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La réintégration de la France dans l’OTAN: polémiques, polémiques… faux prétextes et faux semblants!

C’est fait ! Et évidemment c’est historique : la France est de retour dans les structures militaires intégrées de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) qu’elle avait quitté sur décision du Général de Gaulle le 10 mars 1966.

Et l’Assemblée Nationale vient d’apporter sa confiance au Gouvernement par 329 voix pour et 238 contre, sur cette décision stratégique majeure, et à quelques jours du 60ème anniversaire du Traité de l’Atlantique Nord, signé le 4 avril 1949.

Aussitôt, bien sûr, c’est le jeu démocratique, de vives polémiques et critiques ont fusé, s’appuyant sur des symboles, voire des mythes… qui affecteraient l’indépendance militaire de la France…

Fadaises que tout cela !

Il n’y a, bien sûr, aucune crainte à avoir pour la souveraineté nationale française. D’ailleurs, les Français sont plus sages que certains politiques puisque des enquêtes d’opinion attestent que près des deux tiers soutiennent le plein retour de la France dans l’OTAN.

La France gardera sa totale marge de manœuvre, et sa totale capacité de dissuasion nucléaire. Elle continuera à intervenir (ou pas) où elle veut, quand elle veut. Comme en Irak en 2003 où elle refusa d’y aller, et comme en Afghanistan aujourd’hui où elle accepta. D’ailleurs, en 2003, l’Allemagne aussi a refusé d’intervenir en Irak, et pourtant elle était déjà, elle, dans le commandement intégré de l’OTAN !

 

Autre polémique stérile : d’aucuns prétendent que cela affaiblira l’émergence d’une politique de défense européenne… Ceux là même dont les « pères » politiques ont torpillé (sans jeu de mot) en 1954 le projet de CED (Communauté européenne de Défense). Sur les 6 pays fondateurs de l’Europe, seule l’Assemblée nationale française, à une écrasante majorité de Gaullistes, Communistes et Socialistes, a voté contre l’Europe de la défense ! Les 5 autres pays avaient voté oui !

Résultat : on a laissé le champ totalement libre à … l’OTAN !

Résultat : même si, depuis Maastricht (1992) l’Europe a compris qu’elle n’existerait que si elle recouvrait les trois éléments clé de la souveraineté (à savoir une monnaie, une défense  et une diplomatie crédibles) face aux puissances d’aujourd’hui… ou de demain, la défense européenne (60.000 hommes mobilisables en 60 jours) reste de très loin inférieure à la capacité militaire de l’OTAN !

Alors, de qui se moque-t-on ?

Comment peut-on oser dire que l’apport de la France à l’OTAN va affaiblir la capacité de l’Europe de la défense ? Comparons ce  qui est comparable, s’il vous plaît !

D’autant que l’OTAN a tout un pilier européen, et que, je le répète, la France n’a jamais quitté l’OTAN sur le plan des forces militaires, et des contributions budgétaires, strictes.

Autre argutie entendue : qui oserait penser une seule seconde que la France renoncerait à sa capacité autonome de force de frappe nucléaire ? Ou encore à son siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU ? Le commandement intégré de l’OTAN n’enlève aucune autonomie. La preuve ? L’Allemagne est dans le  commandement intégré de l’OTAN. Cela ne l’a pas empêché en 2003 de refuser d’aller en Irak !

Enfin, cette intégration dans l’OTAN met fin à une sacrée hypocrisie. La France n’a jamais quitté l’OTAN. Le Général de Gaulle, en 1966, s’était juste retiré de son commandement intégré, pas de l’Alliance atlantique. Nuance. D’ailleurs, la France est le 4ème contributeur de l’OTAN sur le plan militaire ! Et aujourd’hui 4.000 militaires français participent déjà à des opérations conduites par l’OTAN…

 

En somme, la France cumulait tous les inconvénients, et peu d’avantages : elle faisait un gros effort financier, avec une forte contribution militaire, sans être totalement intégrée : pas accès au commandement suprême, donc pas accès aux secrets militaires, au renseignement. Bref, un statut « bâtard », inconfortable et ambigu.

La France n’a rien perdu. Elle a plutôt gagné en influence, en reprenant toute sa place.

Cela ne remet nullement en cause sa « souveraineté », ni son autonomie militaire.
Cela ne  remet évidemment pas en cause la politique européenne de défense, qui reste une nécessité absolue si l’Europe veut peser géopolitiquement dans les années futures.

Le Traité de Lisbonne, s’il est adopté par les Irlandais à l’automne, ira un peu plus loin dans cette Europe de la défense, et ainsi de suite.

La France sait très bien que sa place dans le monde est au sein de l’Europe, et donc aussi dans l’Europe de la défense. Sa place dans l’OTAN ne lui enlève rien, et lui ajoute de l’influence au sein de l’Organisation atlantique : quelques postes prestigieux d’officiers supérieurs, dont deux commandements (on parle de Norfolk et Lisbonne), avec l’accès à toutes les données stratégiques et de renseignement. Ce n’est pas rien, tout de même.

Mais le destin de la France reste l’Europe. Que personne ne s’y trompe, et ne se détourne des enjeux. La France, c’est la 5ème puissance économique mondiale. Avec 63 millions d’habitants seulement. Pas si mal. Elle doit aussi cette place à l’Europe. Car l’Union fait la force. Si elle veut garder un tel rang, alors que tant de pays vont émerger d’ici quelques années, sur le plan économique comme sur le plan géopolitique, elle doit être dans l’OTAN, bien intégrée et actrice, dans l’ONU, dans l’OMC, et évidemment, pleinement dans l’Europe. C’est une question de survie.  Partout dans le monde, il y a des regroupements, ou des velléités de s’unir. Sur le plan commercial (l’Aléna, le Mercosur), puis sur le plan militaire, monétaire voire institutionnel. On n’a pas le choix. Alors, pitié ! Cessons ces polémiques stériles, ou bassement politiciennes.

Le contexte bien particulier dans lequel le Général de Gaulle prit sa décision historique en 1966, est totalement révolu. L’Europe a changé, totalement. Le mur de Berlin est tombé. Le monde a changé. La France aussi.

Aujourd’hui, la politique du « cavalier seul » serait audacieuse, voire arrogante, mais suicidaire. Elle pourrait flatter l’orgueil « national ». Mais, ce serait sans doute bien cher payé… A tout le moins illusoire.

 

7 Réponses à “La réintégration de la France dans l’OTAN: polémiques, polémiques… faux prétextes et faux semblants!”

  1. René Cassier dit:

    Je veux bien souscrire à certains des arguments d’Alain. Mais il serait préférable que ce soit l’EUROPE qui prenne sa place dans l’OTAN plutôt que des Etats séparés qui ne représentent pas grand’chose vis à vis des autres partenaires.
    Les futurs candidats aux élections européennes auront à se prononcer à ce sujet…

  2. Reguillon alain dit:

    Alain REGUILLON à Alain MALEGARIE

    Il est peu de point de divergeance entre les deux Alain’s, mais sur le dossier de l’OTAN, il y a une différence d’approche.

    tout d’abord, ne regardons pas en arrière et je suis d’accord pour dire que 1966 n’est pas 2009 et que la grandeur de la France a vécu !

    Mais regardons l’avenir en nous appuyant sur la vision des signataires du traité de Maastricht et considérons, non l’Europe, mais le monde d’aujourd’hui. Où se trouvent les foyers principaux de conflits ? Pas sur la zone pacifique ; mais au proche orient, en afrique, en asie centrale, bref, aux portes de l’Europe, pas des états-unis. A-t-on mesuré la renaissance de la russie à sa juste valeur ! Reprise d’une influence certaine sur les républiques de la communauté des états indépendants avec un renforcement de l’alliance militaire qui contient désormais une clause d’intervention mutuelle en cas d’agression de l’un des partenaires.

    Les risques de conflits ne sont pas écartés de la zone euro-asiatique, en témoigne l’état des Balkans ou la récente guerre de Goergie.

    Les Européens ne peuvent pas ignorer ces évolutions et ses réalités. L’OTAN n’est plus une “machine” adaptée à la réalité d’un monde ou la guerre sera de moins en moins militaire ; de plus en plus économique et de partage des richesses. Certes, il convient de conserver des structures militaires ,mais plus adaptées à un monde qui bouge vite. Les gros bataillons ne sont plus de mise, encore moins les organisations bureaucratiques dominées par un partenaire qui n’a pour souci que ses intérêts et la présidence de monsieur Obama n’y changera rien.

    Alors, ce n’est pas en rejoignant une organisation obsolète que l’on permettra à l’Union europeéenne de devenir une puissance régionale capable de jouer un rôle d’équilibre dans le monde ! Les moyens que la France et les autres pays membres de l’Union et de l’OTAN, mettront dans cette organisation, c’est autant de moins qu’ils mettront dans l’Union pour l’émergence d’une Défense et d’un Diplomatie européenne digne de ce nom.

    En rejoignant l’OTAN, la France vient de capituler, d’une autre manière qu’en des temps plus troublés, mais avec le même esprit étriqués qui substitue des intérêts à court terme à des ambitions ambitions d’avenir. Décidémment, les Français se sont dotés d’hommes politiques qui, définitivement, ne seront jamais des hommes d’état !

    Rejoindre l’OTAN est un mauvais coup porté à l’Union et il ne sert à rien de réclamer un ministre européen des affaires étrangères dès lors où l’Union est confiné dans un rôle de marché. Ne soyons donc pas étonné après cela que les élections européennes du 7 juin n’attisent pas l’intérêt de nos concitoyens ; elles riquent d’être une fois encore gagnées par l’abstention.

    Ni la majorité de ce pays, ni l’opposition sont entités sérieuses ; il serait temps que les Français se reveillent, dépassent leur égôïsme et se mobilisent vraiment pour l’Europe, puissance politique, économique et sociale, seule solution d’avenir si nous avons la volonté d’éxister et de continuer à jouer un rôle dans le monde : l’OTAN ni pourvoira pas !

  3. prost dit:

    Bravo et félicitations pour ce courrier. Votre article permet à la FRANCE de reprendre rang parmi les nations européennes Cordialement

  4. Nicolas Sègerie dit:

    Peut-on dissocier la question de l’intégration de la France dans l’OTAN des questions de géostratégies qui endeuillées les citoyens européens lors de crises récentes ?

    je m’explique: si le Général de Gaule avait tranché en 1966 pour l’indépendance, c’est qu’il avait constaté qu’il était difficile de se faire respecter dans le contexte d’alors, entre le bloc sociétique, l’alliance occidentale, mais aussi les Non alignés.

    Or même si l’Europe, grace à la pugnacité de notre Président en fonction de Président de l’Europe a pu enrailler la guerre de Georgie ou au large de la Somalie; il n’en a pas été toujours de même pour oboutir à des réussites à Gaza ou au Liban.

    Lors de la campagne présidentielle, la question de l’entrée de la Turquie s’est posée. Le choix du Président était clair. Mais la Turquie est une pièce maîtresse de l’OTAN pour relayer les opérations au Proche et Moyen Orient.

    Quelle sera alors de nouveau la position de la France, devant l’exigence grandissante de l’entrée de la Turquie dans l’Europe avec l’exigence du respect des conventions internationales dans les opérations d’attaques sur les terrains périphériques qui menacent la Paix à l’intérieur même de l’Europe par des soulèvements de désaprobations, voire plus ?

    Par conséquent, si la question de l’entrée de la France est “tranchée” par le Parlement, mais sans débat “populaire”, il ne nous faudra pas oublier d’exiger de tous les partenaires leur obligations engagées (quand c’est le cas, confèrer le traité de non prolifération nucléaire) pour les populations civiles et les infrastructures, notamment.

    On mesure notre indépendance nationale ou européenne à notre capacité à faire respecter le modèle qu’on a véhiculer.

  5. Nicolas Sègerie dit:

    [véhiculé]

    Les états européens qui se sont engagés dans le bourbier irakien, contre le gré des démocraties, n’ont-ils pas eu déjà cette pression? (Espagne, Italie, Allemagne…)

  6. Magali Dubié dit:

    A René Cassier :

    Monsieur Cassier, je vous invite à découvrir l’Interview de Michel Barnier parue dans le Nouvel OBS du 17 mars 2009 qui contribuera sans doute à vous rassurer sur les efforts communs de l’Union dans le déploiement des troupes sur les théâtres d’opération de maintien de la Paix ou d’intervention militaire.
    Le retour de la France dans l’OTAN au sein du pôle décisionnaire n’en est que plus qu’indispensable ….
    Bonne lecture !

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/tribunes/20090317.OBS9208/france_europe_otan__vraies_questions_faux_debats.html

  7. Plaisantin Bernard dit:

    Merci Alain Malégarie pour cet éclairage

    Bernard Plaisantin

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