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NE DEMÂTEZ PAS !!

        Mon premier ”euro-coup de gueule” de l’année 2009 sera pour l’enlèvement progressif de la signalétique européenne (le drapeau bleu aux 12 étoiles) sur les bâtiments publics : écoles, collèges, lycées, mairies, préfecture, bibliothèques, etc, que la présidence française, le 1er juillet 2008, avait eu l’intelligence de mettre en place.

         La communication et la pédagogie passent, en effet, par la signalétique aussi. Pendant 6 mois, tous les bâtiments de France ont donc été joliment décorés du double drapeau français et européen. C’était super.

         Etant un peu pessimiste de nature, j’avais suggéré à nombre de décideurs, édiles locaux ou nationaux, de conserver, au-delà de la présidence française, ce double pavoisement, tant l’Europe est encore trop perçue, par nombre de nos concitoyens, comme un OVNI…

 

         Je crains de n’avoir pas été entendu. Depuis le 1er janvier, je constate chaque jour, ici ou là, et un peu partout sur le territoire national, qu’on démâte.

Inconscience ou zèle délibéré ?

         Le résultat sera le même. L’Europe ne sera plus visible sur les trottoirs ou les places, au fronton de nos beaux monuments souvent chargés d’histoire.

         Nous sommes décidément incurables et désespérants.

         Après une présidence française réussie, audacieuse, combative, voilà qu’on torpille aussitôt (parfois dès le 3 janvier !!!) ce petit « détail » d’une signalétique facile, et bon marché (les mâts existent partout !), mais tellement utile pour faire passer un silencieux message.

         D’ailleurs, au lendemain du rejet français de la Constitution européenne, le député Michel Herbillon, dès septembre 2005, rendait, à la demande du Premier Ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffarin, un Rapport très substantiel sur les causes du rejet et surtout sur les nombreuses solutions à mettre en place rapidement. Parmi celles-ci, il était très bien démontré l’importance de la signalétique européenne, au-delà du côté esthétique.

         D’autres pays plus « européens » que nous ne se posent même plus la question du double pavoisement ou non. Il existe partout, un point c’est tout. Heureux pays que la Belgique, l’Espagne, le Portugal, le Luxembourg. Il faut savoir ce que l’on veut, et ne pas faire semblant, durant 6 mois, lors des présidences françaises de l’UE !

         Une anecdote, qui me consterne, éclairera mon propos : il s’agit du soin avec lequel les préfets de la République adressent à tous leurs services administratifs au département, une note, au mois de mai, précisant bien que le 8 mai le pavoisement national est de rigueur ; que le 9 mai, le pavoisement doit être double (ah, quand même !) ; mais que le 10 mai, le double pavoisement doit être aussitôt retiré pour revenir au « simple » pavoisement national… Si ce n’était pas si lourd de conséquences, on en rirait…

         Allez, encore une petite anecdote, vécue. Il y a 2 jours, alors que je m’inquiétais auprès d’un responsable dans l’Education nationale de ce problème, quelle ne fut pas ma stupéfaction de m’entendre répondre de façon péremptoire (et je vous jure que c’est vrai !) : « mais l’Europe c’est fini, depuis le 1er janvier ! ». Fermez le ban !

         Même les mairies (36.850 communes) sont loin d’appliquer le double pavoisement. C’est incroyable ! Que craignent-elles donc ? Qu’on arrache le drapeau ? Il n’y a pas eu d’incidents durant les six mois de la PFUE, que je sache !!

 

         On ne peut pas réclamer à la fois d’être un acteur incontournable de l’Europe et refuser sa première (et simple) signalétique.

         Toujours notre côté un peu schizophrène à l’égard du fait européen.

 

         Je ne formule donc non pas un vœu en ce début d’année, mais j’adresse une signalétique : messieurs, mesdames les maires, les Présidents de Conseils généraux, régionaux ; messieurs, mesdames les Préfets ; messieurs, mesdames les directeurs de tout bâtiment public, de l’école au phare de Bretagne ou d’Arcachon, ne démâtez pas !

         Remettez, sans honte, le double pavoisement, comme nombre de pays. Ça ne fera pas de mal. Ça fera même un peu de bien.

         Contribuez ainsi, à ne pas faire retomber le soufflet de l’Europe en France durant ces 6 derniers mois flamboyants. Je n’ose même pas évoquer l’Ode à la Joie de Beethoven…

         Gardez au moins le drapeau !

         Ne démâtez pas !

 

        

16 Réponses à “NE DEMÂTEZ PAS !!”

  1. Marc dit:

    100% d’accord !

  2. Magali Dubié dit:

    Bravo pour ce coup de gueule salutaire ! C’est un peu
    “Cachez ce…drapeau ( ! ) que je ne saurais voir”
    Les édiles fautifs de notre République Franco Française sont irresponsables sur ce coup là. A 5 mois des élections européennes… Ou alors ils ont besoin de recycler le drapeau de l’Union en repeignant la toile en bleu blanc rouge après le mauvais hiver que nous avons eu. Peut-être après tout !
    Ne Lâche pas l’affaire. Prends des photos compromettantes et publie les sur ton Blog. ( ex la Mairie de Machin, La préfecture de truc,Le grand lycée Tartanpion…) bel exemple d’accomplissement républicain au service des presque 500 millions de Citoyens que nous sommes.
    Honteuse petite mesquinerie gauloise.
    Bye !

  3. Monik Vrastor dit:

    Bravo Alain,

    Que ton voeu soit entendu et que flottent encore pour longtemps ces deux bannièress qui rappellent aux français d’abord et aux étrangers qui nous honorent de leur visite que l’Union qui est dans les coeurs et dans les esprits s’affiche avec panache!

  4. René Cassier dit:

    OUI, j’ai fait le même constat pour le pavoisement de la Mairie d’une petite commune au nord du département du Rhône.
    Ayant fait cette réflexion au Maire “Pourquoi ne mets-tu le drapeau européen au fronton de la Mairie ?”Réponse : ” Nous attendons que Monsieur le Préfet nous en donne l’ordre …”
    Le Maire serait-il incapable de prendre la moindre initiative ?
    Pauvre France …

  5. Raphaël PEUCHOT dit:

    Bonjour à tous.
    Cher Alain, franchement, il n’y a pas de quoi pavoiser. Le drapeau européen est un artifice qui sert à masquer le triste désamour des Français pour la construction européenne, parce que cette construction-là est contre nature, elle affaiblit les nations, elle dissout leur souveraineté, au lieu de renforcer la coopération entre les peuples.
    J’ai été surpris de constater que tu soutenais une association européiste qui cherche à bannir à tout prix l’existence même du mot “Français”. C’est vrai, quelle honte de s’appeler Français et d’habiter un pays aussi nul que la France ! Et les activistes de cette association s’appellent entre eux, tenez-vous bien : les Européens-France ! sans blague !
    Bonne année 2009 pour une Europe fière de ses racines avant d’être fière de son drapeau.
    Amitiés quand même !
    Raphaël

  6. Reguillon alain dit:

    1 drapeau, 2 drapeaux, 3 drapeaux…ça fait combien d’étoiles ?

    Si les drapeaux restaient, les maîtres pourraient même s’en servir pour le calcul ! Je ne parle pas de l’aide apportée aux daltoniens pour identifier les couleurs “bleu et jaune” voilà qui est facile à retenir ! quant au mariage avec le bleu (encore), le blanc et le rouge, cela est plutôt harmonieux !

    Mais voilà, nos édiles comme les grands serviteurs de l’Etat (qui sont formés, comme les diplomates d’ailleurs, à se préoccuper des intérêts de l’Etat, sans chercher à savoir ce que serait la France sans l’Union !)ne voient pas plus loin que le bout de leur nez -que certains ont pourtant bien long pour flairer le poste ou l’élection la plus utile à leurs ambitions-.

    Pauvre France ! te voilà bien mal servie toi qui fût à l’initiative de cette merveilleuse construction dont on abandonne peu à peu l’achêvement. Tes architectes et conducteurs de chantiers ne sont plus à la hauteur ; les ouvriers sont désabusés et les habitants trop nombrilistes pour s’émouvoir de cette panne!

    Garder les drapeaux, voire les installer définitivement, ne coûte guère qu’un peu de courage et une grande confiance en l’avenir. Car, soyons sérieux, sans Europe point d’avenir pour une France devenant alors “petite vieille recrequevillée” se remémorant ses souvenirs de jeunesse, à une époque (1951, 1958, 1992) où elle était courageuse, entreprenante et avait de la vision !

    Citoyens, nos édifices n’étant plus pavoisés, faites-vous confectionner une écharpe aux couleurs de l’Europe et portez haut les couleurs de l’espérance.

  7. Nicolas Sègerie dit:

    Lorsque l’on arbore le drapeau français, on oublie que la France est l’association de multiples peuples qui existent encore puisque ils ont une histoire. Certains montrent qu’ils s’en souviennent comme les Bretons, les Savoyards ou les Corses, tandis que les Ch’tis, les Auvergnats ou autres Occitans se redécouvrent un passé glorieux.

    Lorsque les chevaliers et autre gente soldatesque du Moyen Age partaient au front, au corps à corps, ils s’étaient doté de blasons… pour ne pas s’étriper dans la même fratrie! Passant du sens pratique aux symboles, la héraldique s’est construite avec du sens entretenu… Or aujourd’hui, qui connaît le sens des trois couleurs du national fanion, des douze étoiles de l’Union, de nos drapeaux régionaux, de la kyrielles de logos de nos citées ou agglomérations qui par le design font fi de l’histoire?

    Le “Grand Lyon” est-il un Grand Méchant Loup?
    Le M de Mac Do semble plus universel!

    Pour que les drapeaux flottent avec du sens, encore faut-il que nos écoles les enseignent! 27 drapeaux, combien de régions, voilà de quoi amuser nos maternelles… Quand à l’histoire de l’Europe, elle ne se limite pas à ses institutions ou à ses chartes, mais à ses peuples, ceux qui ont un drapeau, et quelques uns qui n’en ont pas. Voilà de quoi enrichir nos manuels scolaires alors que disparaissent déjà les n° des départements qui faisaient pour une autre génération que l’on reconnaissait la France dans sa multiplicité.

    Au niveau de l’Europe, nous avons déjà interdit toute représentation nationale sur les billets en €uro… C’est une erreur car voilà un support de choix pour identifier chaque nation qui la compose, avec ses penseurs ou ses oeuvres d’art.

    Pour construire l’Europe, il vaudrait mieux ne pas interdire les penseurs ou cacher ses merveilles; le passé nous a montré que ce n’était pas la bonne voie.

  8. Christelle dit:

    Réponse à Raphaël

    Je lis avec beaucoup d’intérêt cet euroblog. Et je lis aussi les commentaires. Le votre est surprenant.
    Toutes les opinions sont libres, c’est la règle de la démocratie. Mais avouez que vous “poussez le bouchon un peu loin”.

    Petite leçon de géographie: la France se trouve… sur le continent européen. Eh oui, que vous le vouliez ou non, vous êtes européen et français. Ou si vous préférez français et européen. Peu importe l’ordre, mais vous n’y échapperez pas.

    Petite leçon d’histoire: le drapeau européen, que vous semblez… ne pas trop apprécier, est le seul drapeau au monde au nom duquel on n’a pas tué son voisin. Et je ne vous parle pas de l’Ode à la Joie de Beethoven dont l’absence de parole résonne fort face à la Marseillaise.

    Petite leçon d’économie: que serions-nous aujourd’hui, nous la France et nous les Français, sans l’euro, sans l’Union européenne? Une grande puissance encore capable de rivaliser avec les USA ? Un peu de sérieux.

    Eh oui, cher monsieur, l’Europe permet à la France d’avoir une place assise dans le train de la croissance (y compris par les temps qui courent), du développement et des négociations internationales.

    Mais chacun pense ce qu’il veut: y compris contre le sens de l’Histoire.

  9. "grenouille étoilée" dit:

    Ah enfin ! ce blog se décrispe un peu…çà discute sur les forums !
    Complètement d’accord avec l’idée ultime que la France, sans l’Europe, n’est plus grand chose.
    l’Europe n’est pas un déni de la France, il faut arrêter les conneries et la démagogie souverainiste…
    La France on l’aime et l’Europe aussi, c’est un peu une grande soeur à qui l’on peut tout dire, qui nous aide à avancer dans la vie,malgré les bêtises que l’on peut faire, elle nous sauve la face, quand on s’enfonce, elle nous permet de nous affranchir.
    Aussi il est certain que :
    les élus français et autres élites, où qu’ils soient, ont donc la responsabilité de penser dorénavant à “2″ et pour tous. Qu’ils ressortent donc avec fierté la bannière étoilée jaune et bleu.

  10. Raphaël PEUCHOT dit:

    Bonjour Christelle,

    J’ai lu vos “petites leçons”.

    Géographie : vous êtes implacable; mais ce n’est pas le sujet de l’article d’Alain Malégarie. En excellente géographe, j’imagine que vous pensez que la Turquie est européenne parce qu’elle se trouve sur le continent européen …

    Histoire : moi, j’assume parfaitement (toute) l’histoire de mon pays et de mes ancêtres. Et quoique dise la Marseillaise, je ressens toujours la même émotion (des yeux et du coeur) en l’écoutant. En outre, Beethoven a écrit de bien plus admirables partitions que celle de l’Ode à la joie.

    Economie : les faits vous donnent tort. Les pays de la zone euro ont tous des taux de croissance inférieurs à ceux des pays ayant conservé leur monnaie. Et dire qu’on nous promettait l’Apocalypse sans l’euro ! Demandez donc leur avis aux Anglais.

    Politique : petite leçon oubliée ? La souveraineté d’une nation est la condition de la liberté de son peuple. C’est une règle de base de la démocratie. Or la construction européenne actuelle cumule deux inconvénients : elle vise à supprimer la souveraineté des nations, en faisant croire à l’existence d’un peuple européen (c’est le coup du drapeau). Or, il n’existe pas plus de peuple européen que de peuple asiatique. Si le sens de l’Histoire, c’est l’abandon de la Démocratie en Europe, alors oui, je m’inscris tout contre.

  11. Claude JEANDEL dit:

    Cher Alain,

    Tu es offusqué qu’il n’y ait plus de signalétique européenne sur des bâtiments de la République, voilà la belle affaire!

    Personnellement je m’en fous complètement. Ces drapeaux européens n’ont pas à être sur les bâtiments de la République française,souveraine de son destin. Tu devrais savoir que tous les bâtiments de la République doivent rester neutres c’est-à-dire qu’ils doivent respecter tous les citoyens, qu’ils soient pour ou contre l’Europe, et les Français sont majoritairement contre l’Europe et ils l’ont prouvé lors du référundum de 2005. Cela est si vrai que le Président de la République, grand démocrate devant l’éternel, a repassé le même traité que les Français avaient refusé 2 ans plutôt devant un Parlement français “avachi” “couché”, méprisant la Nation, et qui une fois de plus a méprisé le vote des Français. J’ajoute que ce Parlement n’est pas représentatif de la société française, puisque lors des dernières élections législatives de juin 2007, l’abstention a dépasé les 50% et ne comprend qu’en grande majorité des professions libérales, qui pour la plupart ne sont que des arrivistes et ne voient le monde qu’à travers l’argent, la finance dont on voit les effets dévastreux auprès de nos peuples, de nos économies et donc de nos sociétés.

    De plus, contrairement à ce qu’a dit ce jeudi au Ninkasi, M. Wauquiez, non les électeurs de droite - comme moi-même - ne sont pas tous européens. L’Europe ne pourra réellement exister que si elle respecte les Nations.

    Reçois, Alain mes amitiés gaullistes les plus sincères.

  12. Jérôme Triaud dit:

    je ne sais pas si la présidence française est réussie, et d’ailleurs pour le savoir attendons de voir la mobilisation pour les élections européennes de juin, ce sera un premier indice.
    Je crois qu’il ne faut pas confondre communication et réalité de l’action.

    Mais pour ce qui est du drapeau étoilé, alors là, il faut le laisser tout le temps, 365 jours sur 365.
    Quant à l’Ode à la joie, je rêve d’une école l’enseignant à ses enfants; on en est loin. Je me console en me disant que mon fils de 8 ans l’a déjà apprise…Mais il est vrai que c’était au conservatoire

  13. Benoit Agache dit:

    Je crains que l’on n’assiste à un fonctionnement hélas assez classique.
    Les hommes politiques français (et, je le crains, pas seulement eux) ont deux tendances très naturelles :
    Quand tout va bien, quand une décision est bonne ou efficace, ils s’en attribuent le mérite
    Quand une décision ou une mesure sont impopulaires, c’est à cause de l’Europe.

    L’Europe, objet étrange et difficile à comprendre, à appréhender, à lire. L’Europe, dont les mécanismes décisionnels sont abscons. Et dont l’aspect démocratique est difficilement perceptible, en particulier en France où le scrutin législatif proportionnel de liste a moins de valeur passionnelle que le scrutin unipersonnel et plus particulièrement présidentiel.

    Mais ce problème de visibilité, qui permet à nos politiques de se défausser sans vergogne de leurs responsabilités sur une entité “invisible”, est bien le moindre des freins à l’Europe.

    L’Europe est un Nain politique, alors que c’est un géant économique et culturel. Pourquoi? Parce qu’elle est divisée.

    En entreprise, lorsque l’on fusionne deux ou plusieurs sociétés, il y a des redondances, donc des licenciements. Si jamais l’on passait à la nécessaire, à l’urgente fusion des Etats Européens dans une Europe fédérale, cela créerait des redondances au sein de la classe politique.
    Or, qui est en charge de la construction européenne? Des hommes politiques.

    Soyons raisonnables, il est déraisonnable d’espérer que ces gens, qui ont sué sang et eau pour parvenir à leur position de pouvoir, construisent l’instrument de leur futur chômage.
    C’est pourquoi le “projet de constitution européenne” était tout sauf une constitution, et tout sauf la création d’une Europe politique. Et que les textes que l’on va nous proposer en remplacement seront encore pires, pour plus d’Europe financière et moins d’Europe politique, alors que nous avons besoin exactement du contraire.

    De par l’intérêt que j’ai porté au référendum de 2005, une partie des gens qui ont choisi de voter contre le projet de constitution étaient en fait pour une construction européenne, et voyaient ce projet comme un moyen de figer le statu quo de l’inexistence politique, intérieure et extérieure, de l’Europe.
    Ceux-là n’ont pas été entendus. On les a soigneusement cachés. Qui est “on”? Les médias de masse, détenus par d’immenses conglomérats financiers (et en particulier des marchands d’armes) qui ont tout intérêt à la non-existence d’un pouvoir politique, et les hommes politiques qui ne souhaitent pas une rationalisation qui aboutirait à la suppression de leurs postes.

    La construction européenne se fait de façon anti-démocratique, certes parce que l’on n’a pas confiance dans le peuple, mais aussi et surtout parce que l’on se concentre sur les décisions qui arrangent les puissants du monde financier (libre circulation des capitaux et des moyens de production), et parce que l’on protège le “plein emploi” des hommes politiques.

    Certes, les hommes politiques européens ont de moins en moins de pouvoir réel, à dire vrai ils ne sont plus guère que les gestionnaires d’une société largement dominée par le pouvoir économique des grandes entreprises et les mouvements des marchés mondialisés.
    Mais ces hommes sont bien plus attachés à leur pouvoir fantoche qu’à la possibilité de réaliser quoi que ce soit.
    Et si la présidence française a été aussi brillante, mon hypothèse est que M. Sarkozy y a vu l’occasion de briller, d’avoir plus de pouvoir personnel en essayant de fédérer et de faire exister le pouvoir présidentiel européen. Ce qui fut une bonne chose, et ce dont je me réjouis.

    Mais sitôt qu’il n’est plus président de l’Europe, sitôt que l’Europe n’est plus source de pouvoir personnel pour lui, elle redevient un rival. Donc, on démâte.

    Je n’ai pas de solution.
    Seulement ma consternation.

  14. Magali Dubié dit:

    A Jérôme Triaud …
    Si vous considérez que la France par la Présidence de l’UE n’est pas de retour en Europe,je pense que vous n’avez pas suivi les événements. Une guerre aux portes de l’Europe, qui a failli, nous pêter à la gueule, à nous européens,et nous enfoncer dans une inertie digne cette catastrophe humanitaire de Yougoslavie, à laquelle cette fois ci, un homme et une équipe, un homme et 27 pays ont réagi immédiatement sans attendre, sans attendre un avis américain…Une crise financière sans précédent, à laquelle un homme et une équipe, un homme et 27 pays ont mis en place sans attendre, un dispositif Euro Groupe, un G8, un G15, un G 20 à Washington, pour panser les premières plaies. Mais où étiez vous pendant ces 6 mois ? sur Jupiter peut-être ? le pack Energie Climat ne sort pas de la cuisse de Jupiter, a été signé à l’unanimité, et projète les peuples européens et le reste du monde à la responsabilité environnementale à horizon 2020. L’Europe de la Méditerranée qui a permis de réunir à la même table Syrien, libanais, Palestinien, Israélien, Egyptiens,et de parler mutualisation, projets d’avenir, construction, c’est pas du détail.
    C’est de l’engagement clair et net, c’est le retour de la Politique au noble sens du terme…le retour de la France au premier plan, le retour de la Politique au détriment des techniciens. Agir vite et bien…
    Vous la jouez ” petit joueur” monsieur Triaud, les parlementaires européens fort heureusement, de toute obédience politique confondues, n’ont pas râté eux, la feuille de route de Nicolas Sarkozy…et ont applaudi.
    La responsabilité des français à se mobiliser pour ces élections du 7 juin est donc lancée.
    Mais peut-être que Jupiter en exil c’est pas mal finalement.
    Je sais qu’en plus vous êtes un européen convaincu. Alors affirmez le en desserant les dents.
    Bien à vous.

  15. Benoit Agache dit:

    A M. Peuchot

    L’attachement à la souveraineté est un merveilleux euphémisme du nationalisme… Et le nationalisme et la démocratie, ma foi… non je ne vois pas la nécessité de l’un pour l’autre.

    Vous voulez demander l’avis des Anglais?
    Je vais vous donner mes impressions de Belfast et de l’Irlande du Nord : la construction Européenne, et la diminution progressive de la force des frontières, a fait infinment de bien à deux peuples divisés vivant sur un même territoire, et a permis, par l’alliance multilatérale qu’est l’Europe, de renforcer une paix bilatérale qui n’aurait pas été possible sans cette évolution. L’affaiblissement des frontières permet une cicatrisation des plaies d’une guerre civile, qui sous couvert de religion était en réalité une guerre de conquête… comme beaucoup d’autres.
    En Irlande du Nord, ceux qui arborent un drapeau national sont ceux qui veulent le retour à la guerre…

    Je ne sais pas quel est le sens de l’histoire.
    Mais je crois savoir quel est le sens des frontières et de la souveraineté nationale.
    Ce “sens” s’écrit S.A.N.G.

  16. Romain Burgat dit:

    Bonjour Alain,

    100 % d’accord avec toi.

    pour répondre à Claude Jeandel :

    En estimant que la Constitution européenne et le traité de Lisbonne sont identiques, vous prouvez votre méconnaissance de ces deux textes. A titre d’exemple, les symboles tels que le drapeau et l’hymne ont disparu (malheureusement).
    L’Europe est une réelle chance. Vous auriez préféré que chaque pays apporte sa réponse à la crise actuelle, sans coordination, en dévaluant les monnaies, fermant les frontières,….comme dans les années 30. Nous avons constaté où cela nous a mené. Il est essentiel d’unir nos forces car c’est notre seule chance d’exister face aux géants américain et chinois. Et l’UE ne se construit pas au détriment des identités nationales. C’est comme expliquer que la France nuit aux identités régionales…
    Notre président n’a trahit personne en soumettant le traité de Lisbonne au parlement. Il a été clair pendant la campagne sur ce point !

    bien à vous

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