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Monsieur Obama, on vous aime bien, mais pas d’ingérence dans les affaires intérieures de l’Union européenne, Svp! Merci!

 

Selon toutes les enquêtes d’opinion, Barack Obama est l’homme politique le plus populaire du monde occidental. Mais, sur le plan politique, il vient de commettre un impair majeur, par son ingérence dans les affaires intérieures de l’UE : je veux bien sûr parler de son appui marqué à la Turquie qui, pour lui, devrait rentrer dans l’UE.

Cet appui a fait l’objet de deux déclarations très explicites, lors du sommet de l’Otan d’abord, puis le lendemain, lors de son voyage en Turquie.

Ce « couac » est dommage, car jusque là il ne s’était pas du tout comporté en arrogant, dominateur comme du temps du médiocre Bush, mais plutôt en médiateur, réservé, et plutôt ouvert au multilatéralisme.

Mais en prônant  l’intégration de la Turquie dans l’UE, il a choqué les Européens, et a relancé le débat avec les pro et anti-adhésions. Ce qui, d’ailleurs, est contre-productif pour la cause qu’il défend !

D’abord, parce que c’est l’Europe, et elle seule, qui décidera. Et Obama le savait très bien. Ensuite, parce que de plus en plus de pays rejoignent la position française, qui est clairement opposée à l’entrée de la Turquie dans l’Union. Enfin, parce que les Turcs eux-mêmes finissent par entendre raison, et plus de 50% de la population n’y croit plus. Même si, de façon hypocrite (ou tactique ?…) le « processus d’adhésion » continue, en ouvrant quelques chapitres d’adhésion. Mais, dans le meilleur des cas, un tel processus durera 10, 15, voire 20 ans. Sans aucune certitude de succès sur la satisfaction des critères requis… De quoi lasser les Turcs, non ?

Il faudrait quand même que les institutions de l’UE aient le courage de dire la vérité aux Turcs, Commission européenne en tête : il ne faut pas humilier les Turcs, et faire comme si le processus devrait continuer…. Car, à l’évidence, ils ne veulent ou ne peuvent pas satisfaire à tous les critères…

Depuis des années, j’ai eu l’occasion de rappeler (y compris en public !) pourquoi les Turcs ne peuvent pas, ne doivent pas rejoindre notre Union, patiemment construite depuis 50 ans. La Turquie ne remplit pas les stricts critères d’adhésion, un point c’est tout. Alors, pourquoi tourner autour du pot ? Car il y a trois types de critères à remplir, pour adhérer, et ce quelque  soit les pays. C’est le Conseil européen de Copenhague de 1993 qui les a édictés. Ils s’appliquent à TOUT candidat, et heureusement.

- des critères démocratiques : tout le corpus de nos valeurs, démocratie, droits de l’Homme, égalité homme/ femme, etc.

- des critères économiques : avoir une économie de marché capable « d’encaisser » la rentrée dans l’UE.

- l’acceptation de tout « l’acquis communautaire » depuis 50 ans : il faut adopter tous les textes juridiques, dans tous les domaines : police, justice, culture, fiscalité, budget, etc.

Or, quand bien même la Turquie est un grand pays, dynamique, travailleur, qui a fait de gros efforts, qui sait s’adapter, et qui pourrait, dans une ou deux décennies, satisfaire aux 2ème et 3ème critères, il resterait les premiers critères, où là, le bât blesse. Et grandement.

Je le dis directement et franchement : la Turquie n’est pas euro-compatible, à l’évidence, et durablement, pour au moins 5 raisons majeures. Une seule suffirait d’ailleurs ! Car les critères d‘adhésion, c’est TOUT ou RIEN, un candidat ne choisit pas de respecter ce qui l’arrange. Ce ne sont pas des critères « à la carte »…

1)    La Turquie ne reconnaît toujours pas le génocide arménien. L’Europe, elle, a pu assumer et réparer ses crimes d’Etat. Sinon, il n’y aurait pas eu d’Union, de réconciliation entre nos peuples. Comment accepter un pays qui refuse de reconnaître l’indicible ? Cela seul suffit à refuser la Turquie dans l’Union. Sinon, nous renions tout ce que nous avons fait depuis 1950 !

2)    Le pays doit respecter tous les fondamentaux démocratiques de l’Europe. C’est-à-dire être devenu une vraie démocratie dans tous les domaines. La Turquie en est loin. L’abolition de la peine de mort qu’elle a décidé ne suffit pas ! Des journalistes sont en prison pour délit d’opinion. Les femmes sont maltraitées, et leur « statut » est très inégalitaire par rapport aux hommes, beaucoup plus que dans les pays de l’Union. Les minorités religieuses sont inquiétées, harcelées, ce qui est un comble pour un pays qui se prétend « laïc ».

3)    La Turquie ne reconnaît pas les massacres des Kurdes. Au-delà du problème moral, c’est une injure à toute la construction européenne, à ses valeurs sacrées, aux institutions de l’UE, et aux actions du Conseil de l’Europe en faveur du droit des minorités et des plus élémentaires droits de l’Homme.

4)    La Turquie ne cède pas d’un pouce non plus sur Chypre. Elle a envahi militairement toute la partie nord depuis 1974 ! 35 ans plus tard, l’annexion et l’occupation continuent. C’est contraire à nos valeurs. Pire, elle refuse même tout accès de ses ports et aéroports aux bateaux et avions chypriotes !!! Comment faire rentrer dans la famille Europe un membre qui refuse de parler à un autre membre, qui, lui, en fait déjà partie ?! Là encore, ce serait nous renier.

5)    Combien de fois faudra-t-il rappeler que la Turquie ne fait pas partie du territoire de l’Europe ? Ou, à tout casser, 5 % (le Bosphore !). Mais 95 % se trouvent en Asie mineure ! Il faudra quand même que l’UE clarifie définitivement les limites de son territoire, afin d’éviter à l’avenir d’autres « plaisanteries » ou malentendus… Où finit l’Europe ?

 

Outre ces critères de Copenhague, que tout candidat doit respecter (sinon on perd notre âme !), l’UE a défini, en 2006, un principe qui, lui aussi, est rédhibitoire pour l’adhésion turque : il s’agit, sur le plan économique, d’apprécier la capacité d’absorption d’un pays par l’UE. En clair, il ne faut pas qu’un pays, par sa taille, son poids, risque de déstabiliser, en terme de marché économique intégré, l’Union. Cela vaut naturellement pour la Turquie ou pour d’éventuels futurs candidats « poids lourds » de type Ukraine, Russie. A bon entendeur.

Ce critère ne concernera évidemment pas les adhésions ou candidatures de petits pays européens comme la Croatie ou la Macédoine.

Tout cela, le président Obama le sait pertinemment. L’union européenne, tôt ou tard, dira non à la Turquie. Un nombre croissant de pays européens est désormais sur cette ligne, à commencer par le couple franco-allemand.

Non à l’Union, mais oui à un partenariat privilégié, important, sur le plan économique bien sûr (et non politique). Pour la Turquie, voire pour d’autres (Maghreb).

 

Donc, assez d’hypocrisie. Il serait dangereux de penser que le temps « arrangera les choses », et que l’opinion publique se lassera… En 48 heures, monsieur Obama a ravivé  cette plaie et du  coup a… - paradoxe - lancé une campagne européenne qui tardait à démarrer !

Il faut clarifier cette question des frontières de l’Europe, et vite. Sinon cette question va (encore) empoisonner le débat de la campagne des Européennes (comme en 2005 pour la Constitution) alors qu’on a tant de choses importantes à dire pour l’Europe et les Européens.

Le président Nicolas Sarkozy est, lui, clair sur la Turquie. La chancelière Angela Merkel aussi. D’autres Chefs d’Etat sont plus flous. La Commission aussi… De plus, la Constitution française permet dorénavant de consulter le peuple sur une adhésion. Or, il faut l’UNANIMITÉ de TOUS LES PAYS de l’Union pour qu’un pays rentre : donc la Turquie ne rentrera pas !

Je sais bien qu’on a dit oui aux Turcs depuis 1963, qu’on les a fait rentrer dans l’OCDE, dans l’OTAN, dans tout. On leur fait miroiter l’UE depuis 40 ans. Alors aujourd’hui, certains sont un peu gênés aux entournures. Car, depuis, les opinions publiques se sont réveillées, dans les années 2000.  Et il faut bien en tenir compte, au nom même des valeurs démocratiques sur lesquels nous avons fondé notre modèle d’Europe. On ne peut pas faire l’Europe sans les peuples.

Si les politiques cherchent à biaiser ou à gagner du temps, les peuples eux, ont l’air de savoir ce qu’ils veulent… ou ne veulent pas. Alors, écoutons les.  Donc, ayons du courage, et disons la vérité aux Turcs. Adhésion non, partenariat oui. De toute façon, le peuple a toujours raison.

 

Monsieur Obama a fait de l’œil aux Turcs, car il en a trop besoin  (Otan, Afghanistan, Irak). Mais il le fait sur notre dos. De ce fait, il s’ingère dans nos affaires intérieures. Il s’ingère dans la campagne des Européennes, qui démarre. Les Européens savent ce qu’ils ont à faire. Après mille ans de guerres civiles, deux guerres mondiales, et l’ « invention » au 20ème siècle par des Européens des deux plus grandes barbaries – nazisme et communisme -, ils savent d’où ils viennent, et où ils sont arrivés. Les mots de « démocratie » et de « droits de l’Homme » ont un sens. L’Europe est un modèle en la matière, reconnu très au-delà de l’Europe.

On ne peut pas prendre des pays qui sont à des années-lumière de ces valeurs, ou même plus près. Pas « d’à peu-près ». Nos valeurs, chèrement acquises ou retrouvées, ne sont pas négociables. Ni fractionnables, ni « amputables ». C’est tout, ou rien.

 

On ne badine pas avec la démocratie, ni avec les droits de l’Homme, ni avec la mémoire des génocides ou autres crimes.

L’Europe est un modèle. Pas un compromis.

L’Europe, elle se mérite. Avec toutes ses valeurs.

Nous devons rester vigilants et exigeants. Pour la survie de nos valeurs. Pour notre survie tout court.

 

 

18 Réponses à “Monsieur Obama, on vous aime bien, mais pas d’ingérence dans les affaires intérieures de l’Union européenne, Svp! Merci!”

  1. Gérard VOLLORY dit:

    Le problème de l’adhésion de la TURQUIE à l’U.E. ne doit même pas se poser : ce pays ne se situe pas géographiquement en Europe.Pourquoi pas aussi le PEROU ou le NICARAGUA ?

  2. Noelle d'Arcy dit:

    Encore une fois, entièrement d’accord sur tous les termes du présent “article”. J’ai été très choquée par cette prise de position du Président américain. Je ne sais pas comment il prendrait cela si l’Europe lui demandait de prendre le Mexique comme nouvel Etat.
    Il est vrai que la Turquie est une base stratégique géopolitique pour les Etats-Unis.
    On lui pardonnera donc cette petite bévue.
    Amitiés

  3. Xavier Le garrec dit:

    Bonjour,

    A propos de vos propos sur la Turquie :
    http://ah-ca-ira.blogspot.com/2009/04/la-france-et-son-passe.html

    Européennement votre

  4. René Cassier dit:

    Voici un message qui peut éclairer les européens qui ne sont pas encore déterminés.Pas de mépris vis à vis du peuple turc, mais méfiance vis à vis du gouvernement.
    De plus il est vrai qu’il convient une fois pour toutes définir les frontières de l’Europe.
    N’oublions pas que l’Europe reste à faire. Nous allons voir jusqu’où vont s’engager les candidats dans le débat qui va s’ouvrir.
    Le Président Obama a commis une erreur qui peut nous être utile…

  5. Corinne BALME dit:

    Tu as tout-à-fait raison. Moi aussi j’ai été choquée. Obama n’a
    pas à s’occuper des affaires de U.E. Je suis contre l’entrée
    de la Turquie dans l’U.E. moi aussi, pour toutes les raisons
    ci-dessus. Ce pays ne fait pas partie de l’Europe.

  6. "grenouille étoilée" dit:

    Crispant en effet ce débat sur l’entrée ou non de la Turquie dans l’Union.
    Barack Obama ranime délibéremment un sujet sensible, prégnant dans nos pays, dans nos cultures, et dénature sans doute les efforts importants, existants entre l’UE et la Turquie sur un calendrier précis de partenariats économiques renforcés…
    Les US ne veulent pas perdent la face militairement parlant.
    Cette région du monde, géographiquement sensible, à la croisée des grands destins et tragédies historiques depuis des millénaires renforcent le sentiment légitime que les USA se doivent d’ être présents dans cet espace…
    Les Turs l’ont toujours su et revandiquent ouvertement leur attachement, amical, économique, et culturel à l’Amérique. C’est leur choix.
    Barack Obama qui incarne aujourd’hui l’homme providentiel, devrait toutefois raison garder, on sait qu’il veut sauver l’Amérique ( avant tout ),en sauvant les autres, quelquefois… malgré eux. L’UE dispose pourtant d’ atouts considérables pour prendre son destin en main et les destinées de ses 27 états membres…Elle est forte unie, elle le montre de plus en plus, elle irrite du coup…et bien qu’elle ne lache plus la bride.

  7. Romain Burgat dit:

    Sacré Obama !
    Avec le discours sur le désarmement nucléaire (rappelons que les USA sont très en retard sur ce point et ne respectent pas les accords signés, contrairement à nous), il s’est permis cette ingérence….
    En plus de tous les critères que tu as listés, une autre donnée me semble aller contre l’adhésion de la Turquie. Avec 71 millions d’hab + un taux de fécondité de 2,5 %, ce pays aurait un poids très important au sein de l’UE….même trop….le risque de paralysie, déjà existant, s’en trouverai accentué !
    Amitiés

  8. Cloud Yves dit:

    Ah que oui ! que de bonnes et vraies raisons ! chacun à sa place .
    Amitiés

  9. Claude JEANDEL dit:

    Alain,

    L’ensemble des arguments concernant la Turquie et son éventuelle entrée dans l’UE que tu soulèves, je le partage entièrement.

    Je suis tout à fait d’accord : la Turquie n’a pas à entrer dans l’Europe.

    Toutefois, j’y mettrais un bémol concernant ton lyrisme européen. Tu dis que l’Europe doit être près des peuples qui la composent.Chiche, puisque tu veux que les peuples s’expriment, veux-tu que tous les deux nous engagions une pétition commune de l’exigence d’un référundum sur le Traité de Lisbonne, voté par le Parlement français contre l’avis du peuple français qui a rejeté en 2005, par un NON massif le TCE son frère jumeau.

    Les européistes fédéralistes vous êtes pour l’expression du peuple quand cela vous arrange. C’est pourquoi aujourd’hui, nous risquons un fort taux d’abstention en juin prochain car nos Elus du Parlement français méprisent l’expression du peuple.

    Sur le reste, je n’ai rien à dire, le papier est bon.

    Gaullistement

    Claude JEANDEL

  10. Bernard Giroud dit:

    Puisque tu a décidé de manifester certaines “facilités démonstratives” sur le net,j’aimerais mieux pour ma part, et pour l’enseignement du simple citoyen de tous les jours que nous sommes, que tu nous fasse part de la façon dont tu apprécie la séparation de l’équipage de tète de nos industries européenne;
    Je parle du divorce d’AREVA et de Siemens:
    - Le premier AREVA mettant en garde, dans ce communiqué du 4 mars dernier le second Siemens, de ne pas lui faire concurrence.
    -Le second Siemens,informant sur son site, accessible à chacun, (en anglais)que les 12 prochains mois sont une période pivot pour la puissance de l’industrie Russe.

  11. Monik Vrastor dit:

    J’apprécie Barack Obama mais il ne faut pas oublier qu’il défend avant tout les intérêts américains. Donc prudence! Et surtout ne lui laissons pas la possibilité de s’ingérer en douce dans les décisions de l’UE!

  12. Sylvie PENDARIAS dit:

    La position de Monsieur Obama sur l’entrée de la Turquie dans l’Europe ne change pas de celle qu’elle était sous le précédent président. Cette attitude vise à affaiblir l’Europe en entretenant nos sujets de désaccord.

    Quant à la Turquie, rappelons que c’est le gouvernement qui nomme le clergé musulmans, et que le droit des minorités chrétiennes n’y est pas reconnu aujourd’hui encore. Est ce la définition d’un état laïc ?

  13. nicole blaise dit:

    Cher Alain’
    j’ai essayé de lire la réponse de Xavier Le garrec.Tu n’es donc pas vraiment surpris si je te dis que je suis( du verbe suivre) difficilement sa prose qui comporte des faits que je suis incapable de vérifier ou même comprendre!!Tu es plus clair et plus concret pour le commun des mortels de mon espèce!
    Mais il me semble que l’on peut toujours trouver dans l’histoire d’un pays des erreurs voire des “horreurs”pour peu que l’on remonte au déluge!!
    La France est quand même un pays où on vit “libre” en dépit des “bavures”de toutes sortes.
    Je suis (verbe être et verbe suivre!)d’accord avec toi.

  14. Raphaël PEUCHOT dit:

    Cher Alain,
    Tu écris “Nicolas Sarkozy est, lui, clair sur la Turquie”. A force de le dire, Sarkozy finit effectivement par donner le sentiment qu’il est opposé à l’entrée de ce pays dans la Communauté européenne.
    Je ne comprends toujours pas pourquoi, alors, il a choisi Michel Barnier comme directeur de campagne pour les élections européennes, alors que ce dernier a toujours été favorable à l’entrée de la Turquie et l’a déclaré en tant que ministre des affaires étrangères. Je ne comprends pas non plus pourquoi le président de la République laisse Bernard Kouchner déclarer au sortir du sommet de l’Otan qu’il est également favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Europe(source AFP).
    Ce sont les “turqueries” de Nicolas Sarkozy, comme celle du bon vieux Chirac ?!
    Cordialement.

  15. Benoit Agache dit:

    Cher Alain,

    Une volée de bois vert aujourd’hui, sur la forme de ton texte.

    LES Turcs ou LA Turquie?

    Cela peut sembler couper les cheveux en quatre, mais la distinction est importante pour un individualiste internationaliste et militant des droits de l’homme et de la grammaire… (oui je sais, je m’attribue des titres pompeux).
    L’amalgame est naturel mais… dangereux.

    LES Turcs subissent le régime totalitaire, violent, anti-démocratique de LA Turquie.
    LES Turques subissent un statut qui fait d’elles des citoyennes de deuxième classe dans LA Turquie.

    En conséquence, LES Turcs subiront les conséquences de l’impossibilité d’un Etat non-démocratique, non-respectueux des droits de l’homme, à entrer dans l’UE.
    Ce sera de la faute de LA Turquie, de ses dirigeants et de son gouvernement plus précisément. Non celle DES Turcs, personnes physiques subissant l’amoralité d’un état qui n’est pas de droit.

    LA Turquie souhaite entrer dans l’UE.
    LES Turcs espèrent peut-être (, mais peut-être pas, le saura-t-on jamais, dans un pays où la liberté d’expression n’est pas encore suffisante?) que cela se fera.

    Je partage ta certitude, que l’Europe politique ne doit pas permettre à LA Turquie d’entrer dans l’UE, car ce serait renier ses valeurs.
    Je pense, avec cynisme, que beaucoup d’Européens ne souhaitent pas que LES Turcs entrent dans l’UE, car ils voient dans ce peuple des êtres à la peau bronzée, à la culture mal connue mais plus ou moins musulmane, bref, des étrangers (une forme bénigne de racisme inavoué).
    Je suis persuadé que beaucoup d’hommes politiques utilisent, de façon cynique et opportuniste, les fautes de LA Turquie, pour tourner le dos AUX Turcs…

    D’où l’intérêt de cette distinction.
    (Au passage, cette distinction devient essentielle quand on parle des crimes d’un Etat ou des souffrances d’un peuple, et en particulier dans le cas des conflits Israelo-Palestinien).

    Le peuple et la nation… subissent parfois le même destin, mais ne sont clairement pas une seule et même entité. Attention donc à l’amalgame, potentiellement fâcheux…

  16. Benoit Agache dit:

    Cher Alain,

    Tu dis qu’on ne peut pas construire l’Europe sans le peuple?
    Je ne sais pas.

    Je maintiens que nos hommes politiques continuent à “construire” l’Europe économique tout en faisant le maximum pour empêcher l’existence d’une Europe politique.

    Le PCE, Lisbonne, étaient tout le contraire de ce qu’il faut pour que se construise l’Europe en tant qu’entité politique. Des freins à toute possibilité de décision de l’UE face aux événements économiques, face aux caprices individuels des gouvernements… Des torrents de détails prédéfinissant des actions qui ne sont pas du domaine constitutionnel, mais du ressort de la Loi, voire du décret.
    Tout le contraire d’une Constitution.

    Européen convaincu, Européen fédéraliste, ennemi de tout nationalisme et partisan de l’Euro avec toutes ses vertus et ses vices cachés, j’avoue que j’ai voté NON au PCE (et je m’en mords les doigts). Je ne voulais pas de ce texte, car pour moi, il s’agissait de geler définitivement toute possibilité de construction d’une véritable Europe.
    Bien sûr, le Non a été entendu comme un rejet de la construction Européenne, mais n’est-ce pas ce que souhaitaient les politiques qui ont envoyé leurs représentants les plus impopulaires pour faire campagne? Il a eu comme effet de freiner la construction… Mais finalement, il n’a guère eu plus, ou moins d’effet, que n’en aurait eu un Oui. Cela n’a abouti qu’à son remplacement par un traité de Lisbonne qui en est, pour ce que j’en ai entendu, qu’une copie relativement conforme?

    Pourquoi ne pas faire un référendum aux données simples et claires :

    1. Europe fédérale.
    2. Statu Quo (Europe économique)
    3. Désengagement progressif.

    Et ensuite, éventuellement, laisser les “technocrates” (au sens neutre, au sens des gens qui savent comment faire la partie technique, juridique, économique, etc.) prendre le relais de cette décision des peuples.
    Au lieu de quoi, on présente au peuple le choix, d’accepter ou non des textes abscons, de 400 pages, qui sont, rédigés par les technocrtates, des sommes de compromis entre les gouvernants en place, et sont donc des résultats et non des propositions?

    Enfin, le choix… ou pas, puisque comme le faisait remarquer Claude Jeandel, une fois le TCE rejeté par les urnes, il revient par la chambre…

    N’est-ce pas exactement cela, construire l’Europe sans le peuple?

    Cela peut marcher, d’ailleurs.
    La démocratie n’est, finalement, que l’exception, en particulier dans le constitution d’un Etat ou, plus encore, dans la définition de frontières…
    La planète Terre n’est, hélas, pas majoritairement un état de droit.

  17. Nicolas Sègerie dit:

    Je ne croyais pas si bien dire sur la Turquie en parlant de l’OTAN !

    Obama est le président d’un pays puissant dont l’influence et l’image s’est très fortement effritée avec le terrorisme mondial (que l’on peut aussi créditer avec les deux mandats Bush). La crise était quant à elle attendue par ceux qui savaient que l’on ne peut pas vivre in eternam à crédit et surtout au dessus de ses moyens comme ce fut le cas dans la foi quasi prophétique du coeur des américains. Les investissements de l’actionnariat US en Europe aurait pu être plus destructeur encore.

    Or le Globe est limité: se bousculent Chinois, Indiens, Africains, Européens…
    Quoi de plus naturel que de mettre un biais dans le développement de chaque partie!
    Les Dragons d’Asie ont connu l’effondrement de leurs économies alors que tout marchait bien;
    l’Afrique qui découvre la Démocratie connait le SIDA;
    après seconde guerre mondiales, la “Reconstruction” a été celle du clivage Est-Ouest sur le Vieux Continent;
    la Première guerre avait déjà été l’avènement des USA (entré en 17)et l’effondrement des anciennes puissances “coloniales”;
    la construction de l’Europe a déjà souffert du ballet britannique;
    qui s’est évertué à déstabiliser le Proche Orient, les Indes…

    Pourquoi cela ne continuerait pas ?

    Actuellement, la pomme de discorde pour la construction politique de l’Europe est la question turque ==> donc entretenons bien cette pomme dans son pourrissement…
    Et les Etats Unis d’Amérique pensent demeurer la première puissance encore longtemps…

    Non, Monsieur Obama, pas si maladroit ce faux-pas!

    N’oublions pas la persistance de l’entretien de la peur d’un Islam radical avec ce rapprochement de l’Islam “laïc” turc n’effacent pas les réels enjeux énergétiques du pays le plus consommateur de pétrole. Cela vaut bien une petite ingérence.

  18. Plaisantin Bernard dit:

    Je réagis tardivement, mais je rentre de Turquie. Ce grand pays qui avance à grands pas dans la modernité ne fait pas partie de l’Europe.
    Que Monsieur Obama s’occupe des EU et utilise son prestige à faire taire les armes dans le monde en particulier avec ses amis Israéliens.

    Bernard Plaisantin

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