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L’Allemagne respire, l’Italie nous inquiète et le populisme prospère !

Hasard calendaire, l’Europe a eu la même semaine une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est enfin la signature d’un contrat de coalition solide que l’on appelle la « Große Koalition », entre les partis CDU / CSU et SPD, ce qui permet à Madame Merkel d’entamer avec sérénité son quatrième mandat. La mauvaise nouvelle, c’est le résultat des élections législatives italiennes du 4 mars. Et il est sans appel, avec la nette montée des populismes et de l’extrême-droite, et la sévère défaite des partis traditionnels, ce qui augure mal d’un gouvernement stable…

Ce futur gouvernement de coalition en Allemagne, première puissance économique de l’UE et de la zone euro, est une bonne nouvelle pour l’Europe. Ce qui s’est passé en revanche en Italie, troisième puissance économique de l’UE et de la zone euro, est une mauvaise nouvelle pour l’Europe. Car ce pays allonge la liste des pays où les votes marquent nettement des poussées électorales populistes, nationalistes, anti-européennes et anti-systèmes. C’est vraiment inquiétant.

I – L’espoir renaît, avec la Grosse Coalition en Allemagne

L’Allemagne et l’Europe respirent ! Après plus de 5 mois de négociations intenses, un contrat de gouvernement a été signé entre les partis CDU/CSU – chrétiens-démocrates – et le parti SPD - sociaux-démocrates. En Allemagne lorsque l’on négocie les bases d’un gouvernement de coalition, les partis politiques concernés doivent encore valider le programme -détaillé- de cette coalition par leur vote. Et les adhérents / militants du SPD (460.000 personnes) viennent, après ceux de la CDU/CSU, de valider à une large majorité, tout le programme. Madame Angela MERKEL a sauvé son quatrième mandat à la tête de l’Allemagne, même si le SPD a obtenu des ministères clés, dont celui des Finances et des Affaires étrangères. Malgré une réussite globale remarquable sur le plan économique et une Chancelière de plus en plus reconnue et respectée dans le monde, les élections législatives de septembre 2017 n’ont toutefois pas épargné l’Allemagne des tendances de fond en Europe : repli des partis traditionnels et poussée de l’extrême-droite. Le troisième parti politique de l’Allemagne est désormais l’AfD (Alllianz für Deutschland), parti clairement d’extrême-droite, qui prône la sortie de l’euro et de l’Europe ! L’AfD a obtenu près de 100 députés au Bundestag ! Du jamais vu depuis 1945, après l’effondrement du IIIème Reich. La symbolique est évidemment plus forte que dans d’autres Etats membres de l’UE.

Heureusement, grâce à ce gouvernement de coalition solide, et qui a déjà bien fonctionné en Allemagne, l’AfD ne sera pas au pouvoir, contrairement aux conséquences du vote en Autriche (FPÖ), et peut-être demain en Italie… Mais il faudra faire avec cette minorité agissante au Parlement, qu’est l’AfD, parti résolument d’extrême-droite et xénophobe, né il y a quelques années. La vigilance s’impose ! Car même si ce nouveau parti n’a fait “que” 12,6 % de voix aux élections législatives de septembre 2017 ( à comparer aux scores incroyables du FN chez nous dans certains territoires ruraux…) l’AfD est très dangereux, il a osé dire en public, je cite: “Soyons fier de notre passé” ou encore ” le Mémorial juif à Berlin est le mémorial de la honte ” ! No comment. Si ce n’est pour dire que les fantômes du IIIième Reich ne sont pas complètement morts. En Allemagne comme ailleurs.

En Allemagne, le programme de gouvernement est validé par le Parlement et les partis de la coalition, et on le respecte à la lettre. Il traite d’un renforcement de l’UE, dès son premier chapitre, sur cinq pages, intitulé « Un nouveau départ pour l’Europe ». On voit bien l’importance et l’urgence du sujet, et la tonalité très européenne de ce futur gouvernement. Tant mieux ! Ce contrat de coalition mentionne expressément un renforcement de la coopération dans la défense, une augmentation de la contribution de l’Allemagne au budget de l’UE ou encore la création d’un Fonds monétaire européen pour remplacer le MES (mécanisme européen de stabilité). Berlin reprend donc des propositions majeures d’Emmanuel MACRON. C’est de bon augure. Et c’est pour tout de suite, car l’investiture du nouveau gouvernement aura lieu mercredi 14 mars, et madame MERKEL a prévu de se rendre en France aussitôt après pour rencontrer le président français.

La bonne nouvelle est donc que le tandem franco-allemand tant attendu (dans ces deux pays et ailleurs !) va pouvoir se mettre en mouvement, à un peu plus d’un an des élections législatives européennes (26 mai 2019). Pour rappel, la France et l’Allemagne pèsent 35 à 40% de la démographie et du PIB de l’UE !

L’enjeu est majeur, tellement il est urgent de faire converger l’UE et la zone euro en particulier sur le plan fiscal, social, environnemental, sécuritaire. On verra toutefois si l’Allemagne veut aller aussi loin que le voudrait Macron. L’enjeu est aussi de faire de ces élections européennes un sujet de débat citoyen, vraiment européen, et non national, comme c’est à chaque fois le cas. Pour cela, le programme de coalition de l’Allemagne a repris (avec d’autres pays), l’idée d’Emmanuel MACRON de lancer partout des consultations citoyennes afin de dialoguer sur le fond avec les citoyens, sur tous les sujets majeurs qui ne peuvent se régler qu’à l’échelle européenne. Depuis 60 ans, l’Europe s’est faite pour les peuples européens, avec des réussites exemplaires (CECA, PAC, euro). Le moment est venu de conforter et d’amplifier son intégration et ses convergences pour les peuples, mais aussi par les peuples. Ces consultations doivent démarrer en avril de dette année, et jusqu’à fin octobre. 26 pays sur 27 (j’enlève bien sûr le Royaume-Uni ! ) ont déjà dit oui au processus. C’est encouragent ! Seule la Hongrie se “tâte” encore, mettant des conditions.. Pas étonnant.

Cela passera bien sûr par un renforcement des pouvoirs du Parlement européen, mais aussi du lien entre les eurodéputés et le citoyen, afin de démocratiser les réformes à venir. Et tout cela nécessite d’abord une forte mobilisation du couple franco-allemand qui doit impulser, propager ces débats entre les citoyens et les dirigeants. Les élections européennes de 2019 doivent marquer une rupture avec les élections précédentes, qui étaient toujours phagocytées par un débat strictement « national », et du coup elles ne servaient en rien à expliquer aux citoyens européens tout ce que faisait l’Europe concrètement, et comment elle le faisait. Au fil des ans, le fossé avec les citoyens s’est creusé, avec la complicité active et démagogique de politiciens de tous bords, élus dans les élections nationales ou locales, et préférant rendre souvent l’Europe bouc émissaire de leurs propres turpitudes, erreurs ou manquements dans l’action publique. De surcroît, ils ont souvent dérivé de la démagogie au populisme, en faisant croire que l’Europe était le problème alors qu’elle est le plus souvent la solution, tant les problèmes sont si aigus, complexes et transnationaux qu’ils ne sauraient se régler à l’échelle d’un seul pays.

On n’avancera vite et bien que si l’on parvient à réconcilier l’Europe et ses citoyens. La pédagogie s’impose, tant il circule de fausses nouvelles sur les questions européennes !

II – L’ Italie s’inquiète… et nous inquiète !

Les Italiens ont voté le 4 mars 2018 pour élire pour 5 ans les 630 membres de la Chambre des députés et les 315 membres du Sénat, sur la base d’une toute nouvelle loi électorale assez compliquée. En effet, désormais, le scrutin prévoit que 37% des sièges seront alloués au scrutin majoritaire uninominal à un tour, 61% à la proportionnelle et 2% désignés par les Italiens établis à l’étranger.

Ces deux Chambres doivent siéger pour la première fois le 23 mars prochain. Mais les négociations formelles en vue de la constitution du nouveau gouvernement démarrent début avril. Et les discussions informelles ont démarré, elles … tout de suite, bien sûr.

Mais le résultat de ces élections est problématique. C’est la victoire de la démagogie. Les promesses électorales cumulées ont atteint 1.000 milliards € !! Le M5S, (Mouvement 5 étoiles) créé en 2009 par Beppe Grillo, et la coalition de droite, conjuguant populisme et extrême-droite, avec Forza Italia et la Ligue (ex Ligue du nord), rassemblent plus de 50% des voix. Mais aucun parti seul ne dégage une majorité suffisamment claire pour être déclaré vainqueur et conduire un nouveau gouvernement. Matteo RENZI, chef du parti  Démocrate (Centre gauche), est victime du contexte et arrive troisième avec 24% ds voix. Alors que son action économique entre 2013 et 2016 a été positive, il a subi depuis un échec personnel depuis son referendum rejeté. Il a été victime de la pression migratoire notamment. On lui a préféré Paolo GENTILONI,  très pro-européen, et plus sobre et discret que lui.

Personne ne sait ce que va faire le M5S et son jeune leader, Luigi DI MAIO (31 ans). Seul point positif quand même : ils ont rompu avec le discours anti-euro (comme Le Pen d’ailleurs !). Le M5S devient le premier parti politique italien (avec 35% des voix obtenues) ! Mais la coalition de droite (Forza Italia et la Ligue du Nord devenue la Ligue tout court de Matteo SALVINI, nationaliste europhobe, qui a fait une spectaculaire poussée au Sud !) est arrivée en tête (37%), malgré un revers du parti du corrompu et inéligible Sylvio BERLUSCONI. La coalition de centre gauche, sortante, a subi un net revers, arrivant 3ème (24%). Cette coalition était fédérée autour du Parti démocrate de l’ancien président du Conseil Matteo RENZI. Les résultats de ces élections reflètent, outre le rejet du système et de ses partis classiques impuissants,  une protestation voire colère contre le chômage élevé (11,6% en général, mais 31% de jeunes sont chômeurs !), les inégalités croissantes et une pauvreté en augmentation, et bien sûr (surtout ?) une immigration massive et en constante augmentation, venue des côtes africaines. De quoi être inquiet pour quelques décennies dans toutes les élections européennes des pays européens, puisqu’aux réfugiés économiques et politiques s’ajouteront plusieurs millions de réfugiés climatiques !!

Cette élection ne règlera évidemment pas ces considérables problèmes de fond qui, encore une fois, ne sauraient se régler par un seul pays. Elle va même en créer de nouveaux dans l’immédiat, dans la constitution d’un nouveau gouvernement forcément de coalition - aucun parti n’ayant seul la majorité absolue - mais bancal, divergeant sur bien des sujets (dont l’Europe !), et promis à maints compromis pour ne pas dire … compromissions. Le M5S ne parle plus de quitter l’euro, mais la Ligue elle veut toujours l’abandonner « au moment le plus opportun » !! Tiens, tiens…Comme Le Pen depuis quelque temps, après sa défaite aux Présidentielles et surtout sa désastreuse campagne. Les europhobes doivent échanger entre eux !

Déjà, les mouvements et partis italiens vont tous perdre du crédit auprès de leurs électeurs, car tous avaient juré durant la campagne qu’ils « excluraient toute alliance avec leurs adversaires ». On est parti pour de longues et douloureuses négociations, qui dureront probablement des mois ! L’Allemagne aussi, certes, a mis plus de cinq mois pour élaborer un gouvernement de coalition, mais il est solide, convergeant et donc durable ! Et il exclut totalement les nationalistes europhobes de l’AfD, alors que je vois mal comment l’Italie pourra y échapper, aux siens..

Le M5S aura 230 sièges sur les 630 que compte la Chambre des Députés. Pas de majorité certes à lui seul, mais il sera un un pilier incontournable pour le désormais premier parti d’Italie et totalement imprévisible…

La coalition de droite, autour de Forza Italia fondé par Silvio Berlusconi encore inéligible après des décennies de pouvoir, de corruption et de scandales, aura le plus grand nombre de sièges à la Chambre (plus de 255), même s’il marque la défaite personnelle de Berlusconi (il était temps ! ) battu par…pire que lui ( !), avec la Ligue (ex Ligue du Nord), d’extrême-droite, dirigée par Matteo SALVINI, qui est passée devant Forza Italia en nombre de sièges (120 sièges contre 98 pour Forza Italia !). Pour un peu, on en viendrait à regretter Berlusconi ! Car Forza Italia, au moins, était pro-européenne (ou nettement moins euro-sceptique, selon les courants !). Car, de ce fait, entre la Ligue et le M5S, l’Italie s’enfonce dans l’extrémisme et le populisme, ce binôme boîteux et dangereux, europhobe, anti-système, xénophobe, au discours haineux, qui nous rappelle la situation en France si on cumule les voix d’un Mélenchon et d’une Le Pen.

Cela fait peur, tout de même ! A moins que cela nous fasse réfléchir pour l’avenir, en France et ailleurs… Mais on sait que les électeurs peuvent être joueurs, parfois… On l’a bien vu avec le Brexit, on a voté sans voir les conséquences tragiques pour le Royaume-Uni; en gobant les mensonges éhontés.

La coalition de centre-gauche, perdante, recueille 115 sièges. Aucune chance de garder le pouvoir, donc, malgré les bons bilans de Matteo Renzi puis de Paolo Gentiloni, le Président du Conseil sortant. Car l’Italie, c’est incontestable, se porte mieux sur le plan économique, malgré une croissance relativement faible de 1,5% (2% en France) et une dette abyssale (2.300 milliards €, soit 130% du PIB !). Mais elle a relancé son industrie, réduit un peu le chômage, relancé ses exportations (alors que la France a creusé son déficit commercial, - 68 milliards € en 2017 !!). Ceci démontre à nouveau que même avec quelques résultats probants, les sortants peuvent être balayés par des mouvements plus populistes, plus démagogiques, et promettant, impunément, n’importe quoi ( Brexit, Trump, Kürz..).

Certes, et comme dans le monde entier, USA compris, les inégalités se sont creusées en Italie, et particulièrement entre le Nord et le Sud. Les pauvres sont de plus en plus pauvres, les riches de plus en plus riches. Moins de dix pour cent de la population mondiale détient 90% des richesses de la planète ! Rien que cela, avec la crise générationnelle (durant 20 à 25 ans !!) des migrants, « pètera » si vous me passez l’expression, à la face de tous nos dirigeants européens (entre-autres), tôt ou tard, et les uns après les autres. Le climat se déréglant, le nombre de réfugiés climatiques va passer, sur les trente ans à venir, de 5 millions par an dans le monde, à …50 millions, dont près de la moitié viendront en Europe, là où l’herbe sera (un peu plus ?) verte. Le populisme, voire le fascisme, n’a pas fini de prospérer, si l’on n’y prend pas garde !

Ce n’est pas une prophétie. C’est un triste constat : Belgique, Autriche, Allemagne (avec l’AfD), Pays-Bas, France bien sûr (je rappelle que 8 candidats sur 11 à la présidentielle française de 2017 étaient eurosceptiques ou europhobes, xénophobes et racistes parfois même). Heureusement que ces gens-là se détestent au point de ne pouvoir se coaliser ! Pour l’instant… Tous les pays sont ou seront gangrénés par les bonimenteurs, les populistes, les démagogiques, les extrémistes. Plus que jamais, il nous faut expliquer, démontrer, combattre les fausses-bonnes idées, les « fake news », les raisonnements simplistes, les propos de plus en plus agressifs et radicalisés, les corruptions visibles ou larvées, l’affaiblissement généralisé de la classe politique, avec des partis impotents, incompétents, sans vision, sans avenir, et même corrompus (Bygmalion en France, ou emplois fictifs (déjà!..) de la Ville de Paris avec Jacques CHIRAC, condamné à 2 ans de prison avec sursis en 2011-la justice est lente…- , les affaires encore en cours d’instruction de SARKOZY, notamment les frais de communication de l’Elysée et surtout, plus grave, les soupçons de financement de sa campagne électorale de 2007 par l’ancien dictateur libyen KADHAFI (no comment !) et les scandales en Italie (autre pays latin..), c’est d’ailleurs là-dessus qu’a prospéré le M5S).

L’émergence de ces néo-partis populistes et extrémistes (M5S ; AfD ; en France FI ; FN que l’on traine depuis 40 ans !), ou encore les partisans de Trump, démontre bien un phénomène durable, que d’aucuns ont nommé le « dégagisme ». Les partis politiques traditionnels disparaissent ou s’effondrent (en France, l’UMP, le PS), car ils n’ont rien fait, et pas évolué depuis des années. Les peuples se vengent dans les urnes, quitte à prendre pire !!

Car on lâche la proie pour l’ombre… De bonne foi, l’électeur pense trouver la voie du changement avec de « nouveaux » partis plus extrêmes, plus radicaux, qui « disent les choses », sans tabou, propos « trash », désormais à la mode (voire par exemple un WAUQUIEZ : aucune idée, aucun projet, mais le surdiplômé et l’homme du « système » (qu’il dénonce !! ) a trouvé les recettes démagogiques pour exister). Sa stratégie est claire, siphonner les voix, donc les idées, du FN ! SARKOZY l’avait déjà fait, en 2007, pour être élu. Faute de projet propre, l’actuel leader de la droite n’hésite pas une seconde à entraîner un grand parti d’ opposition classique vers des idées d’extrême droite, prônant “l’immigration zéro”, une Europe à 6 ou 12 (au fait, comment ferait-il pour virer les pays qui se sentent bien, en UE ?! ). Quitte à couler son propre parti. Obsédé par la Présidentielle 2022, il a d’ores et déjà indiqué son cheval de bataille pour les Européennes de 2019: la lutte contre toute immigration (une “folie” pour reprendre ses termes, mélangeant au passage migrants et réfugiés politiques !), et la lutte contre l’entrée dans l’UE des petits pays des Balkans occidentaux, oubliant juste de préciser que cette question ne se posera pas avant 2024 ou 2025, tant les conditions d’une adhésion sont complexes, strictes et…absolument pas certaines (voire la Turquie ! ).

Ces politiciens arrivistes et arrogants n’hésitent sur rien pour tenter de s’imposer: les mensonges, les manipulations, les propos radicaux ou haineux, les attaques déloyales, la démagogie permanente, les idéologies dangereuses et désormais le “bull shit” ! Exister plutôt que réformer. Exister plutôt que faire du bien aux populations, les entendre, les comprendre. Exister pour décrocher un poste politique. A tout prix (sans jeu de mot !). Les vieilles démocraties sont en danger. Vraiment. En Europe même, elles peuvent être balayées par ces mécréants populistes, qui « jouent » avec les propos, les actions, les émotions, les référendums (voire l’irresponsable Cameron).

Paradoxe : la démocratie peut mourir de ses faiblesses, confinant à la naïveté, au laxisme, alors même que la démocratie, bien qu’imparfaite, n’a pas, heureusement, d’alternative ! Comme le disait le grand CHURCHILL, ” la démocratie est le pire de tous les régimes politiques, à l’exception de tous les autres ! “

Les démagogues de tout poil en profitent, de plus en plus.

Ce qui se passe, ce qui s’écrit sur les réseaux sociaux est affligeant, consternant, et de plus en plus dangereux. Les outrances, la violence du verbe, les insultes, les propagandes haineuses, xénophobes, racistes, antisémites sont intolérables. La « police » des réseaux sociaux commence enfin à réagir. Il faut contrôler tout cela. Sinon la démocratie sera de plus en plus fragilisée. Les gens sont dépités, de plus en plus déboussolés par leurs dirigeants dans lesquels ils ne se retrouvent pas. Mais attention de ne pas tomber dans le piège démagogique. Le « mieux » est souvent l’ennemi du bien. « Renverser la table » soulage, croit-on. Mais après, c’est trop tard !! (cf le Brexit, ou Trump). Le peuple souverain est parfois naïf. Il joue à la fuite en avant. Il joue avec le feu. Du genre, « comme cela ils comprendront  notre colère ». Non ! Ils ne comprendront pas. Ils ne sont pas là pour ça. Et c’est le peuple qui trinquera.

Ce qui vient de se passer en Italie, troisième puissance de la zone euro et de l‘UE, n’est pas anodin. Et ce n’est pas un cas isolé. En avril, on aura les élections en Hongrie ! Peu de chance que là, la démocratie revienne !!

En France, si nous avions un mode de scrutin uninominal à un tour et proportionnel, il y a belle lurette que nous aurions un FN aux affaires ! Cela tient à peu de choses.

Soyons tous vigilants. Réagissons (sur les réseaux sociaux). Manifestons si besoin, partout, tout le temps, rectifions les mensonges, les analyses biaisées, tronquées, stigmatisons les solutions erronées ou dangereuses. Souvenons nous, tous, de 1933 en Allemagne. Ecoutez un discours d’Hitler; c’est effarant que l’on ait gobé tant de haine et de “méthode Coué”. On ne parlait pas de « populisme » à l’époque. Et Hitler a été élu, démocratiquement. Et les Allemands n’ont plus jamais voté, ni parlé, durant douze ans. Et le monde entier a été en guerre (60 millions de morts) à cause de l’élection démocratique d’un criminel de guerre et de l’Humanité (Shoah en tête…) qui avait su, au bon moment, accéder pacifiquement au pouvoir.

Aucune élection n’est anodine. Partout. Toujours. Et tout le temps.

En Italie, il y a entre 5 et 10% d’Italiens, selon les enquêtes d’opinion actuelles, à trouver que le régime du dictateur fasciste Mussolini n’avait pas que des inconvénients, et qu’il a redonné de la grandeur à l’Italie et de la fierté aux Italiens !! En France, 5 à 10% considèrent qu’ils préfèreraient le plein emploi, quitte à réduire la démocratie, s’il le faut !! Brrr !! Le FN vient de réélire une présidente (seule candidate) mise en examen pour des emplois fictifs et par ailleurs sommée par le Parlement européen de restituer la somme de 600.000 € pour le fait que des euro-députés du FN ont utilisé leurs attachés parlementaires en France et pour ce parti, au lieu d’être à la tâche pour les actions et travaux du Parlement européen ! Et par ailleurs, la justice n’a toujours pas tranché sur une instruction en cours sur des sur-facturations des matériels de campagne de ce parti, durant des années. Les militants seraient-ils masos ? Cerise sur le gâteau, on leur propose de voter pour un nouveau nom, celui de ” Rassemblement national “. Quelle bonne idée! Et une idée neuve !! Marine LE PEN vient de reprendre un nom déjà archi utilisé par des fascistes ou extrémistes de droite ! Il s’agit, dans l’ordre chronologique, de Marcel DEAT; Jean-louis TIXIER-VIGNANCOUR et de Jean-Marie Le PEN: ils avaient tous les trois créé, respectivement dans les années 1940, 1960 et 1980, un mouvement ou parti intitulé Rassemblement national ! Quel renouveau, en 2018 ! J’y vois plutôt une sacrée filiation ! Et on devrait encore douter des idéologies et doctrines du FN actuel ?! De qui se moque-t-on ?

Je l’ai souvent dit dans mon euro-blog, le nationalisme se développe partout: en Europe (groupe de Visegrad, bien sûr, mais aussi dans nos contrées plus à l’ouest, et jusqu’en Amérique avec Trump; au Japon, en Chine, en Inde,en Russie) . Et ces nationalistes s réarment tous, les budgets de la défense sont tous en augmentation. Vraiment inquiétant…Je le répète encore: la démocratie n’est jamais irréversible, ne soyons pas parano, mais ne soyons pas non plus naïfs…

Alors, SVP, vigilance, pour les prochaines élections en Europe et ailleurs !

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