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L’Europe de la défense : une avancée avec l’eurodrone

On parle de plus en plus, pour relancer (refonder?) l’Union européenne, de coopération renforcée, de souveraineté européenne, d’autonomie stratégique et géopolitique.

La pandémie terrible du coronavirus, les relations difficiles avec l’Amérique de Trump durant 4 ans, les conséquences du Brexit, la montée de la Chine, autant d’événements qui font prendre conscience à l’Union qu’il faut, de plus en plus, et rapidement si possible, prendre son destin en main, et s’affranchir autant que faire se pourra des Etats-continents géants afin de se rendre moins dépendants de leurs industries, de leur vision du monde, et de défendre aussi nos modes et niveau de vie, et nos valeurs.

Cette émancipation indispensable passe bien sûr par l’autonomie militaire et sécuritaire.

Et dans ce domaine, l’Union européenne développe un outil technologique aérien, très sophistiqué, qui deviendra une arme redoutable pour les décennies à venir et pour toutes les armées du monde : le drone. Il a d’ailleurs déjà fait ses preuves depuis dix ans dans des usages civils (caméras de surveillance essentiellement), mais il est évident qu’il aura plus de fonctions de puissance et de rayonnement dans le domaine militaire (offensif et défensif) : drone d’observation, drone de surveillance, drone de combat (porteur de charges). Les responsables militaires ont vite compris qu’un drone sauvera énormément de vies sur les théâtres d’opération, qu’il s’agisse de surveillances ou d’attaques, en remplaçant de plus en plus les soldats. Le drone a un avenir évident, et deviendra aussi de plus en plus précis, sophistiqué, avec un potentiel de plus en plus large (vitesse, altitude, camouflage, taille, etc).

Dans ce domaine-là, comme tant d’autres, ces armes redoutablement efficaces sont américaines, et les Européens en achètent ou en louent selon les budgets -conséquents- dont ils disposent.

Une Europe de la Défense digne de ce nom se doit donc, pour devenir pleinement autonome, de produire à terme ses propres drones.

Et c’est ainsi que l’histoire du drone européen, appelé MALE ( Moyenne Altitude, Longue Portée ) a démarré en 2013, lorsque Airbus Defence and Space, associé à Dassault Aviation et à l’italien Aermacchi remettent une proposition pour le développement d’un nouveau drone, qui serait totalement européen. Et en 2015 les ministres de la défense de quatre pays, France, Allemagne, Italie et Espagne font une déclaration d’intention commune pour conduire une étude sur ce drone. L’Agence européenne de défense apporte son soutien à ce projet dans les domaines de l’insertion dans le trafic aérien, la navigabilité et la certification. Le contrat est signé en 2016. Une première maquette à l’échelle 1 est présentée en 2018. Et le premier vol opérationnel du drone européen devrait avoir lieu en 2024.

Le projet est ambitieux. Il est doté d’un budget de 7,1 milliards € et doit aboutir au développement de 63 drones. Il s’agit d’un coût non négligeable, mais cet investissement semble nécessaire si les Européens veulent assurer leur souveraineté en matière de défense. Mieux, les estimations prévoient que le coût à l’unité du drone européen serait moindre de 40 millions € (160 millions au lieu de 200), et que le coût horaire du vol de ce drone serait également moins cher de 1.000 € (3000 € au lieu de 4000). Il n’y a pas de petite économie. Paradoxe, la crise de la Covid-19 pourrait avoir un effet salvateur sur ce projet, car il permettrait d’injecter des fonds et de passer commande à un secteur aéronautique européen en grande difficulté.

Il est vrai que cette très haute technologie est très coûteuse (fabrication, entretien, développement). Mais cette arme hautement sophistiquée économisera des vies en remplaçant des milliers d’êtres humains, et donnera à l’Union européenne une autonomie stratégique indispensable si elle veut peser face aux Etats-Unis et à la Chine. Comme elle l’a fait pour l’avion de chasse Eurofighter, et le fera avec le futur avion européen prévu.

L’autonomie stratégique de l’Europe, la « souveraineté européenne » passeront obligatoirement par une défense et une diplomatie indépendantes. Avec des projets ambitieux et de technologie avancée.

L’eurodrone européen sera lancé avec deux puis quatre pays, ceux qui en sont les « fondateurs ». le premier système d’Eurodrone devrait donc être livré à l’Allemagne en 2027, et la France sera fournie en 2028. L’Italie et l’Espagne viendront ensuite. Il pourra ensuite s’étendre à d’autres Etats membres, progressivement, probablement par le biais de la location plutôt que de l’achat, très coûteux. L’Union européenne pourra aussi en vendre et en louer à d’autres Etats tiers (comme le font les Américains), ce qui amortira progressivement les investissements conséquents de départ.

L’eurodrone MALE aura peut-être le même succès qu’Airbus pour les avions civils. Il y aura certes une rude concurrence avec les « Reaper » américains, et sans doute, un jour, les appareils chinois. Mais les succès d’Airbus, de Galileo, et des lanceurs européens (de fusées) à Kourou sont de nature à rassurer les Européns. Il suffit qu’ils en aient la volonté, et trouvent le financement nécessaire.

La génération des drones, civils ou militaires, ne fait que commencer.

L’Europe le sait, elle ne peut pas – ne doit pas - rater cette révolution technologique.

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