat les faussoyeurs !

  2. Romain Burgat dit:

    Bien vu Alain, tu remets les points sur les “i”. Car nous le savons tous, ce n’est pas l’anticapitalisme qui nous permettra de sortir de la crise !
    L’Europe semble avoir bien compris la nécessité de réguler davantage notre système financier. Mais je crains que les Etats Unis ne l’entendent pas de cette oreille. B. Obama que certains voyaient déjà comme le “Messie” va peut-être montrer ces limites…
    C’est toujours un réel plaisir de te lire, merci.
    Amitiés.

  3. caroline dit:

    Tu as raison , mon cher Alain, le systeme financier international doit être régulé et pour redonner confiance aux personnes , il faut que les médias cessent d influencer à outrance et de nous peindre qu’ un tableau noir.

  4. Claude Jeandel dit:

    Alain,

    Ton papier est pas mal fait et assez
    objectif.

    Il est vrai qu’il ne faut pas croire au grand soir.Néanmoins, il convient de préciser quelques éléments.

    Je crois déjà l’avoir dit, ce n’est pas à l’Etat de vendre et de construire des machines à laver et autres produits manufacturés. Tu sais mieux que moi, qu’effectivement, l’économie est un cicuit qui tourne. Toutefois, plus on élargit le champ dans l’espace mondial, il devient en cela de moins en moins controlable. Il faut donc réguler certes, mais je dirais allez plus loin, en avoir le contrôle.

    D’abord revenir au niveau des Nations pour les décisions de poltique économique, à charge à celles-ci d’engager d’autres partenariats pour déterminer des actions communes àfin de rendre plus efficaces les décisons de contrôle économique. Cela suppose pour moi, la suppression d’organes qui agissent supparanationnallement tels que la Commission de Bruxelles, revoir les statuts de la BCE où ses membres seraient nommés par les Etats, j’entends par-là que la BCE ne serait qu’un organisme d’exécution de la volonté des politiques nationales et donc Jean-Claude Trichet à l’ANPE.

    Gaullistement et amicalement

    Claude JEANDEL

  5. Claude Jeandel dit:

    @magali Dubié

    Vos remarques sont très pertinrntes et je les approuve en grande partie sauf la dernière phrase.
    Affirmer que les dirigeants du G20 sont les meilleurs de ce début de siècle c’est quand même un manque de culture historique.
    Le XXème siécle a connu Roosevelt, Churchill, De Gaulle, Adenauer, Clémenceau en 14-18, lesquels sont quand même au dessus du lot puisqu’ils étaient de très grans hommes politiques et surtout des visionaires et de grands chefs d’Etat. Or ceux du G20 n’ont même pas prévu la crise en laissant se développer l’économie virtuelle. Pour moi ces Chefs d’Etat sont du bas de gammes et pipi de chats et n’ont aucune envergure.

    Gaullistement votre

    Claude JEANDEL

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