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le couple franco-allemand : je t’aime moi non plus !

En ce mois d’octobre la République fédérale d’Allemagne commémore les 20 ans de sa réunification. Evénement hautement important qui a mis fin, symboliquement, à la seconde guerre mondiale, et à la guerre froide qui a pris le relais et qui a permis, au-delà, le retour dans la maison Europe de tous les pays « dits de l’Est ». Ce fut le fameux élargissement de dix pays en 2004, véritable devoir moral réunissant enfin les peuples européens que l’histoire et la barbarie avaient trop longtemps séparé.

Mais cette commémoration allemande nous amène, aujourd’hui à réfléchir sur le très fameux couple franco-allemand.

Depuis la déclaration Schuman de 1950, ce très fameux couple est perçu comme la cheville ouvrière de l’Europe. C’était vrai dans l’Europe des six. C’est resté vrai depuis, avec des hauts et des bas. Comme dans tout couple. Un seul exemple : sans l’amitié, la complicité historique entre Mitterrand et Kohl, il n’y aurait pas eu de Traité de Maastricht, et donc pas de monnaie unique. L’Europe a d’ailleurs avancé avec des couples politiquement différents, voire divergents : Adenauer / de Gaulle ; Giscard d’Estaing / Helmut Schmidt ; Kohl / Mitterrand ; Chirac / Schröder.

Depuis quelques années, ça commençait à tanguer un peu avec le tandem Chirac / Schröder. Mais depuis 2007, le couple bat vraiment de l’aile. Malgré les démentis diplomatiques. Chacun de nous peut d’ailleurs le constater chaque jour davantage : il suffit de lire les communiqués, et de voir les visages ! Quoi de semblable entre Nicolas Sarkozy bouillonnant et hyper-présent, et Angela Merkel, moins attentive à son image, mais plus tenace ?

Le choc de ces deux personnalités traduit bien le choc culturel entre un esprit allemand et un esprit plus latin. La crise grecque et le dernier incident avec la  Commission européenne l’ont bien révélé. La position de l’Allemagne vis-à-vis de la Grèce était très claire : en jeu, le ras le bol de payer pour les imprévoyants, les cigales, qui vivent sur le dos des vertueux et des fourmis. L’Allemagne a payé  toute seule sa réunification, sans l’aide de l’Europe. Et elle a payé le prix fort : financièrement, économiquement, socialement. Elle a payé cher aussi son taux de change à l’euro lors de la naissance de la monnaie unique (2 marks pour 1 euro, elle qui était déjà vertueuse). Comment ne pas comprendre alors son exigence de transparence, de sincérité économique, en un mot respect des traités, y compris du Traité de Maastricht. Elle en a marre des pays cigales dont les plus importants veulent donner des leçons, en plus. La coupe, déjà bien pleine, a débordé lors du dernier Conseil européen agité par la lamentable affaire des Roms. Lorsque le président de la République française s’est permis de déclarer, en pleine conférence de presse que le gouvernement de madame Merkel allait, lui aussi, expulser ses Roms, le démenti cinglant, clair et net de madame Merkel ne s’est pas fait attendre ! Claque diplomatique sans précédent. Il  y a longtemps qu’un chef d’Etat n’avait pas démenti, publiquement, un autre chef d’Etat. Heureusement qu’on n’est plus au temps de la politique de la canonnière !

prochain rendez-vous sur les ondes de RCF, mercredi 27/10 à 18h15 pour un édito sur “la Chine et l’Europe, ou le jeu du chat et de la souris”

5 Réponses à “le couple franco-allemand : je t’aime moi non plus !”

  1. "Grenouille étoilée" dit:

    Bon édito sur ce socle franco allemand tellement sensible et pourtant essentiel…franchement même si Madame Merkel contre par moment notre Président comme tu le dis, je crois que cette proximité de 2 talents, et cette volonté d’intérêts communs dans la construction européenne sont bien réels…Peut être qu’à cet instant T c’est le meilleur couple Franco allemand que l’on puisse avoir malgré des traits de caractères si différents…
    Enthousiame volontariste VS sagesse ferme….çà marche à mon avis !

  2. PAUNA dit:

    Bonsoir Alain
    Je visite très régulièrement le site .
    D’accord avec ce que tu dis .
    De toute façon on aura l’occasion d’en reparler .
    Amicalement
    Bernard

  3. Réguillon dit:

    Merci Cher Alain pour cet article. Il serait bien en effet que notre président apprenne les bonnes manières et ne considère plus l’Allemagne comme une béquille à ses ereurs politiques, mais vraiment comme un partenaire à respecter.

    Une seule nuance en se qui concerne le coût de la réunification. Certes, il est très largement supporté par les Allemands en premier lieu. Cependantl’Europe n’st pas absente de la solidarité, car la partie Est de l’Allemagne (ex RDA) bénéficie du soutien des fonds structurels dans le cadre de la politique dite régionale, au même titre d’ailleurs que nos départements d’Outre-mer.

    Avec ma fidèle amitié

  4. René Cassier dit:

    Oui,bien que la politique de la canonnière soit heureusement
    dépassée, il faudrait que notre Président ménage ses propos à l’égard des responsables politiques des pays membres de l’Union.

    Je t’écouterai ce Mercredi sur RCF. C’est là une bonne tribune pour faire passer des messages …

  5. Nicolas Sègerie dit:

    Bonjour Alain,

    La relation entre l’Allemagne et la France, versus couple franco-allemand de la construction européenne ne se limite pas à la relation de ses chefs d’état.

    La première fois que j’ai rencontré un allemand, c’était un étudiant en mathématique à l’université de Clermont Ferrand en 1985, qui est devenu un copain. La question du progrès scientifique et des échanges devrait pouvoir se développer…
    Mais le développement de l’apprentissage de la langue allemande en France fait grise mine! Tendance à la baisse… Il faudrait savoir ce que l’on veut.
    Pourquoi cette situation malgré la chaîne franco-allemande ARTE, dont c’est le but de rapprocher nos deux nations et que je trouve passionnante, mais qui pourrait plus toucher les jeunes générations, celles d’après les natifs des parents d’après-guerre? La réponse pourrait-être l’hypothèse suivante: est-ce que la multiplication dans tout l’univers médiatique de la culpabilisation autour du nazisme, n’aurait pas un effet répulsif pour rechercher à comprendre la culture allemande? Les allemands qui ont mon âge ne se sentent-ils pas stigmatisés à tord? Voir les jeunes français, à voir le contenu de certaines séries sous prétexte de « devoir de mémoire ». La mémoire de l’Europe concerne aussi les migrations en provenance des régions nordiques, de l’Asie centrale (d’où la question turque), de l’Afrique ; concerne la construction des états au Moyen Âge (la Hanse, le Saint Empire, …)… autant de sujets oubliés des livres scolaires.

    Quant à la question des Roms, elle pose le problème de l’Europe sociale. La construction européenne, bien avant l’entrée de la Roumanie, aurait dut se préoccuper de cette question dans tous les pays concernés. Force est de constater que la cécité de nos institutions de “NATION” sur la réalité des “PEUPLES” qui composent la mosaïque internationale émerge avec cette difficile “affaires des Roms”. Le droit international actuel, issus lui aussi de la seconde guerre mondiale, ne reconnaît pas le droit des Peuples Autochtones, dont fait partie le peuple Tzigane. Chacun des états intègre en réalité déjà des peuplements culturels plus ou moins homogènes: les Corses, les Basques, les Sardes, les Siciliens, les Galiciens, les Souabes, les Hongrois et Allemands (en Roumanie), les Flamand, les Gaëls… ne se retrouvent pas dans les institutions actuelles, ils sont même l’objet de railleries. Il existe une convention internationale non ratifiée sur cette question : la Convention n°169 de l’OIT (Organisation Internationale du Travail, qui semble enraillée à Genève)… jamais objet d’information ou de discussion du fait de l’obstruction notamment de la France pour ces propres « peuples » (Outre Mer ou autres).
    Tant que persistera la cécité sur la réalité de la composition culturelle et de l’histoire réelle et non mythique de nos éducations étatiques (à laquelle se raccrochent les relations interpersonnelles des chefs d’états franco-allemands), le sens de cette cohésion de ce tissage politique sera boudé. La construction politique de l’Europe comme communauté passera par là ou ne passera pas.

    A bientôt Alain, passe le bonjour à tous nos amis allemands ou européens quand tu les croises à Bruxelles ou ailleurs.

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