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Le pacte de compétitivité : vers plus d’Europe, enfin ?

Nous vivons une époque pleine de paradoxe : la crise ravive les souverainismes et même les nationalismes, le « chacun pour soi », les replis identitaires, les peurs de l’étranger, la chasse aux Roms et autres dérives xénophobes et sécuritaires, et pourtant, l’Europe a recommencé depuis quelques mois, à progresser, précisément parce que la crise l’exige. Depuis presque un an, la faillite de certains pays surendettés et la pression des marchés, nous ont obligés à passer à une assistance financière et budgétaire automatique en cas de pépin. Qui l’eût cru, il y a seulement 2 ans ? De même, on voit émerger un début, certes timide, de diplomatie européenne. Finalement, 2010 aura beaucoup fait progresser l’intégration et la solidarité européenne, et c’est encourageant. La zone euro commence ainsi à rattraper une décennie d’intégration perdue.

Voilà que la locomotive de l’Europe, le fameux « couple » franco-allemand, vient de récidiver, avec ses propositions qui fleurent bon le fédéralisme économique, et qui s’appellent le « pacte de compétitivité ».

Fédéralisme… Le mot même était tabou en France, depuis des décennies. Et dans les faits, il fut interrompu dès la naissance de l’euro en 1999. Tragique erreur, ou plutôt lâcheté. Car tous les fondateurs de l’euro avaient bien prévenu : l’euro était un point de départ, pas d’arrivée ! Le fédéralisme monétaire DEVAIT être suivi rapidement d’une convergence et d’une intégration poussée des économies de la zone euro. C’est-à-dire, il fallait AUSSI arriver au fédéralisme budgétaire, fiscal, social. Bref, réaliser l’Union Economique et Monétaire, et ne pas s’arrêter à l’Union monétaire. Il fallait créer une zone monétaire optimale. Cela impliquait de mettre fin à des politiques nationales divergentes, voire antagonistes. Pourquoi partager une même monnaie, réussie, si un pays augmente la TVA quand un autre pratique le dumping fiscal ou social, comme l’Irlande ? Absurde, et dangereux .

Douze ans après la naissance de l’euro, la plus belle création de l’Europe à ce jour, la crise a forcé la génération d’eurosceptiques qui nous gouvernent à aller plus loin, pour que le système tourne : c’est le cas du plan franco-allemand qu’il convient de saluer, même s’il y a erreur sur la méthode : les avancées se décident à 27, en principe, voire avec les 17 pays de la zone euro. Pas à 2 ! Cela agace les autres, et freinent les négociations, d’autant plus ardues qu’il s’agit de rogner de plus en plus sur les souverainetés nationales…

Ensuite, les choses progressent, mais toujours en catimini, c’est-à-dire à l’insu des peuples, même si c’est pour leur bien, et dans une indifférence quasi générale des médias. Etrange, compte tenu de l’enjeu !

Mais ne boudons pas notre plaisir ! Ce plan, de compétitivité, même très assoupli par Monsieur Van Rompuy, le Président du Conseil européen, et la Commission, va dans le bon sens de l’intégration de la zone euro, en revenant au respect du pacte de stabilité et de croissance et en obligeant les pays à définir une série d’indicateurs sur la compétitivité, la discipline budgétaire, l’emploi et la retraite, et à fixer également des objectifs à atteindre et des modalités de mesures.

En contrepartie, une sorte de FMI à l’européenne commence à émerger avec un Fonds dont la capacité de prêt est portée à 500 milliards d’€.

Ces mesures seront discutées – et j’espère adoptées – le 11 mars lors d’un sommet de la zone euro ou au Conseil européen des 24 et 25 mars prochain. L’Union européenne foisonne encore d’autres projets, idées… C’est un signe. Par exemple, l’idée de créer des eurobounds, c’est-à-dire des emprunts européens afin de mutualiser la dette européenne. Ou encore l’idée de lancer des « projects bounds », qui financeraient des grands projets d’infrastructures.

Enfin, sur le plan budgétaire, la Commission a lancé le « semestre européen ». Là encore, le projet est révolutionnaire, car il s’agit d’examiner en commun les projets des budgets nationaux AVANT qu’ils ne soient soumis aux Parlements nationaux Paris veut même aller plus loin vers les harmonisations fiscales et sociales. Mais là, on touche un sujet très sensible : faudra-t-il tous ensemble retarder l’âge de la retraite ?

Souhaitons que l’Europe progresse sensiblement en ce mois de mars 2011, sous la nécessité. Pour être plus forte, plus visible, plus influente et plus performante sur le plan économique et social.

Je le répète, avec beaucoup d‘économistes de tous bords, depuis des années : grâce à la crise, l’Europe doit s’unir, encore et toujours. Elle joue sa survie, tout simplement. Elle a d’ailleurs toujours progressé dans des crises. L’essentiel est qu’elle parvienne encore à avancer plus qu’elle ne recule ! Avec courage, et pragmatisme.

4 Réponses à “Le pacte de compétitivité : vers plus d’Europe, enfin ?”

  1. Blaise Nicole dit:

    Rien à dire, sinon que je continue à m’instruire à travers tes articles qui sont clairs et intéressants ;Cordialement

  2. Bolze Catherine dit:

    Bonjour,
    Je vous remercie pour ce point européen, et me permets de vous écrire concernant justement le problème des Roms.
    Je suis maire adjoint (en charge de l’action sociale) sur ma commune de 6500 habitants, sur laquelle se trouve l’Hôpital ( CHU important) de l’agglomération.
    C’est la raison pour laquelle nous avons un afflux de population Roms de Roumanie.
    Voici les questions que je vous pose:
    - Est-il normal de considérer cette population comme des ROMS apatrides alors qu’ils sont Roumains depuis 5 à 6 siècles: n’est ce pas une forme de stigmatisation que l’on conspue dans d’autres cas?
    - On sait que cette population ne peut vivre chez nous qu’en mendiant, ou en faisant de menus larcins,de racket ou comme sur notre commune , en prostituant des femmes, même peut-être des mineurs. Comment localement pouvons nous l’accepter sans les moyens d’y remédier puisqu’ils circulent librement et qu’il est difficile de les prendre sur le fait?
    Comment leur laisser croire qu’ils trouveront chez nous l’Eldorado, et accepter l’appel d’air que cela crée chaque jour?
    - Sur notre territoire, si une famille Française faisait vivre ses enfants dans de telles conditions d’hygiène et de sécurité, on placerait l’enfant.
    Or les services de la protection de l’enfance ont la consigne de ne pas séparer les enfants de leurs familles, ce qui se comprend dans un sens humain, mais ce qui est contradictoire avec notre protection sociale.
    -Ces populations disent vivre mieux chez nous qu’en Roumanie grâce à la mendicité, et aux menus larcins, ou aux gros trafics!
    Pourquoi avoir accepté l’entrée dans l’Europe de la Roumanie sans avoir auparavant imposer l’intégration avec tout l’argent européen en attente de projets de la part de la Roumanie?
    Ce pays souhaite se débarrasser de cette population au détriment des autres pays européens, là est le scandale vis à vis duquel les instances européennes ne jouent pas leur rôle.
    Cela fait vivre une certaine catégorie de population dans des conditions inacceptables que localement nous ne pouvons pas gérer.
    Les permanences du secours catholiques à Grenoble: hier matin une centaine de Roms se sont présentés
    Les urgences pédiatriques du CHU: seulement 2 enfants Français sur une quinzaine d’entrée, le reste des patients sont ROMS ou Maghrébins.
    Naissances:1 naissance sur 3 provient de parents qui ne parlent pas le Français, obligeant les officiers d’Etat Civil à corriger les actes faute de pouvoir communiquer, ou de papiers en règle.
    Et pendant ce temps, les médecins Roumains ( je suis médecin), viennent s’installer en France au lieu de soigner sur place leurs concitoyens, en raison de la corruption de leur pays;

    Il faut réellement se poser la question du discernement des instances européennes lors de l’adhésion de la Roumanie ( et de la Bulgarie)et je souhaiterais savoir ce que vont faire aujourd’hui ces mêmes instances pour faire pression sur la Roumanie, arrêter “l’hémorragie des Roms”, et la tension grandissante chez les populations voisines de ces camps.
    Nous faisons la semaine prochaine une réunion avec ” ces voisins” sur la commune de La Tronche.
    Je serais heureuse d’avoir quelques réponses à mes questions
    Bien cordialement
    Catherine Bolze, 1° adjointe à La Tronche (38), en charge

  3. Bernard Giroud dit:

    C’est l’heure de mettre en avant les hommes ou les groupes, simples citoyens, ingénieurs ou intellectuels, dont les projets impliquent, à l’exemple d’EADS qui fait de gros bénéfices, les avantage du fait en commun.
    Imaginons avec pragmatisme, et avec l’aide de ceux qui poussent projet,
    la réalisation des usines solaires « Desertech », au Maghreb:( SIEMENS)
    L’utilisation sécurisée du nucléaire fission (encore nécessaire un moment; AREVA)
    Le développement sans faiblesse du nucléaire fusion, auquel les intelligences et l’argent du monde entier travaillent à Cadarache :(ITER)

    C’est un bon moment pour faire face efficacement aux courtes vues des poltrons de toutes catégories qui veulent nous ramener à la guerre de 14 ou à la « Quatre CV » de grand-Père.
    Une bonne manière de faire reculer le scepticisme, c’est de montrer un débat d’espérance logique et construit avec ceux qui sont les mains dans le « cambouis, et décliner les implications de sécurité, d’intérêts croisés et l’emploi que cela implique.

  4. René Cassier dit:

    Alain, Je te trouve bien optimiste quant à l’évolution de l’Union européenne. Et si ton analyse est bonne je m’en réjouis.
    Mais que voyons nous en ce moment ? Un manque de cohésion vis à vis de la révolte qui gronde dans le monde arabe. Que fait notre pseudo ministre des affaires étrangères? ( qui d’ailleurs ne jouit pas de ce titre lequel est réservé aux ministères nationaux ).
    On aimerait que l’Europe se positionne rapidement.
    En ce qui concerne l’exposé de madame Bolze, nous pourrions je crois lui répondre que si lEurope disposait d’un véritable gouvernement, nous pourrions espérer avoir une politique sociale harmonisée pour tous le Etats membres, ce qui réduirait le phénomène de l’immigration . Donc je ne suis pas si optimiste que toi aujourd’hui.

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