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Valéry Giscard d’Estaing : un Européen convaincu, visionnaire et efficace.

« L’idéal européen perd un de ses fondateurs », selon Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale. C’est la meilleure formule que j’ai entendue parmi les innombrables hommages après le décès de Valéry Giscard d’Estaing, le 2 décembre 2020, des suites de la Covid-19, à l’âge de 94 ans.

Elu Président de la République à 48 ans, extrêmement brillant, intelligent et visionnaire, il a profondément modernisé la France de De Gaulle et de Pompidou. Il relança brillamment aussi, la construction européenne.

Dommage que, sur la forme, il fut si arrogant, si « aristo », si méprisant à l’égard de ses opposants politiques, si égocentrique. Avec des erreurs qui lui ont coûté cher (en 1981) comme l’affaire lamentable des « diamants de Bokassa », et peut-être aussi de la naïveté dans la gouvernance comme « faire peuple » lors de dîners chez l’habitant, ou bien lorsqu’il s’était fâché avec Jacques Chirac en 1976, qui participa aussi à son échec électoral en 1981.

Le contexte économique et géopolitique (double crise du pétrole en 1974 et 1979, avec pour effet le quadruplement du prix du pétrole, et une sérieuse crise économique et sociale, avec un taux de chômage à deux chiffres et une forte inflation) contribuera également à sa défaîte pour un second mandat.

Mais l’Histoire retiendra qu’Il a beaucoup modernisé la France, avec la légalisation de l’IVG, la majorité civile à 18 ans, le divorce par consentement mutuel.

Il a mis fin à la tutelle de l’Etat sur la télévision publique. Bye bye l’ORTF.

Il a aussi permis le droit de saisine par les députés du Conseil constitutionnel. Gros progrès démocratique.

Il fut le premier président à se rendre en Algérie depuis l’indépendance.

Après l’Elysée, Il fut un vrai battant à la présidence de la Région Auvergne, et fut même le seul président à avoir fait un retour à l’Assemblée nationale (en 1993), ce dont les députés lui savent gré. On n’a jamais revu Sarkozy ou Hollande, après leur mandat de président, revenir « simplement » à l’Assemblée nationale.

Et il a pesé aussi de tout son poids politique pour la création du site de Vulcania, parc d’attraction à vraie visée scientifique.

Il est également rentré à l’Académie française

L’Histoire retiendra aussi qu’il a été un acteur-clé de la construction européenne, avec la création, en 1979, du Système Monétaire Européen (SME), cet ancêtre de l’euro, avec le chancelier allemand Helmut Schmidt. Le SME mit fin au désordre monétaire dû à l’instabilité des monnaies et à de fortes dévaluations. Il n’eût de cesse de faire progresser l’Europe avec son homologue allemand. Né à Coblence dans l’entre-deux guerre, il respectait et aimait les Allemands et savait que l’Europe avancerait avec eux.

Il fut aussi l’instigateur du Conseil européen, la réunion des Chefs d’Etat et de gouvernements, toujours avec le concours de Helmut Schmidt. Ce fut un vrai « couple » franco-allemand efficace (comme le sera aussi le couple Mitterrand-Kohl, qui permit la concrétisation et l’avènement de la monnaie unique).

On lui doit aussi la création de l’Agence spatiale européenne, le développement d’AIRBUS et d’Ariane Espace.

Il a oeuvré pour l’élection du Parlement européen au suffrage universel, en 1979.

Il a aussi défendu et introduit le principe de subsidiarité, principe clé de la gouvernance européenne. Mais il voulait aller plus loin dans l’intégration politique de l’Europe, il souhaitait parvenir à une unification budgétaire et fiscale, qui aurait déboucher sur un Trésor européen. Ce qui aurait été un pas important vers le fédéralisme. 40 ans après, on n’y est toujours pas, malgré l’existence de l’euro.

Après l’Elysée, il sera élu député européen en 1989, et le restera jusqu’en 1993.

En 2001, il prend la présidence de la « Convention sur l’avenir de l’Europe », avec une grande ambition, celle de rédiger un « Traité établissant une Constitution pour l’Europe» avec la participation effective de la société civile et des citoyens. Mais l’échec en mai 2005 du référendum français, suivi par un refus hollandais, a définitivement rejeté ce projet.

Le « bilan » global de l’action politique de VGE est largement positif. Après lui, on n’a pas pu faire de la politique ou conduire le pays « comme avant ». Même s’il reste encore bien des progrès à faire ! Grâce à sa stature internationale, il a remis la France sur la scène européenne et internationale. Il aura oeuvré toute sa vie pour l’unité européenne. Jamais par idéologie, toujours avec un grand pragmatisme. Je ne citerai qu’une seule phrase : « Si nous voulons encore jouer un rôle dans le monde, nous ne pouvons plus tout faire seuls ».

Il reste, à ce jour, avec François Mitterrand, un des deux seuls présidents de la République profondément européens, et qui auront su faire progresser énormément la construction européenne. Pour moi, ce bilan est à saluer.

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