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La Suisse, des amis toujours européens

Le dimanche 28 septembre 2020 sera une date sans doute historique pour la Suisse et pour l’Union européenne aussi.

Par un vote (une « votation ») sans appel, nos amis suisses se sont prononcés par référendum, mode opératoire très fréquent chez eux, et très démocratique, contre une proposition du parti populiste UDC qui visait à limiter l’immigration des ressortissants de l’Union européenne. Le « non » a recueilli 61,7% des voix. Si le « oui » l’avait emporté, cela aurait sûrement remis en cause les négociations actuelles sur un accord-cadre entre la Confédération Helvétique et l’Union.

Depuis 1992, époque où nos amis suisses s’interrogeaient sur leur adhésion à l’UE, question refusée – toujours par référendum – à deux reprises, les relations entre la Suisse et l’UE ont fluctué, avec des hauts et des bas.

Mais en 1999, l’Accord sur la libre circulation des personnes fut signé avec l’UE, permettant aux Suisses de se déplacer librement dans toute l’Union (ils sont 400.000 à y résider), avec bien entendu la réciprocité pour les Européens en Suisse, qui sont 1.400.000 à y vivre, sans compter les 320.000 travailleurs transfrontaliers en Suisse, qui passent la frontière chaque jour. Et l’UDC souhaitait, par ce vote, résilier cet accord pour « maîtriser l’immigration » et « sauvegarder des emplois »… On l’a donc échappé belle, d’autant que si le oui était passé, cela aurait abouti, en cascade, à rendre caducs les accords sur le commerce, les transports et la recherche signés, eux, en 2002. Et ce en vertu d’une clause dite « guillotine ». Le calcul politique de ce parti politique était donc redoutable pour ne pas dire machiavélique. C’est la raison pour laquelle le gouvernement, le Parlement, les syndicats et tous les autres partis politiques se sont opposés fermement à cette initiative.

Depuis trente ans, la Suisse et l’Union ont passé des accords bilatéraux. Depuis quelques années, les deux parties tentent de les remplacer par un accord-cadre global. Il y a eu trop de hauts et de bas sur des sujets-clés comme Schengen, Erasmus+. L’UE souhaiterait signer aussi un accord institutionnel liant la Suisse aux décisions de la Cour de Justice. La directive relative aux droits des citoyens européens et les aides d’Etat sont en négociation difficile, également.

Ce vote historique marque aussi un coup d’arrêt à ce sujet très sensible en Suisse qu’est l’immigration. Car, en 2014, le mouvement de balancier fut inversé. Le parti UDC avait, déjà, pris une initiative visant à réintroduire des « quotas » de migrants, notamment européens ! Et cette fois, cette initiative avait été votée. Toujours cette idée de « reprendre le contrôle sur l’immigration ». Mais l’immigration de travailleurs peut être profitable, aussi. La Suisse, « je t’aime, moi non plus ». Ce beau et paisible pays avait déjà écorné un peu Schengen et Erasmus+. Les Suisses ont, eux aussi hélas, leurs populistes ou nationalistes. Autant dire que les capitales européennes sont soulagées, depuis ce vote du 28 septembre.

Nos amis suisses restent européens. Ont-ils le choix d’ailleurs ? « Entourés » par quatre pays membres de l’UE, et non des moindres : France, Allemagne, Italie et Autriche ! Comment ne pas avoir un pied dans l’Europe ? Pour commercer, pour le tourisme, pour les transports, pour des enjeux environnementaux communs, aussi. Avec des normes européennes. Et chacun est gagnant, finalement. Nous ne pouvons que nous en réjouir. Les Suisses sont pragmatiques, une qualité gage de succès.

Et puis, si le oui était passé, on aurait comparé un peu cela à un deuxième Brexit ! L’UE n’avait pas besoin de cela !

Plus que jamais, dans un monde en pleine mutation, en tension, en concurrence exacerbée, il nous faut, avec la Suisse, coopérer, échanger, développer des partenariats forts, mais dans un profond respect mutuel. Nous avons tout à y gagner, ensemble. Ce pays multiple est tellement charmant, et riche de toutes ses diversités, linguistiques, culturelles, géographiques , de ses performances économiques aussi. Nous devons rester des amis.

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