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Egalité Femme-Homme : où en est-on dans l’UE ?

Le 8 mars est la journée internationale des droits des femmes. Dans les pays démocratiques, les choses progressent, lentement mais sûrement, l’Union européenne en fait une cause prioritaire depuis longtemps, et particulièrement depuis cette mandature (Commission européenne, Parlement européen), mais les efforts sont différents selon les Etats membres.

En termes d’égalité des genres, la place des femmes s’améliore, certes, mais reste plus précaire que celle des hommes. Au travail comme à la maison. En 2020, les Etats-membres de l’Union ont obtenu une note moyenne de 67,9 sur 100 en termes d’indice d’égalité de genre, outil de mesure conçu par l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Et la note n’a progressé que de 5,9 points en … 15 ans !

La Commission européenne a présenté une stratégie en mars 2020. La pandémie ne doit pas freiner ces objectifs importants : mettre un terme aux violences sexistes, combattre les préjugés sexistes, garantir une égalité de participation et de chances sur le marché du travail, atteindre un équilibre entre hommes et femmes en matière de responsabilité, de prise de décision et dans le domaine politique.

Le Parlement européen a validé ce programme dans un rapport adopté en janvier 2021, tout en déplorant son caractère parfois trop vague, et ayant peu d’objectifs concrets à atteindre d’ici 2025.

Le taux d’emploi des femmes progresse : en 2019, 68,2% des femmes de 20 à 64 ans occupaient un emploi dans l’UE. Il n’était que de 62,1% en 2010. Mais il reste inférieur de plus de 10 points à celui des hommes : 79,6%. Avec de gros écarts entre les Etats-membres. C’est à Malte que les inégalités entre les sexes sont les plus fortes : 65,8% de femmes de 20 à 64 ans avaient un emploi en 2019, contre 86,5% pour les hommes. A l’inverse, l’écart le plus faible est en Lituanie, avec 77,4% de femmes au travail contre 79% pour les hommes.

Mais même quand les femmes travaillent, elles sont plus nombreuses que les hommes à être à temps partiel, notamment pour s’occuper des enfants. C’est pourquoi l’UE développe le congé parental pour réduire ces écarts entre femmes et hommes. Une directive européenne a été adoptée en 2019 sur « l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et des aidants ». Mais contrairement au souhait de la Commission européenne de créer une rémunération minimale du congé parental à hauteur d’un arrêt maladie, la majorité des Etats membres a refusé de voter un seuil minimal, se contentant d’un « niveau adéquat requis ». Et le congé parental reste encore largement l’apanage des femmes.

Sur le plan des salaires, malgré toutes les propositions de la Commission européenne et le souhait du Parlement européen, le scandale continue. En 2018, les hommes gagnaient en moyenne 15,3% de plus que les femmes, à travail et compétences égales, selon une enquête d’Eurostat. L’écart salarial le plus faible entre femmes et hommes revient au Luxembourg (1,4%), et le plus fort est celui de l’Estonie (21,8%) ! La France fait un mauvais score, se situant à un écart de 16,7%, soit au-dessus de la moyenne européenne de 15,3%. La Commission européenne a proposé aux Etats membres d’infliger des amendes aux entreprises, sans succès pour l’instant. Et pourtant le code du travail en France précise bien « l’égalité professionnelle entre hommes et femmes au travail », dans ses articles L3221-1 et autres. Il y a le droit… et la pratique.

Autre scandale, la pauvreté (moins de 60% du revenu médian) touche elle aussi davantage les femmes : 17,6% en 2019 contre 16% pour les hommes. En ce qui concerne les « travailleurs pauvres », n’ayant pas un niveau de vie correct, là les femmes sont un peu mieux avec 8,9% contre 9,5% pour les hommes. A noter qu’en France, la part des travailleurs pauvres est à égalité pour les deux sexes : 7,4%.

Pour les postes à responsabilités, le fossé entre hommes et femmes est sidérant. Dans les parlements nationaux de l’UE, 28,6% de femmes élues seulement en mars 2020. Contre 39,5% d’eurodéputées au Parlement européen qui lui, est, de 5 ans en 5 ans, en constante augmentation. La Commission donne l’exemple : Ursula von der Leyen est la première femme à diriger l’institution, qui a 13 commissaires femmes sur 27. Soit la quasi-parité (elles n’étaient que 9 sous la présidence de Jean-Claude Juncker). Madame von der Leyen a tenu parole. Bravo ! En termes de postes d’encadrement à la Commission, la part des femmes était de 41% en mars 2020, en progrès. Elles restent toutefois sous-représentées dans les postes liés à la prise de décision économique, domaine encore considéré comme « masculin ». La Commission européenne a avancé l’objectif d’atteindre la parité à tous ses niveaux hiérarchiques d’ici la fin de l’année 2024. C’est faisable. Dans nos ministères nationaux en France, les écarts sont bien plus élevés… Et même à la tête des 27 Etats-membres (hors têtes couronnées mais qui ne gouvernent pas), il n’y a que.. 8 femmes !

Sur le plan des violences en tout genre, Les femmes sont bien plus souvent victimes de violences physiques et sexuelles que les hommes. Selon une étude publiée en 2017, 45 à 55% des femmes ont été victimes de harcèlement sexuel depuis l’âge de 15 ans, soit un nombre très important, entre 83 et 102 millions d’Européennes. Le nombre de femmes succombant sous les coups de leur conjoint est très supérieur à celui des hommes victimes de leur conjointe. Pour la France, en 2019, 146 femmes sont mortes à la suite de violences subies de la part de leur partenaire ou ex-partenaire. Les femmes représentent 84% des morts au sein du couple ! En outre, la chape de plomb, l’omerta, le silence perdurent encore trop, malgré toutes les campagnes récentes. Mais cette situation tragique devrait s’améliorer. On note encore un écart important entre le nombre des violences et celui des plaintes. Ecart également entre le nombre de violences déclarées à la police et celui des affaires traduites en justice. Des efforts sont faits aussi, en France et ailleurs, pour l’accueil et une écoute humaine dans les commissariats, à l’égard des victimes.

La pandémie mondiale de la covid-19 n’a pas arrangé la situation des femmes, en accroissant les agressions physiques, psychologiques et sexuelles durant de longs confinements, remettant en cause des améliorations obtenues antérieurement.

Les inégalités de genre sont ainsi reparties à la hausse. C’est tragique.

Quant aux personnels de santé (infirmières, aides-soignantes, docteures), elles se sont retrouvées en première ligne, tout en restant très peu représentées dans le processus décisionnel relatif à la pandémie. Un chiffre glaçant : dans 87 pays dans le monde, dont 17 en UE, les task forces nationales consacrées à la covid-19 étaient à 85,2% dirigées par des hommes !

La pandémie covid-19 a aussi aggravé la précarité économique des femmes. 41% des femmes travaillent dans les secteurs les plus touchés par la pandémie. Par exemple, les emplois de caissier et de vendeur sont occupés par des femmes à 76%, 91% sont des infirmières, 91% des aides-soignantes, 73% des agents d’entretien, 97% des aides à domicile et des aide-ménagères. Or le taux de chômage a beaucoup augmenté dans certains secteurs.

D’autres combats ont émergé ces dernières années, voire ces derniers mois. Les choses vont vite, les prises de conscience progressent. On lutte désormais contre le harcèlement de rue, contre la précarité menstruelle ou au contraire en faveur de l’usage de l’écriture inclusive, etc.

Le combat continue et continuera car il y a encore beaucoup de travail à faire (voir par exemple l’interdiction de l’IVG en Pologne, en 2021, et qui plus est de la part d’un Etat-membre de l’UE !!). Plus rien n’arrêtera ce légitime combat pour l’égalité. Les mentalités changent. Les femmes auront moins peur de témoigner, de se défendre en justice. Elles ne culpabiliseront plus, ou moins, déjà. La peur, peu à peu, changera de camp. Le monde de la culture particulièrement touché par les violences, le harcèlement sexuel, les écarts de salaire, la précarité, l’absence de postes de responsabilités, a ouvert la première brèche, avec l’affaire Weinstein, événement décisif pour développer le mouvement #MeToo.

Mais ce combat, et ces améliorations seront longs et difficiles, car ce monde est encore très marqué par la dimension systémique du patriarcat sur la quasi-totalité du globe. Y compris, à des degrés certes divers, dans notre belle Union européenne..

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