Vers un nouveau Traité européen ? Vers un échec de plus ? L’orchestre continue à jouer
L’accord franco-allemand du 5 décembre est un accord technique, et obtenu à la Pyrrhus. Chaque membre du « couple » ayant renoncé à ses souhaits, surtout le Français. C’est un accord provisoire, puisque le condominium va le proposer au Conseil européen des 8 et 9 décembre aux 27 Etats membres. A moins que ce ne soit aux 17 membres de la zone euro, si les autres rechignent… Dans ce fonctionnement surréaliste de l’Union européenne, à 2 pays seulement, qui ignorent les autres, y compris la Commission européenne et le Parlement européen (un comble !), on ne sait plus. 27, 17, et pourquoi pas à 2, finalement ?! C’est sûr, c’est plus facile pour négocier, à 2 ! Mais c’est illégal, autant qu’illégitime. Je trouve quand même nos voisins européens bien polis, ou bien inertes… Pauvres pères fondateurs ! Là, on n’est même plus dans l’Europe des Six ! Et on voudrait faire adhérer les peuples européens, à ces bricolages éphémères ? Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, a calculé que, depuis un an, 70% des propositions du couple infernal n’ont pas abouti !.. C’est dire la pertinence de la méthode.
Bref, ce jour, je ne puis encore que vous commenter un accord… provisoire. Et un accord, c’est le moins qu’on puisse dire, a minima. Un de plus ! Donc assez éphémère, lui aussi. Ils continuent de jouer avec nos nerfs ! Et notamment de ceux de nos prêteurs du monde entier, les fameux « marchés » : c’est-à-dire, vous, nous, les entreprises, les autres Etats, les institutions financières, les caisses d’assurance et de retraite, et même quelques spéculateurs embusqués qui font encore plus monter les prix (les taux d’intérêt des prêts).
Les conséquences de cet « accord » provisoire (jusqu’au 9 décembre) ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Standard and Poors a aussitôt décidé de placer tous les pays de la zone euro, et notamment les 6 pays qui détiennent le triple A dans la zone euro, sous surveillance négative ! Ce qui veut dire qu’on va vers une dégradation certaine sous 90 jours. Pire, la France, qui est le maillon le plus faible des 6 triples A de la zone euro (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Finlande, Luxembourg et France), serait, elle, dégradée de DEUX crans, les autres d’UN cran… Concrètement, cela représentera plusieurs centaines de millions d’euros de plus de taux d’intérêt… Ce n’est pas neutre pour notre faillite budgétaire actuelle. Cela l’aggravera encore plus.
Pourquoi ce « traitement de faveur » pour la France ? Tout simplement pour trois raisons : la France a mis en place des plans de redressement ridicules par rapport à ses voisins, essayant de gagner du temps jusqu’au … 6 mai, c’est-à-dire après la présidentielle (au hasard !). Mais les marchés ne sont pas dupes, et sont vraiment inquiets Ah ! Toujours cette Economie qui domine la Politique ! Le monde est cruel, non ?!
La seconde raison est aussi grave, et cela non plus, on ne nous en parle pas. C’est la fragilité de nos banques, qui ont trop de titres pourris partout (et pas qu’en Grèce), dont beaucoup ne seront jamais remboursés. Elles devront être tôt ou tard recapitalisées. Avec quel argent ? Et là, la Politique est inerte, une fois de plus. On avait consolidé Dexia, il y a quelques mois. Insuffisant. Dexia est loin d’être sortie d’affaire malgré les beaux discours il y a quelques semaines… Or, si les banques s’écroulent, c’est l’économie tout entière qui s’écroule. C’est quand même simple à comprendre, non ? Sauf pour un Politique adepte de la méthode Coué, visiblement. La troisième raison est que les marchés ont peu confiance dans la France et sa toute nouvelle « vertu ». Les chiffres, encore eux, sont implacables : en 2012, seules la Grèce et l’Irlande auront un déficit public supérieur au nôtre, qui approchera les 100% du PIB ! Comment alors croire la France…
Tenir jusqu’au 6 mai… Tenir jusqu’au 6 mai… Tenir jusqu’au 6 mai… L’obsession de l’élection présidentielle, encore et toujours ! Et la maison brûle toujours !! Puisqu’on vous le dit que la situation de la France, des banques, de tout, est saine, sous contrôle !! Ah, heureusement qu’on a les marchés pour nous ramener à la réalité des faits, et nous dire la vérité ! Il n’y a plus qu’eux. Mais ça va nous coûter cher.
L’accord éphémère du condominium « Merkozy » prévoit donc, via un aménagement du traité de l’UE, des sanctions automatiques (financières) pour tout dépassement du taux de déficit budgétaire au-delà de 3% du PIB et du taux d’endettement public au-delà de 60% du même PIB. On réinvente la roue, car dès la création de l’euro, les Traités de Maastricht, et surtout d’Amsterdam de 1997 prévoyaient, AUSSI, des sanctions financières en cas de dépassement. Qui n’ont jamais été appliquées par les Etats (il s’agit d’un petit arrangement entre amis), face à une Commission européenne impuissante pour faire appliquer le Droit communautaire. En outre, la France a refusé, cette fois-ci encore, au nom de la « souveraineté nationale » que la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) condamne les pays défaillants.
Depuis le début des années 2000, l’intergouvernemental triomphe de l’intérêt général. Et aujourd’hui, on paie la note ! Et « Merkozy » aggrave encore cet intergouvernementalisme, en niant les institutions communautaire (Commission et Parlement) et leur fonctionnement.
Comment un pays encore plus en difficulté qu’en 2000 paiera-t-il des amendes ? En pleine période électorale ? A-t-on déjà vu des Politiques se faire hara-kiri (à part quelques courageux comme Schröder, Zapatero ou Socrates). Donc cette « discipline budgétaire » administrative et technique sera bien difficile à appliquer dans les faits. L’auto-surveillance est vaine, c’était à la Commission et au Parlement de contrôler, et de sanctionner. Pas aux Etats, juges et parties !
Certes, une règle d’or inscrite dans chaque Constitution (document solennel), faute de Constitution européenne ( !…) serait plus efficace. Mais une vraie règle, comme en Allemagne, pas le mécanisme alambiqué proposé par la France, qui n’est pas assez contraignant, finalement. On examinera attentivement le texte de cette nouvelle règle d’or… qui sera sans doute adoptée au Sommet européen des 8 et 9 décembre.
La seule avancée de ce texte serait de mettre (enfin) fin à l’unanimité du vote de 27 Etats, désormais ramené à 85% des voix, applicable pour le « MES », le nouveau mécanisme européen de stabilité, qui entrera en vigueur dès 2012, car le FESF (fonds européen de stabilité financière) ne fonctionne pas, les riches étrangers boudant cette Europe sans gouvernance, sans projet, sans leader crédible… Alors que ce MES aura, lui (s’il est adopté à Bruxelles le 8 ou le 9) le statut d’établissement de crédit, et pourra ainsi se refinancer auprès de la BCE. C’est un début, très timide, mais c’est un début. Le FESF est mort, vive le MES ! Voyez que quand ils veulent, ils peuvent. Surtout au pied du mur.
Et puis on réunira tous les mois les dirigeants de la zone euro pour mieux la piloter. Mais cela rassurera-t-il vraiment les marchés ?
L’Allemagne, elle, qui mène le bal (c’est normal, quand on est le leader incontesté de l’Europe) a refusé de créer les euro-obligations, et interdit toujours que la BCE prête directement aux Etats, en dernier ressort. Sur ces deux points, la France, qui était contre au départ, avait évolué à bon droit. Mais elle cède, encore une fois, à l’Allemagne. L’Allemagne reste ferme : on n’aide pas trop les Etats fautifs, ou laxistes. Qu’ils se débrouillent. Je pense que c’est une erreur tragique, contraire à l’essence même de la construction européenne, basée sur l’amitié entre les peuples et la solidarité entre les Etats.
Le fond du problème est que nos deux larrons (en foire.. d’empoigne) continuent d’être profondément à côté de la plaque. Ils s’activent à jouer avec le feu en en faisant trop peu et trop tard. Tous deux en campagne (l’obsession…), il ne faut surtout pas faire peur aux électeurs, par quelques abandons de souveraineté. Il ne restera donc que les Marchés pour continuer les pressions et pousser à une vraie gouvernance européenne, avec un vrai fédéralisme budgétaire, fiscal, social, sinon, tout implosera. Et je ne vois toujours pas de vrais Européens, sincères convaincus, déterminés, comme Jean Monnet ou Robert Schuman.
François Hollande se dit profondément européen. Soit. Mais lui-même a-t-il, une seule fois, prononcé le mot « fédéralisme » ? Et François Bayrou ? Ces gens là aussi tournent autour du mot : « coopération renforcée », « solidarité entre Etats » voire « fédéralisme intergouvernemental ». Bref du n’importe quoi !. Allons Messieurs, du courage, expliquez la réalité aux peuples européens, et convainquez-les sur LA seule solution viable. Sinon vous coulerez, avec les sortants, dans l’effondrement généralisé.
En attendant, on continue à bricoler des demi-solutions intergouvernementales, entre Etats, en refusant le pouvoir de contrôle et de sanction à la Commission, et en niant le Parlement européen. On ne touche toutefois pas à l’indépendance de la BCE ! Ils sont sortis de l’esprit communautaire car ils sont en campagne électorale, et ont la trouille de leur opinion publique supposée totalement réfractaire à l’Europe. Le syndrome de l’échec du référendum de 2005 en France reste vivace. Ils sont (à droite comme à gauche) tétanisés, bloqués par ce vote de 2005, sur le projet de Constitution européenne, qui a stoppé net l’Europe. Ils bricolent donc des mesurettes (qui seront mortes dans quelques jours ou quelques semaines) pour ne pas associer les peuples, pour ne pas ouvrir le débat, expliquer objectivement les choses. C’est lâche, et dangereux, et ne les assure même pas de leur réélection. Car on ne tiendra pas comme cela 6 mois. Pourquoi ne pas avoir le courage de dire que le concept de souveraineté est très relatif, et que ce n’est pas un drame ? Sur le plan diplomatique, militaire, monétaire, un pays seul n’a plus de souveraineté depuis longtemps. Dans une Europe fédérale, ils la partageraient, certes, mais ils en auraient un gros bout !
Aujourd’hui, et on peut stigmatiser à tort les agences de notations, ça ne changera rien. Ce sont les prêteurs du monde entier qui nous auscultent, qui nous jugent. Car ils nous prêtent leur fonds ! Si on ne fait pas une Europe unie, soudée, avec de vraies mesures fédérales, ils sanctionneront. Et pas dans 6 mois ! Mais plus on attend, plus les réformes seront lourdes et coûteuses ! En plus, tant qu’on refusera de mutualiser les dettes (eurobonds) et de lancer une politique fédérale de croissance (harmonisation fiscale, budgétaire, salariale), l’Europe continuera … à s’affaiblir, avec un chômage et une précarité qui vont exploser. La pauvreté devient de plus en plus visible en France et dans quelques pays de l’UE. Ce sera difficile de la cacher.
Il vaudrait mieux affronter ces réalités, les dire, c’est-à-dire 5 à 10 ans d’années très difficiles, qui remettront en cause, au moins partiellement, nos « Etats providence ». Si, en plus, pour la réélection des deux principaux dirigeants de l’UE, par choix tactique et mesquin, on reste dans le souverainisme-populisme en prétendant affronter seul ce défi immense de la croissance économique, on n’y arrivera pas. François Fillon vient d’avouer à demi-mot que, pour un 3ème plan de rigueur, on « verra » au 1er et 2ème semestres 2012, s’il convient d’adapter les choses. Donc cela nous amène après l‘élection présidentielle. Bien joué. Donc, le vrai plan de rigueur (à l’Italienne !) avec baisse des salaires des fonctionnaires, hausse des impôts, c’est pour après, chez nous. Quelque soit le vainqueur.
L’Amérique fédérale elle, s’en sortira encore une fois. Avec l’appui des pays émergents, dont beaucoup d’ailleurs ont déjà émergés. Les institutions fédérales américaines fonctionnent à merveille, en symbiose : le Trésor américain avec la Banque centrale et le Président des Etats-Unis. L’argent est illimité : qu’il soit interne, qu’il soit chinois, et s’il le faut, la planche à billets. Même si ce dernier moyen est dangereux, par ses dérives inflationnistes. Paradoxe qui veut que les USA, ou le Japon, beaucoup plus endettés que nous, maîtrisent mieux leur dette, car plusieurs millions de gens leur font confiance, et la machine ne grippe pas. Personne n’oserait critiquer le dollar ou le yen comme on dénigre, ici, l’euro. A tort !
Il faut dire aussi que la BCE a un taux directeur…6 fois plus élevé que la FED US : 1,25% contre… 0,25% ; 15 fois plus ( !) que celui du Japon et même 3 fois plus que celui de la banque d’Angleterre. La notoriété et la confiance, cela ne se décrète pas, cela se mérite.
En outre, et c’est sûrement le plus grave pour l’UE, les autres pays, USA en tête, pensent à résorber les dettes tout en étant obsédés par la croissance et l’emploi. Cela rassure les prêteurs du monde entier. Alors que les 27 ou 17 roitelets divergents de l’Europe les rassurent de moins en moins, à la veille d’un risque réel de récession généralisée en Europe. Et cela, faute de gouvernance économique et de plan massif et convergent de relance économique. L’Europe, cette première puissance économique du monde, est en panne, avec ces dirigeants à bout de souffle.
Décidément, ces deux élections de 2012 (France) et 2013 (Allemagne), dérisoires à l’échelle de la Planète, risquent de coûter très très cher à 500 millions d’Européens. Et à nous en particulier !
L’orchestre du Titanic continue de jouer. Mais de plus en plus faux…
08 décembre 2011 à 10:49
Merci. Vous mettez le doigt sur le point crucial : la mutualisation, entre États membres, de l’exercice de leur souveraineté nationale individuelle.
Cette “solution” est proposée dans le chapitre 6 de ce livre publié en mai 2011 : http://forum-civil-society.org/IMG/pdf/Regards_ethiques.pdf
Cordialement,
Philippe D. Grosjean
08 décembre 2011 à 13:00
On parle beaucoup, et nous avons encore eu l’occasion d’en reparler lors d’un débat (animé par Alain Malégarie) le 21 Novembre à Lyon, du dilemme: maintien ou éclatement de l’euro.
Il existe pourtant une troisième solution, qui n’est ni le maintien de l’euro tel qu’il est, avec passage sous les fourches caudines de Mme Merkel et du pacte de stabilité (et de récession), ni la destruction de l’euro. Essayons un peu de politique fiction (sachant tout de même à quelle vitesse la fiction, de nos jours, devient réalité).
Donc, politique fiction: M. Papandréou-Papademos, n’ayant plus de quoi payer ses fonctionnaires, mais ne voulant cependant pas sortir de la zone euro (ça fait trois mille ans qu’il fait partie de l’Europe, voir même qu’il est l’Europe, alors on le comprend) décide d’imprimer des eurodrachmes, qui auront cours légal parallèlement à l’euro (j’allais presque dire à l’euromark). Rome, comme du temps des césars, imite Athènes, et imprime des eurolires, mais, dans un esprit européen, accepte que les eurodrachmes aient aussi cours en Italie, sous simple condition de réciprocité. Idem peu après pour les euroscudos, europesetas, et même eurofrancs. La “mauvaise” monnaie chassant la bonne (cf. cours de Sciences Po, 1ère année), les euro(mark)s papier se trouvent vite refoulés, en partie sous les matelas, mais surtout sur l’Allemagne (là, c’est le problème de Mme Merkel, pas celui de nos amis grecs, ni le nôtre). Bref, l’euro ne disparait pas, mais se trouve scindé en un euromark à peu de choses près limité à l’Allemagne et à l’Autriche (Währungsanschluss?), et un eurosud s’étendant en longitude de Lisbonne à Nicosie, en latitude de Dublin à Abidjan (eh oui, le franc CFA est en zone euro). Bref, une masse géopolique permettant de dénoncer, purement, simplement et impunément, et le pacte de stabilité et nos dettes publiques (y compris celles de nos amis africains de la zone CFA). Ce qui ne serait, après tout, que répéter ce qu’ont fait il y à quarante ans les Etats Unis (eux mêmes dotés de la masse critique), en empruntant à 35 dollars l’once d’or, et en remboursant à 350. Et il s’agirait là d’une masse géopolitique qui, vu le peu d’attrait exercé par Mme Merkel et son pacte de stabilité, ne tarderait pas à s’étendre vers l’est, toute l’Europe “ex-comecon” adoptant, elle aussi, l’eurosud (et là, c’est Mme Merkel qui serait perdante au jeu de go). Il est même loin d’être inconcevable que des pays comme le Maroc, la Tunisie, la Libye (et son pétrole), la Turquie, puissent, comme la zone CFA, être tentés de lier leur monnaie à l’eurosud. Eh oui, Sarkozy et son rêve d’union méditerranéenne!
Et si tout cela n’était pas que de la simple fiction, mais une des évolutions futures possibles?
Rudolf Kalman
08 décembre 2011 à 17:16
Sarkosy ce veut le sauveur de l’Europe et que sa présidence s’inscrive dans les livres d’histoire.
Le couple Merkeil-Sarkosy n’est pas l”Europe. La Commission s’est-elle mise en sommeil, quel rôle joue le Parlement?
Nous vivons une période d’atteinte à la Démocratie.
Les quinze autres pays de la Zône Euro ne réagissent pas.
Nous avons bien l’impression que l’Europe n’existe pas.
Qu’en sera-t-il demain après une nuit de discussions?
Les prochaines élections présidentielles risquent une fois encore de tourner à des élections nationales.
Les citoyens devraient réagir, mais pour cela ils faudrait qu’ils soient convaincus alors qu’ils sont désabusés…
08 décembre 2011 à 20:12
Monsieur Malégarie, vous semblez regretter que notre gouvernement ne nous applique pas encore plus de rigueur. Voudriez vous qu’on baisse votre retraite ? Comment motiverez vous au travail les fonctionnaires si on baisse leurs salaires, avant que les patrons du privé ne trouvent cette idée géniales pour tous…
La politique conduite par notre président est médiane, elle évite de s’en prendre aux plus pauvres, comme ont pu le faire les grecs ou les allemands. Les peuples ont le dos large, mais ne sont pas responsables des méfaits de la spéculation bancaire. D’ailleurs, les allemends n’ont pas trouvé d’investisseurs pour leurs obligations, celà devrait les faire réfléchir.
S’il y a un sujet que je partage avec vous, c’est que l’on n’y comprend plus rien, on a l’impression d’entendre le même refrain depuis 4 ans. En ne pas comprendre, ce n’est pas bon.
Il faudrait que les responsables politiques, y compris en collectivés locales, acceptent de mieux surveiller leurs dépenses facultatives, ce me semble du bon sens.
09 décembre 2011 à 10:18
Tu sais que je ne comprends pas grand chose aux affaires économiques.Mais ce qui est certain , c’est l’attachement des français à leurs sacro-saints droits acquis! Un euro de salaire perdu ou une minute de travail en plus, et les voilà dans la rue entrain de hurler non sans avoir ramassé au passage leurs enfants qu’ils éduquent tôt à la défense de leurs droits!!Ils s’étonnent ensuite de voir leurs chers descendants contester les exigences des parents dans le cadre familial.
Faut-il choisir entre” mesurettes” ou rigueur nécessaire au redressement si cette dernière conduist à des grèves qui plombent encore un peu plus l’économie.
30 décembre 2011 à 12:47
L’’objectif du roi dollar a toujours été de garder tout le poids de sa supériorité.
La naissance de l’euro et son développement c’est :
1/ la tentative de la première économie du monde, de contrôler un peu mieux les revenus de ses échanges, avec ses partenaires mondiaux.
2/ Une plus grande facilité commerciale à l’intérieur de son périmètre.
Nous avons assez bien réussi la première phase ;
Auparavant, nos monnaies nationales devaient accorder constamment leur crédit à l’étalon de référence dollar, qui lui ne se privait pas de les faire « valser », très souvent à son profit ; Une valse malsaine, au profit à sens unique. L’Euro a très vite pris ses marques vis-à-vis du dollar, pour assurer une meilleure stabilité monétaire de nos échanges.
Cependant nous sommes bien obligés d’admettre aujourd’hui, que les différences régionales, les anciens pays, ne se sont guère préoccupé du bon fonctionnement de la deuxième phase.
Les états autrefois, avaient la capacité de dévaluer leur monnaie, ce qui revenait en fait à tirer une croix sur une partie du paiement dus à autrui et refroidir les ardeurs commerciales du vendeur, d’une part, et d’autre part, lancer la course à l’augmentation des prix de la consommation intérieure. S’enclenchent ainsi, les cycles de méfiance, de rouerie, d’oppositions et parfois de guerre.
En somme un jeu constant sur les déséquilibres qui bon gré malgré rétablit la « carte d’identité actuelle économique » de chaque pays voisin, chaque protagoniste.
Aujourd’hui, c’est bien là que le bat blesse, cette carte d’identité est invisible. Personne n’est plus là pour estimer jusqu’ou nous pouvons aller les uns et les autres dans l’échanges de nos possibilités.
Le nouveau « petit géant » a un défaut dans la cuirasse ; Ce défaut pourrait s’appeler : Absence de coordination régionale, l’absence d’adaptation d’un « droit de tirage » ; On pourrait dire l’absence d’une règle de saine manœuvre, qui interdirait de dépasser sa propre capacité;
En effet, en saine gestion de bons partenaires les échanges doivent toujours être équilibrés.Le niveau de l’échange comme son nom l’indique, respecte toujours la règle de compensation, en biens ou en avoir monétaire ; Si tel n’est pas le cas, c’est un don ; Ou alors sous condition d’en retrouver au moins le volume, la fourniture d’un investissement.
Lorsque l’on déroge à la règle cela n’est jamais sans conséquences ; Conséquences, auxquelles d’une manière ou d’une autre, il faudra remédier ; Sinon le laisser faire va s’arranger du maillon le plus faible, le fait disparaitre, et créer le désert; Le règlement d’une telle situation départage en fin de compte le monde du retour en arrière et celui du civilisé. Or nous nous disons tous civilisés, voulons aller de l’avant, et voulons vivre mieux.
Si l’on avait un peu anticipé ou réfléchi à ce défaut, on aurait pu imaginer un tableau de bord, une sorte de système de surveillance globale des entrée et des sorties de nos anciennes régions monétaires, une sorte d’écluse de l’équilibre financier de chacune d’elles.
Je sais, cela semble nous ramener aux manœuvres anciennes, du contrôle des changes ; mais ce type de manœuvre a un autre sens, une autre signification dans un cadre consenti de l’eurozone ;
Il permet d’autres manœuvres qui elles peuvent être très bénéfique pour chacun et l’ensemble ; On pense toujours à termes durables, bien sur.
Si l’on arrive à faire comprendre, ce qui parait difficile aujourd’hui encore, qu’un pouvoir central régulateur se charge des adaptations des différentes capacités d’échanges réalistes des uns et des autres,(impose parfois des limites d’achat ou de ventes ) et que nous comprenions que ce serait un instrument d’un intérêt infiniment supérieur aux « subtilités » plus ou moins finaudes de relations commerciales, faites de chaussetrappes, de non dits, de sous entendus et d’imprévus, ce serait, non seulement une sorte « d’assurance générale de bonne fin commerciale », d’une part, mais encore bien plus, une plus valus supplémentaire quantifiable, cela même qui permet de faire progresser l’élan du travail en commun. Et qui n’a jamais fait progresser tous nos mondes industrieux, sinon l’envie de faire mieux tous les jours, dans un climat d’espérance et de sécurité que l’on s’attache à bâtir en commun ?
Les accidents que nous connaissons aujourd’hui sont la marque du contraire ; Ils brisent cet élan, font de notre volonté de participer chacun au mieux être un fantoche, baladé en tous sens , sans repères ; Ils font de cette volonté un e sorte marchepied ou peuvent prospérer les parasites désincarnés, invertébrés, qui n’ont jamais connu le recours , l’appui, la connaissance des vieilles saines règles de bases qui nous permettent tous de vivre en commun et d’être toujours plus forts pour continuer à aller de l’avant dans notre aventure humaine, vers l’universel.
Cette plus valu quantifiable permet, prudemment, à la confiance à long terme de s’’établir ;
En définitive, cela permettrait aussi aux régions moins favorisées de bénéficier peu à peu, par simple rayonnement ou par simple pression « osmotique » de se bonifier avec volonté et mérite , et de participer de mieux en mieux à l’augmentation des sécurités qu’apportent les autres voisins ou protagonistes;
Dans cette hypothèse, nous ne sommes plus seulement voisins ou protagonistes, mais nous sommes devenus des partenaires.
On ira plus loin la prochaine fois.